#voyages #06 | Stratégies

En revenant, au point de départ, un autre voyageur est là. En rentrant dans l’hôtel, un homme est assis dans le hall, avec une canne blanche et un chien harnaché. Ils font connaissance. Le bruit de ses pas fait un peu sursauter celui qui s’était assoupi. Il s’assoit sur le fauteuil à côté. Il tourne la tête quand le cliquetis Continuer la lecture#voyages #06 | Stratégies

#voyages | nuit et dé-part

Dé-part, la nuit qui précède le départ, c’est déjà le départ, ma pensée en attente du sommeil me ramène toujours cette rengaine. Ça a commencé par une journée qui n’est pas le voyage et pourtant un peu quand même, une étape sur le chemin. On passe chez quelqu’un qu’on connaît, dans un petit appartement, un quartier résidentiel, sans âme, on Continuer la lecture#voyages | nuit et dé-part

#voyages #prologue | voyage image

D’abord, c’était la lumière, un matin, l’été, Port Arthur, Tasmanie. C’était, mêlés, échappements, klaxons, odeurs des essences. C’était des villes passées, j’y étais allé, ponctuation des souvenirs. Durban, face battue par les vents australs virgule Harare où j’étirais mon cou pour saisir le monde jusqu’à Madagascar virgule au bord du Malawi, Mangochi, le couchant dans le dos en moi deux Continuer la lecture#voyages #prologue | voyage image

le double voyage | tutoyer le monde

À Florence, le bleu du ciel derrière Santa Maria NovellaÀ Ouessant, le parfum des mottes fuméesÀ Rome, les moustiques affamés sur nos molletsÀ San Francisco, le colibri de Beaver StreetÀ Tokyo, cimetière d’Aoyama, fouler la neige rose des cerisiersÀ Berlin, le vent magnifique sur les pistes de TempelhofÀ Séville, les pichets de sangria à la Chalá qui délient nos langues, Continuer la lecturele double voyage | tutoyer le monde

carnets individuels | Pierre Ménard

#40 Lire un livre par jour, ne pas hésiter à en lire plusieurs en parallèle, de styles différents, essais et romans, poésie et journaux.Au moment de chercher un mot pour le remplacer par un autre, ouvrir une page au hasard dans les livres de sa bibliothèque, lire la page en question et revenir aussi vite vers son texte pour changer Continuer la lecturecarnets individuels | Pierre Ménard

#carnets #prologue | éparpillés

Jamais de journal intime, ce genre de chose, du moins pas de souvenir. Plutôt des bribes inscrites au hasard des jours sur des supports disposés à portée, petits carnets offerts par l’un ou l’autre du genre adorables cadeaux. Parfois tentatives de commencer à cause du beau papier qui attire, à cause de la belle couverture en cuir ou incrustée de Continuer la lecture#carnets #prologue | éparpillés

#photofictions #09 | bois

Il regarde cet espace découpé, de l’intérieur arrivent plusieurs mélodies ; des traces de pas, sur le béton des inscriptions, quelqu’un vient de passer par ici, il se retourne, une voiture arrive lentement. Elle s’arrête à 100 mètres. Le conducteur ne descend pas. Le moteur continue de tourner. Le conducteur attend, l’homme marche, fait le tour du bâtiment, quand il Continuer la lecture#photofictions #09 | bois

#photofictions #09 | Voyage retour

Aller chercher Sasha. Je disais, non, mais j’avais déjà accepté. Il y avait quelque chose chez Sasha, quelque chose de flingué, mais qui fonctionnait tout de même, qui fonctionnait mieux, que c’en était effrayant. Ça m’avait sauté aux yeux dès la première consultation — l’honnêteté réclame que je dise : sauté à la face, à la gueule —. Bref, je Continuer la lecture#photofictions #09 | Voyage retour

#photofictions #04 | Avedon | figures sur fond noir ou blanc

Pas de protocole sinon drap tendu changeant de matière et de couleur devant lequel sont venus s’installer quelques figures parmi celles qui occupent ma mémoire, ayant existé ou non. Leurs traits sont étonnamment précis, si précis que maintenant je suis sûre que ces gens-là ont existé, que leurs visages sont immortels. si fine elle douze treize ans épaules bras poignets Continuer la lecture#photofictions #04 | Avedon | figures sur fond noir ou blanc

#photofictions #02 | cette photographie, ma préférée

Cette photographie, ma préférée. Je me souviens à peine de ce visage, ou plutôt de cette époque, j’aurais voulu la photographier encore, j’aurais voulu retrouver cet abandon. Dans l’appartement de Bastia un matin, des murs clairs, des meubles en bois d’érable massif, miellés de cires, volutes de fumée, son visage, celui du matin. Elle allumerait sa cigarette, dans ce geste Continuer la lecture#photofictions #02 | cette photographie, ma préférée