#L1/ quelqu’un arrive quelque part.

Il attend l’ombre. Le soir tombe tôt en cette saison. Il ne doit pas s’éterniser. Il ne doit pas trop s’épaissir le sang avec tout ce qu’avalé et entendu pour donner le change. Il doit rester vigilant et ne pas se laisser noircir l’âme par les marins, ni se vautrer dans le désespoir avec les sirènes. Là, maintenant, sortir, enfin. Continuer la lecture#L1/ quelqu’un arrive quelque part.

#L1 Presque un rendez-vous

Cette ville n’est pas une inconnue. L’arrivée sur ce quai au bout duquel personne n’attend, un long désir la précède. Le piétinement des voyageurs qui se suivent l’un l’autre, le roulement de leurs bagages, ralentissent l’élan sous la haute verrière où se perd l’écho des annonces, et l’oreille, ignorante d’une langue jamais entendue jusque là, est d’autant plus sensible à Continuer la lecture#L1 Presque un rendez-vous

Baudelaire #5 | chambres, enquête, fantômes

Ouvrir fenêtres dans Street View. Buter, buter contre portes cochères lourdes, closes. Buter, buter contre verre sécurit des vitrines opaques. Buter, buter contre têtes floues. Buter, buter contre silence. Silence de la ville. Ce jour, à seize heures et quarante-deux minutes nous, capitaine Pimodan d’Hautefeuille assisté du sergent d’Anjou, avons procédé au contrôle d’un homme de type européen qui déambulait Continuer la lectureBaudelaire #5 | chambres, enquête, fantômes

25 rue des Marais

À la mi-juillet 1851, Baudelaire est de retour à Paris, au 31bis rue des Marais (ou rue des Marais du Temple, ou rue des Marais Saint-Martin) puis chez Jeanne Duval, au 25 de la même rue. Comme la plupart des lieux où il a vécu, cette maison a disparu, la rue elle même n’existe plus. La rue des Marais reliait Continuer la lecture25 rue des Marais

personnages#12 Valère Novarina, « autobiographie aux noms propres »

À la Z.U.P, ce mur crépi de gros grumeaux, blancs, gris et râpeux. Jeanne Labourbe et ses agrès métalliques sur goudron noir. Dans la cour de la ferme d’André, ce jeune tilleul aux branches comme des bras et la boule de son feuillage comme tête de sombre. Chez Jean le Géant, la haute porte sombre de l’ancien relais de poste Continuer la lecturepersonnages#12 Valère Novarina, « autobiographie aux noms propres »

Une aubaine pour les oiseaux

Le monde s’est arrêté, elle en a eu la sensation brusque au réveil, peut être que c’est ce qui l’a réveillée, une alarme silencieuse à l’aube. Ses yeux errent dans la chambre à la recherche d’une présence qui la rassurerait, dans les photographies accrochées sur les murs, dans les vêtement accumulés au pied du lit, dans le pli des rideaux. Continuer la lectureUne aubaine pour les oiseaux

un été, un automne

Ovale, presque rond, il tient parfaitement dans la main. Surface rugueuse, granuleuse mais dure du granit dont il est fait. Couleur dominante claire mais ponctuée de petits grains noirs et gris qui lui donnent parfois en pleine lumière un aspect verdâtre. C’est un galet. 27 septembre 2008 — Temps de l’écriture qu’on s’impose, qu’on devrait s’imposer avec encore plus de rigueur. Continuer la lectureun été, un automne

# interstice I

Les lignes de la ville à filer tout autour, tout en dessous, tout au-dessus. Bandes blanches ou jaunes sautillent sur l’asphalte dans leur course avec les câbles aériens qui fusent, croisent les surfaces plates des panneaux rectangles blancs, bleus, verts ou oranges. Le staccato des lampadaires et des péages. Le bloc masse bleu sombre file sur le côté. Gratte-ciel rectangles Continuer la lecture# interstice I

Voix

      Masses des tours verticales dressées comme de gigantesques stylos dessinant à la surface de la Terre leurs silhouettes de gratte-ciel pointus comme les pics d’une chaîne de montagnes, vision d’aigle, vue panoramique à couper le souffle, la ville ancienne, à la base du quartier d’affaires, est à peine visible sous forme de minuscules parcelles pas plus grosses qu’un pixel. Continuer la lectureVoix