A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

#double voyage #04 | confine italiano, con e senza Esther

J’avais neuf ans et je ne connaissais pas encore Esther. J’étais assis à l’arrière de la Simca 1300 beige aux fauteuils rouge bordeaux et mes parents et moi-même nous allions en Italie. Cette autre planète. Comme tout voyage intersidéral, nous devions prendre des précautions pour changer d’univers. L’entrée du sas, c’était la frontière, cette limite invisible qui était pourtant imperméable Continuer la lecture#double voyage #04 | confine italiano, con e senza Esther

#voyages #03 | avec ou sans Esther, je ne pouvais repartir

Lorsque je suis sorti de l’aéroport de New-York, Esther m’attendait. Lorsque je suis sorti de l’aéroport, Esther n’était pas là. Réalité et uchronie. … et toujours Esther me retenait, je ne pouvais repartir. Le premier matin, je vois Greenwich et je me dis que New-York est notre ville. Que j’apprendrai l’anglais. Je saurai me fondre dans la ville, d’ailleurs j’ai Continuer la lecture#voyages #03 | avec ou sans Esther, je ne pouvais repartir

#voyages #02 | Avec et sans Esther

Regarder la ville à travers le hublot de l’avion. La nuit vient de tomber, les lumières des lampadaires sur les grandes axes routiers dessinent un réseau de veines jaunes sur la peau de l’ailleurs. En bas, tout paraît si petit et fragile. J’ai envie de prendre ces voitures miniatures avec mes doigts et de les lancer les unes contre les Continuer la lecture#voyages #02 | Avec et sans Esther

#voyages #01 | les deux nuits de la veille

La nuit dernière, j’ai rêvé que je rêvais. Je dormais et, bien installé dans mon rêve, j’ai rêvé que je dormais et que je rêvais. Je fais ce genre de rêve de rêves avant un départ vers l’ailleurs. Un peu comme si je faisais le ménage à fond dans ma tête, je range, je passe le balai et la serpillère Continuer la lecture#voyages #01 | les deux nuits de la veille

#voyages #prologue | deux temps, une réalité

J’étais à New-York, Soho, Ellis Island, Harlem, venu suivre une danseuse de Merce Cunningham, jusque dans les petites salles derrière Broadway, le lac gelé de Central Park, le Rocky Horror Picture Show à Greenwich. Une gorgée d’eau dans le parc de Fort Tryon.J’étais à Rio-de-Janeiro, ou plutôt Rrriiodjidjaneiiiiro, j’étais à Niteroi (nikitchitchi, nikitchitchi, nikitchitchi), j’étais à Ipanema mais je n’ai Continuer la lecture#voyages #prologue | deux temps, une réalité

carnets individuels | Jean-Luc Chovelon

Photo Jean-Luc Chovelon Prolongation #08 ‹ une musique › le murmure lourd et creux de la mer | le froissement d’un papier qu’on déchire lentement | le frôlement d’une robe de soie dans la neige | l’effleurement d’un fouet qui claque dans du coton | le bruissement des feuilles mortes dans un souffle | le balayage de flocons gelés sur un océan Continuer la lecturecarnets individuels | Jean-Luc Chovelon

#carnets #prologue | les carnets d’avant le carnet

Je n’a jamais eu de carnet. Pas vraiment. Des carnets d’ébauches de projets, deux ou trois pages remplies tout au plus. Des débuts d’histoires commencées avec fièvre et passion auxquelles succède un très long silence de pages blanches. Pas exactement un silence, une pause plutôt. Une pause définitive. Et pourtant, des carnets, j’en ai plein le tiroir de mon bureau. Continuer la lecture#carnets #prologue | les carnets d’avant le carnet

#photofictions #09 | Le voyage de l’écrivain 

Il m’a dit de regarder la terre autrement. Il m’a dit de la regarder d’ailleurs. Alors j’ai pris la pièce où je vivais, mon bureau, ma chaise en bois, des stylos, des crayons, des feuilles blanches de papier et nous sommes partis. Moi et tout ce qui vivait autour de moi, ce que je gardais à portée de mains, quelques Continuer la lecture#photofictions #09 | Le voyage de l’écrivain 

#photofictions #08 | les mots manquants

protocole : prendre des photos mentales d’écritures urbaines et les développer en révélant non pas le négatif chromatique mais le négatif vocabulaire où apparaissent les lettres, et parfois les mots manquants sur l’image. Du produit de cette aberration lexicale, mélanger les lettres et recomposer les mots pour raconter l’histoire cachée, l’histoire manquante. Une histoire en négatif. collecte :La façade d’un Continuer la lecture#photofictions #08 | les mots manquants