A propos de Michèle C.

Rien de spécial mais tellement curieuse de tout.

autobiographies #02 | don contre don

En descendant les marches du métro, on l’aperçoit assis, son vieil imper battant ses flancs maigres, le visage émacié, la barbe grise, longue, la bouche agitée et deux yeux incroyablement vivants. Il a l’air d’un fou. De son verbe psalmodié, aucun vocable de connu, pourtant si le passant pressé s’arrête, et lui demande des nouvelles de sa santé, ses yeux Continuer la lectureautobiographies #02 | don contre don

autobiographies #01 | courir, grimper, sauter

Les façades penchées sur le trottoir dessinent une bande d’ombre que tu suis tout contre les immeubles, ton pas pressé, vite, profiter du bandeau ténu de protection en plein midi, au bout de la rue, un barrage, arrêt et nouvelle accélération à découvert pour grimper la côte jusqu’à la boulangerie, ressortir le pain à la main et cette fois-ci dévaler Continuer la lectureautobiographies #01 | courir, grimper, sauter

#P12 | des débuts de…

1. La lune surgit entre les deux tours de la cathédrale. Gonflée la lune. Non, seulement pleine ! 2. Elle est dans sa bulle de musique et traverse la rue, une autre bulle, elle, d’acier et de verre, fonce. Deux bulles qui se rencontrent, ça ne pouvait qu’éclater. La jeune volante par dessus les nuages, la jeune gisante, s’enfonçant inexorablement Continuer la lecture#P12 | des débuts de…

#P10 Au bord de la falaise

Pourquoi tu m’as frappée, dis, répond, tu regardes ailleurs, c’est trop facile. Pas si facile que ça de frapper. Rien de normal, de naturel mais une pulsion plus forte que toi. Ah, c’est donc ça. Rien que ça, sans plus d’explications. Et on trouve normal de se taper dessus sans aucune raison, parce que c’est comme ça. Il regarde ses Continuer la lecture#P10 Au bord de la falaise

hors-série #2 | le sac à courses pliable

Deux tendons étirés sur l’épaule, un poids plus ou moins lourd mais encombrant dans un contenant fin comme une toile d’araignée, léger jusqu’à l’oublier, les coutures tendues, le tissu synthétique résistant, il endure et endure encore, toujours prêt à rendre service. On le nomme « sac à courses pliable », modeste héritier du filet à provisions, son audacieux inventeur a voulu le Continuer la lecturehors-série #2 | le sac à courses pliable

#P9 – 1945 déclaration d’amour

Première photo en noir et blanc : 6 cm x 4,4 cm + 2 mm de bord blanc dentelé, tirage mat.Portrait en buste d’une jeune femme, 25 ans environ, qui regarde droit l’objectif, air concentré, sans sourire. Au dos, d’une écriture appliquée à la plume trempée dans l’encre noire : « A mon amour, avec mes pensées les plus chaudes et le Continuer la lecture#P9 – 1945 déclaration d’amour

#P8 iel ou ielle ?

Iel ou ielle ? Quelle orthographe préfèrerais-tu ?Quand tu l’as aperçue dans l’amphi, tu as pensé que c’était la plus belle fille que tu n’avais jamais vue. Rousse flamboyante bien en chair, poitrine époustouflante où déjà tu rêves de te lover et un cerveau qui carbure, qui explique, qui argumente tout en sociologie réflexive. T’es sous le charme, toi qui te Continuer la lecture#P8 iel ou ielle ?

#P7 Orgasme céleste

Emménagement dans cet appartement sous les toits et immédiatement le choc, une fenêtre à double battant s’ouvre sur la capitale, offrant au regard ses toits en zinc et quelques uns de ses monuments les plus illustres. Et en ce soir d’hiver, le soleil joue les funambules sur les toits, le voilà qui s’approche du dôme de la Bourse du commerce, Continuer la lecture#P7 Orgasme céleste

#P6 Le réel n’a plus de langue et la langue parle une langue que je n’entends pas

DimancheDimanche est bien loin aujourd’hui. Je fouille, strate après strate, un moment de vraie solitude, quand j’écoute FB donner les consignes. Soudain, je me rends compte qu’il y a un décalage entre le son et l’image. Déréalité palpable dès que mon cerveau tente de synchroniser les deux. Insupportable. Cela me trouble de plus en plus, tellement que je préfère ne Continuer la lecture#P6 Le réel n’a plus de langue et la langue parle une langue que je n’entends pas

#P5 | Obsidienne

Avant-jour d’idée dans la masse noire d’obsidienne où glissent les tentatives de se regrouper. Obsession de faire corps… un trou noir à la place du cerveau avale chaque bribe de pensée, le cœur enfle jusqu’à déborder dans ses veines de confusion. Ça fait mal. Pas de mouvement possible, paralysie des membres, paralysie du mental, paralysie des émotions, je suis sur Continuer la lecture#P5 | Obsidienne