#40jours #35 | maison détruite

Basile, son enfance lui a été volée tout comme ses souvenirs le jour où la maison a été rasée. On ne lui a rien dit avant. On lui a dit après quand il était trop tard. Beaucoup plus tard, au détour d’une conversation. Il croit se souvenir qu’on lui a dit, « on a profité de l’occasion, de la proposition ». Si Continuer la lecture#40jours #35 | maison détruite

#40jours #21Bis | aller aux morts sans livre

Je vais au cimetière de la ville que je veux écrire. J’y vais en étranger, je n’y ai pas de morts. Matin d’été encore doux, j’attends l’ouverture. Quel visage aura le gardien ? Est-ce un visage connu, croisé ? Il y a des horaires, je dois donc attendre. On ne peut pas entrer, on ne peut pas sortir. C’est un Continuer la lecture#40jours #21Bis | aller aux morts sans livre

#40jours #29 | Terrazzo

Jamais elle n’aurait pensé voyager au travers des différentes combinaisons de fragments de pierre et de marbre colorés incorporés à du ciment blanc, gris ou teinté dans la masse comme elle le fait au détour d’un catalogue en ligne de terrazzo qu’elle imagine posé dans des appartements ultra-modernes, « Forêt » de ciment gris parsemé de pépites de marbre noir et blanc Continuer la lecture#40jours #29 | Terrazzo

#40jours #40 | table des matières

Comme nous sommes au vingt et unième siècle à l’ère des réseaux sociaux, d’internet, pas de capitale. Bien que le siècle devrait continuer à s’écouler selon les critères de mesures du temps encore en vigueur, la capitale physique de ce siècle devrait être celle qui est la plus riche et la plus puissante. Les applications de jeux débutent par la Continuer la lecture#40jours #40 | table des matières

#40jours #38 | no trespassing

Dans une paisible abbaye cistercienne du XIIe siècle, on ne s’attend pas à ce que la question de la clôture, de la propriété privée, soit susceptible de provoquer une onde terrible de violence. Pourtant, ce sont bien des menaces de mort qui sont proférées à l’encontre du visiteur qui prendra le risque de s’aventurer parmi les tomates et les courgettes Continuer la lecture#40jours #38 | no trespassing

#40jours #40 | quoi t’a conduite si fort ?

qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps, embarquée dans l’histoire avec un peu de retard ? dans quelle enfilade de rochers t’es-tu risquée et pour quelles raisons en ce moment où l’été 22 commençait, la canicule ruminant déjà sur les versants boisés ? quoi t’a retenue dans ce lieu-vallée où tu habites, dans ce trou qui n’est pas un trou puisque Continuer la lecture#40jours #40 | quoi t’a conduite si fort ?

#40jours #26 | en secret

La pluie rend la ville désertée. Une tristesse traîne sa musique derrière la fenêtre. La porte ne tintera pas aujourd’hui, c’est dimanche. Pas de repos pour le cordonnier qui s’ennuie. Assis sur son tabouret, il gratte une semelle pour en lisser le cuir. Un peu d’eau et un bout de verre, les gestes ancestraux ancrés dans les mains, il peut penser Continuer la lecture#40jours #26 | en secret

#40 jours #38 | un fil de soi.e

Intérieur extérieur, dedans dehors, interne externe, intra-muros extra-muros, exogène endogène, frontière frontières… Les frontières comme un fil de soie ténu. Fil rouge de la genèse de la ville. Qui en raconte les mouvances. Frontières historiques – la vieille ville, la ville nouvelle – Frontières géographiques – le centre-ville, les faubourgs – Frontières sociologiques – les quartiers populaires, les quartiers chics Continuer la lecture#40 jours #38 | un fil de soi.e

#40jours #34 | un volet claque

Basile se réveille au milieu de la nuit. Intrigué, il entend le bruit d’un volet claquer. – Réfléchissons, se dit-il. Je viens d’entendre un volet claquer. Analysons l’évènement calmement. Ne paniquons pas. Je ne suis pas dans une demeure hantée ou au milieu d’un bois. Le volet claque de nouveau. Un volet claque alors que la fenêtre de son appartement Continuer la lecture#40jours #34 | un volet claque

#40jours #07 | sombre frère, sombre encore

C’est en pente. On descend. On descend toujours. On descend dès l’entrée de la ville lorsque l’on quitte la voie consulaire. On ne fait que descendre. On descend, mais comme les routes sont sinueuses, serrées, pas de perspective, on ne voit pas le bas, on reste dans sa tranchée de ciel. On sait qu’il y a quelque chose en dessous. Continuer la lecture#40jours #07 | sombre frère, sombre encore