#L9 Les vaches

Dahlia est une vache, vous l’aurez compris. Les vaches sont des mammifères, c’est-à-dire des animaux à mamelles, vous le savez sans doute aussi. Ce sont des femelles. Le mâle s’appelle le taureau mais les vaches n’en ont pas besoin, elles vivent entre elles, entre femelles, et le taureau se résume à une semence sélectionnée qu’une main intruse vient planter en Continuer la lecture#L9 Les vaches

#L8 Chausey

Les réflexions du matin ont décidé du sort de la journée de Bé. Balade, et plongée dans le journal. Balade et repas en même temps. Huîtres sur place. Le couteau sera bon pour repasser sur la pierre. Mais les huîtres, elle n’en mange que comme ça : sur place, avec une moitié de la coquille qui reste collée sur le Continuer la lecture#L8 Chausey

#L8 – Pariétal

H Horaires d’hiver, de printemps et d’été  les saisons sont biffées au cutter et  le mur de l’abribus s’effrite. Il scrute le mur, la truelle a gâché sans lisser : pointes dures, cailloux amalgamés, sillons; mur qui se hérisse, se creuse, se troue et dans leur cadre les horaires jaunis : les chiffres déchirés à la lame — 08H45 le lundi Continuer la lecture#L8 – Pariétal

Reprendre

Reprendre ce que j’ai sous la main, en moi, à  disposition, préparer une trame, de septembre à juillet, une année d’école pour ceux qui n’y sont pas, organiser, m’organiser, trouver les gens, retenir les fondamentaux, ça remonte à loin, le préfabriqué, le petit bureau, l’arrivée en salle de réunion, les deux yeux noirs perçants, si tu es ici ce n’est Continuer la lectureReprendre

#L8 Révélation d’ordre existentielle émanant du nappage d’un carrot cake par un après-midi si chaud qu’on a allumé le ventilateur à palettes

Repas de famille. La mère (71 ans), la soeur 1 (53 ans), la soeur 2 (51 ans), la soeur 3 (47 ans). Salon de la soeur 2. Il fait chaud. Les quatre femmes en tenues d’été sont assises autour d’une table ronde. Au-dessus de la table, un ventilateur à palettes. Bruit du ventilateur à palettes. La soeur 2 se lève Continuer la lecture#L8 Révélation d’ordre existentielle émanant du nappage d’un carrot cake par un après-midi si chaud qu’on a allumé le ventilateur à palettes

#L5 Décalcochaos

Elle a les yeux verts ou gris, seul le ciel sait, le front bombé, les pommettes hautes, les lèvres hydratées à la crème de huit heures, les attaches fines, un pas de moineau. Elle ne veut pas qu’on sauce l’assiette avec le pain, qu’on boive l’eau à la bouteille. Elle empoigne le croupion de poulet dans le plat familial, son Continuer la lecture#L5 Décalcochaos

L #1 — quelqu’un arrive quelque part

Épuisée — Mettre un pas dans un pas — Une chaussure devant l’autre — Épuisée par son trajet — Il fait encore chaud sur la place — Fourbue par ce voyage en train interminable — Des heures sont passées — Elle arrive sur la place — Le soleil rase de très près les montagnes — Endolorie — Douloureusement les derniers rayons — Mettre un pied encore devant l’autre — La ville est bien éloignée maintenant — Son mauvais sommeil — Elle a mal partout — Surtout au dos et aux Continuer la lectureL #1 — quelqu’un arrive quelque part

L#8 continuité du meurtre

Il y en a qui vont au ski comme on tue des dames voyez-vous, des gens comme vous dans des occupations saines et des ventres mous, il y en a aussi qui ferment les portent, posent verrou et partent en vacances sur les routes, accumulent les étapes et les outrances, et finissent par rentrer il y en a qui sautent Continuer la lectureL#8 continuité du meurtre

L8 – traversée de la ville

Le ciel bleu l’accueille, l’air vif du matin la fouette, le parfum des lilas l’enchante, de jardin à jardin il accompagnera sa marche dans la petite ville. Une ville connue, inconnue, de toujours, de maintenant, différente, semblable. Devant elle, l’Archevêché — puissance d’autrefois des archevêques qui battaient monnaie en la ville, puissance disparue — , son jardin planté de marronniers, Continuer la lectureL8 – traversée de la ville