#P12 | les côtes d’Erin

Les côtes d’Erin 1 Il lui faudrait un voyage, car ici, c’est un peu comme là-bas, il lui faut sans cesse des voyages, ces poches sont bourrées de papier tandis qu’il tente de rejoindre la côte, les côtes, peu importe, il lui faudrait un voyage, avancer avec cette pensée et la seule chose qui fait que son histoire avance, sans Continuer la lecture#P12 | les côtes d’Erin

#L12 | la nuit bue quand il nuit

pensez à une chose, une phrase du texte que vous l’ayez ou non écrite , enfouissez-là sous la terre, attachez la chienne qu’elle n’ aille pas aussitôt la déterrer — qu’elle prenne la phrase pour un os est une probabilité —, fermez les yeux puis laissez le soleil descendant caresser votre joue. Ne pensez pas qu’il est trop tard… il Continuer la lecture#L12 | la nuit bue quand il nuit

#L12 | une, celle-là

Je ne sais plus où se trouve cette phrase dans le gros manuscrit. D’ailleurs je ne savais plus comment choisir celle-ci ou celle-là parmi les 220 pages, quand toutes demandent à cor et à cri d’être relues, retravaillées, réexaminées, remodelées, rhabillées pour l’hiver, mises au goût de la saison… J’ai demandé à une âme charitable, mais qui préfèrera sans doute le Continuer la lecture#L12 | une, celle-là

#P12 | gens de Porto, suite

23 – En sortant de la Sé, Peter et Frances Adams, avant de descendre la calçada, s’avancent sur la terrasse pour regarder les toits de la ville, Peter se retourne, admire l’accord entre la grande croix baroque – il doit y avoir un autre nom mais il ne le connait pas et s’en moque bien – et la rude solennité Continuer la lecture#P12 | gens de Porto, suite

#L10 | une belle vie toute lisse

La voilà à nouveau dans ce café qu’elle aime. Ambiance chaleureuse, feutrée, du calme, du rouge, du velours, odeur de café…elle sera tranquille pour réfléchir. C’est ce qu’elle pense, mais non. Elle n’est pas tranquille, elle s’en veut, elle est en colère contre lui, pour sa trahison, contre elle, pour n’avoir rien vu, rien compris. Pas sensible, pas consciente du Continuer la lecture#L10 | une belle vie toute lisse

#L12 | regards

Regarde comme c’est curieux… Toute première phrase inaugurale, tous premiers mots gommés depuis, toute première adresse avec points de suspension. Adresse à qui ? A moi qui écrit, qui m’apprête à écrire quelque chose sans savoir quoi ni comment. Pourquoi cette phrase ? Regarde comme c’est curieux… c’est que la démarche même est insolite. Combler un vide ou l’agrandir encore ? Les mots Continuer la lecture#L12 | regards

#L12 | dans l’attente

Alors elle pénétra cette âpre profondeur.C’est la dernière phrase que j’ai écrite pour ce texte.Ce qui frappe en premier, c’est l’apparition du passé simple, non utilisé jusqu’à présent dans l’ensemble du récit, du moins me semble-t-il. Ensuite viennent les assonances en [p] et la forme de l’alexandrin. Il y en a plusieurs dans ce texte sans que ce soit écrit Continuer la lecture#L12 | dans l’attente

#P11 | scène d’orage

Le tonnerre gronde, roule et se répète, roule et se répète dans la vallée de chênes verts, rebondit sur la colline d’en face. L’ancienne magnanerie ne bouge pas d’une pierre, dehors ça claque. Une alarme s’allume, siffle en pointillés, se tait. Depuis la terrasse couverte, en retrait, protégée, des bruits de voix font clameur, un chien aboie, la pluie descend, Continuer la lecture#P11 | scène d’orage

#P12 | les trois

1 – Le vent fait courir une nappe sur la lande. Quelques nuages ballottent dans un bleu presque délavé par un soleil omniprésent. La falaise surplombe la mer dans un à-pic vertigineux. Par endroit une rambarde, mais pas toujours. Combien de morts leur faut-il ? 2 – Ils arrivent par la mer sur leur bateau cabine, s’amarrent et montent sur le Continuer la lecture#P12 | les trois

la fabrique | Écrire l’automne II

Lundi J’ai complètement oublié le rendez-vous du Tiers-Livre. J’écrivais la voix esquissée lundi dernier et tout le contexte est venu avec, non comme un fil tiré qui défait un pull, mais plutôt comme une herbe qu’on arrache montre une énorme racine qui embarque avec elle tout une vie du dessous et une partie du mur du jardin. Je me suis Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’automne II