Celui d’en haut

Sur un aplat de rocaille, il lance le pas, l’accélère. Il est entre le ciel et l’eau – au milieu d’un nulle part pour qui a besoin de repères ; ce milieu de nulle part-là est son repère à lui ; seuls lui sont mystère les chevauchements de forces souterraines qui font de ce chaos d’à-pics, de douces pentes vertes, Continuer la lectureCelui d’en haut→

L’alphabet fantôme

Est-il normal ce silence ? Il n’y a plus personne dans la gare. Les quelques autres voyageurs sont montés dans des voitures qui semblaient les attendre, éparpillées dans la rue. Il faut croire que ce n’était pas des voyageurs. Un voyageur on ne l’attend pas. Elle n’a nulle part où aller. Elle laisse tomber son sac à dos à ses Continuer la lectureL’alphabet fantôme→

Quelqu’un arrive quelque part

Il y a toujours, quelque part, quelqu’un qui arrive. Il y en aussi qui partent plus qu’il ne faudrait et d’autres qui n’ont jamais bougé ; il y a toujours dans ces villes du nord de grandes places vides pour être seul quand on arrive même si autour c’est déjà grand comme une famille. Ces lieux pour d’autres gens qui comme Continuer la lectureQuelqu’un arrive quelque part→

#L1 Faux départ

Un bruit de foule au bout du corridor cerné de vitres. Il marche attiré, aimanté par les sons. Le bruit de foule l’oriente. Il marche dans cette direction dans ce temps gris. Le ciel gris se réfléchit sur les vitres. Il marche, le bruit de ses pas le plonge dans une sorte d’état second. Il garde ce rythme. Il marche Continuer la lecture#L1 Faux départ→

#P1 Dix dodos

Dormir dans un seau de javel. L’odeur, mais aussi le ressac dans le seau déplacé — tout l’appartement chaque soir — et les plongeons répétés de la serpillière. Les pieds cuits, l’odeur, on ne peut l’expliquer mieux. Dormir c’est noir et blanc, face aux arbres. Une grande fresque. Floue, la prise de vue artistique, flou le regard qui se brouille, Continuer la lecture#P1 Dix dodos→

La descente

Joues gonflées, nez bloqué, descendre au royaume merveilleux. La tête la première, éviter, coûte que coûte, de réveiller la poussière. Se mouvoir doucement. Creuser l’eau avec les mains. Doucement. Creuser encore un peu. On y est. Derrière le plexiglas être attentif et repérer, enfin, dans les ocres, dans l’obscurité et les rais de lumière, le trésor englouti, un caillou blanc, Continuer la lectureLa descente→

#L1 | Quitter terre.

Rythme lent des bagages comme ballotés par l’hésitation des chariots sur la piste grise. Lent, si lent comparé à la vitesse du vol qui ne tardera pas à les emporter en soute. Elle les regarde trembler. Décompter les coques noires, repérer les moins classiques. Attendre une chute pour le plaisir de l’incident, égoïste plaisir : son unique bagage déjà en cabine, Continuer la lecture#L1 | Quitter terre.→

Deux lignes d’environ. dix fois et à peu près.

… (franchir le seuil bonjour avancer s’asseoir m’allonger…) poser les talons sur le fil usé. nous deux dans les tentures d’encore un peu la nuit. dos brins rompus épuisé. (le vieux tapis rouge sang taché m’étalé sous les pieds…) … rives pénombre… plongées dans l’à-côté du grand tableau : c’est tout d’un grand bleu froid. simples traits noirs. rond d’œil. des Continuer la lectureDeux lignes d’environ. dix fois et à peu près.→

# L1 Nouvelle impression

C’est un bourdonnement sourd. Un bruit inhabituel. Pas une voiture, pas un tracteur. Un deux roues. Une moto. Ça fait du bruit et ça attire. Quelques rideaux aux fenêtres frétillent de curiosité. Le bruit s’arrête, le motard descend. On attend. Il est bardé de cuir, aux mêmes couleurs que son bolide à la taille de guêpe : gris clair à bandes Continuer la lecture# L1 Nouvelle impression→

majorelle ou indigo

C’est ici. Une grand-porte d’un bleu délavé s’ouvre sur un porche. Au fond, on devine une cour. Se représenter la scène depuis le départ, depuis le moment où il a claqué la porte d’un chez lui parmi d’autres, depuis le moment où il s’est mis en branle, ses grandes enjambées n’affirmant rien. En longeant le canal jusqu’à l’écluse, le vivre Continuer la lecturemajorelle ou indigo→