#enfances #04 | coqueluche

Les contours d’un état. Celui qui laisse à l’intérieur une forme de coquille, un mot. De quoi rappeler tout le reste. Être malade ou avoir la maladie. Il faudrait savoir. Celle dont on parle en chuchotant. La dangereuse. Être là, à retourner dans tous les sens le mot qui vient de remonter en forant lentement un tunnel étroit. Ils l’ont Continuer la lecture#enfances #04 | coqueluche

Je suis né(e-s-z-etc.) avec un trou 

Ca fait deux ou trois jours/semaines que je repense à ce petit truc écrit àlavit’ il y a…vàlà. Je voulais juste le mettre là. Je pensais qu’il était plus…fort que ça, mais bon, ça peut éclairer icioùlà. Hier je suis tombée sur le poème d’Henri Michaux, « je suis né troué »…il m’a mise en colère, doucement, j’ai eu envie de prendre Continuer la lectureJe suis né(e-s-z-etc.) avec un trou 

#enfances #04 | Le lit bateau

Les paupières se soulèvent, elle se redresse sur les coudes et retombe sur l’oreiller. Le ciel s’est voilé. Elle est malade. Attendre que le souffle s’apaise pour appeler sa mère. Elle n’ira pas à l’école. Pas une rémission mais une démission, elle aime tant apprendre. Elle voudrait tout savoir. La maladie est un retrait, un refuge ou bien un piège. Continuer la lecture#enfances #04 | Le lit bateau

#enfances #04 | singulier

Ce matin, le père est parti, pas n’importe où : il est parti à la guerre qu’on n’appelle pas une guerre mais eux semblent savoir que c’en est une, ils se sont regardés, parlé bas, frôlés, évités, embrassés et il est parti. Pas une heure après, l’enfant est pris de quintes de toux bizarres, son front est chaud, de la Continuer la lecture#enfances #04 | singulier

#enfances #04 | cloaque

Et ça ne faisait rien, pourtant : un cloaque. Comme jouer sous la pluie avec le seau plein de terre : non ce n’est rien. La boue sortie d’un coup ( Et la montagne qui se dresse acérée se penche et rit)… Non ce n’était rien … : on allait tout changer, on n’y verrait plus rien : on va tout Continuer la lecture#enfances #04 | cloaque

#enfances #04 | Une agonie

Je me sentais partir. Plus rien n’avait d’importance. Ma mère me veillait. Pleurera-t-elle ma mort ? Saura-t-elle rester digne dans son deuil ? Aucune émotion chez elle. Aucune inquiétude. Elle se contentait de me soigner. Prendre ma température. M’appliquer des compresses d’eau froide sur le front. M’engueuler parce que je rechignais à prendre mon Doliprane. Tout un savoir-faire. Et il y avait Continuer la lecture#enfances #04 | Une agonie

#enfances #03 | s’enfoncer dans l’arbre

Perdue. Sensation familière puisque connue depuis l’enfance, ça vient de loin, ça vient du cœur de l’été quand déjà le soir mange un peu de lumière au jour. Perdue, pourtant je ne m’en rends pas compte — même si j’ai la vague intuition qu’on va s’inquiéter pour moi —, peu à peu glissant pénétrant m’enfonçant dans le feuillage, rentrant presque dans l’arbre, Continuer la lecture#enfances #03 | s’enfoncer dans l’arbre

#enfances #03 | Passer

Mais par où ?  Là, c’est interdit. Trop au bord. Trop lisière. Ils ont brandi le mot. Mais c’est quoi lisière ? Ils parlent du danger et moi je ne vois pas de quoi ils parlent. Je vois forêt, avec tout du long un petit fossé séparant le sombre des branches basses et le clair des champs attenants.  En descendant dedans, pour Continuer la lecture#enfances #03 | Passer

#enfances #02 | Sans chaussures dedans

Rarement chauffée, la toute dernière chambre, au fin fond du couloir. Tante Didi, sœur aînée de ma grand-mère maternelle et de sa sœur jumelle, a traversé deux guerres comme maitresse dans l’école des garçons, un peu dans la Creuse pendant l’exode puis en pleine Beauce où nous la retrouvons chaque été en août, mon frère et moi. Elle a l’habitude Continuer la lecture#enfances #02 | Sans chaussures dedans

#enfances #03 | Asie(1)

Retour de Roissy, le monde entier dans l’aéroport puis dans le RER. En à peine trente kilomètres, un voyage entre langues, couleurs de peaux, vêtements. Après, dans le métro, ces enfants, un groupe, une classe peut-être, l’œil vif, l’énergie à fleur d’oreille, clavier de téléphone alerte. Savent ils que, dans ce wagon, à quelques centimètres d’eux, quelqu’un dont l’habitude est Continuer la lecture#enfances #03 | Asie(1)