# j’aime-je vis

j’aime-je vis comme mastiquer les idées vertes et incolores de Chomsky quand elles dorment furieusement dans un mille-feuille de langues décomplexées. j’aime-je vis comme escalader les idées vertes et incolores de Chomsky quand elles dorment furieusement sur des mathématiques de chair et d’os. j’aime-je vis comme chatouiller les idées vertes et incolores de Chomsky quand elles dorment furieusement sur le Continuer la lecture# j’aime-je vis

la fabrique | Emmanuelle Cordoliani, faire tourner les tables

Quelques pratiques du « tour de table ». – L’étirement matinal de l’esprit :J’invite les participant.es à écrire un micropoème sur la première chose vue dans la journée. J’entends : la première chose qui a frappé leur vue, leur signifiant ainsi leur présence à cette journée. Il ne s’agit pas forcément d’une chose vue (ou entendue, ou sentie, ou touchée, ou goûtée) dès le réveil, Continuer la lecturela fabrique | Emmanuelle Cordoliani, faire tourner les tables

# P6. voix en juillet

25.07.Il fait très chaud. Comme d’habitude, pas un souffle d’air en ville. La chaleur est amplifiée par les pots d’échappement des voitures, par l’air dans les jambes qui sort des tuyaux des clim. à même les trottoirs. Je rentre. Une journée de fatigue indolente où, volets fermés, j’espère des cigales moins nombreuses et surtout moins vaillantes. Bruit constant. Ce mail Continuer la lecture# P6. voix en juillet

P#5 Tenir à quoi vs. à qui ?

Extrait de #P1 https://www.tierslivre.net/ateliers/wp-admin/post.php?post=35636&action=edit « Il – le fils – a cherché une réponse qui fasse bien. Faire bien n’a jamais été son fort. Il s’arrête de réfléchir dans sa tête et parle avec son ventre à présent. -Je voudrais montrer à mon père que je suis capable. Il dit que je suis incapable. Que je tiendrais pas à la déchèterie. » Continuer la lectureP#5 Tenir à quoi vs. à qui ?

MA PETITE EVA

« Ma petite Eva, que vous êtes gentille d’avoir si bien fait briller l’argenterie. – Je ne suis pas spécialement petite, ni à vous d’ailleurs. – Mais qu’est-ce qu’il vous prend , ma petite Eva ? » Eva aurait tant aimé répondre ainsi. Mais non, elle a poursuivi la conversation comme si tout était normal et naturel, comme s’il n’y avait pas eu Continuer la lectureMA PETITE EVA

#P3 Mange ta main

Un jour de grande faim et de peu de patience, on lui a dit : « si tu as faim, mange ta main et garde l’autre pour demain ». Il n’y avait jamais pensé. C’est une bonne idée. Alors, tout seul dans sa chambre bien à l’abri, il a entrepris de s’exécuter. Il a commencé par le plus petit des doigts, le plus Continuer la lecture#P3 Mange ta main

#comme | J’t’aime comme un rouleau de foin.

Comme des cheveux champêtres mis en chignons de scène. Comme des monades gardiennes du paysage estival. J’t’aime comme la cosmographie simple et complexe des rouleaux de foin. J’t’aime comme des rouleaux de foin s’écrivant en caractères lunaires. J’t’aime comme une confrérie sélénite de constellation terrestre. J’t’aime comme la mellifluence cachée sous le plastique rose ou amande des rouleaux de foin. Continuer la lecture#comme | J’t’aime comme un rouleau de foin.

#L5 | Particules

Le soleil règne, indéboulonnable dans son royaume d’azur. Depuis tellement de jours que l’on ne sait plus vraiment à quoi ressemblerait le ciel autrement. Prenez quelque chose qui ne bouge pas beaucoup, comme une cabine téléphonique ou un muret bétonné, il serait possible de revenir tous les jours à la même heure et d’en tirer une série de photos identiques. Continuer la lecture#L5 | Particules

# P5 Fluctuat et mergitur

Un déchirement. Le cri retenu. Puis l’écoulement soudain s’écroulant sous les tripes quand s’est écartée, vive écorchée, ce qui s’accrochait à l’existence comme la véritable et non seconde de ses peaux. Lorsque les possibilités, les attentes, et toutes les potentialités s’éteignent car plus rien n’existe désormais que l’absolue certitude de ne plus surmonter l’ombre de soi-même … Ce qui hier Continuer la lecture# P5 Fluctuat et mergitur

#P5 Chute libre

Le nœud ne se desserre pas, trop serré le nœud, ici, dans la gorge, au carrefour des respirations, affole les sens, excite les fêlures. Pas de main à saisir, pas de rampe, pas de filet, aucun accessoire estampillé sécurité, aucune issue de secours, parcours obligé, piste noire savonnée, savonnée en noir, je prends de la vitesse, l’ivresse me cajole, pas Continuer la lecture#P5 Chute libre