A propos de Françoise Guillaumond

Ecrivain, directrice artistique de la compagnie La baleine-cargo sur Wikipedia, ou directement sur la baleine cargo.

#enfances #03 I Voler ou presque

Postée sur la plate-forme surplombant la grange pleine de foin, elle regarde vers le bas, les yeux écarquillés. Le dénivelé est énorme. Se pencher. Pourquoi ? Tête en avant, le reste du corps basculé vers l’arrière, elle s’arrime au plancher, jupe rouge coincée entre les jambes, genoux verrouillés. Le vide représente cinq fois la hauteur de son corps. Calculer. Ma taille multipliée Continuer la lecture#enfances #03 I Voler ou presque

#enfances #02 I Walter Benjamin, coffres, boîtes & tiroirs

C’est le seul grand miroir de la maison, interdit d’y toucher pour ne pas y laisser des traces. Je me glisse furtivement dans la chambre des parents, ferme la porte, m’assieds sur le rebord du lit devant l’armoire immense face à son grand miroir central. Là, je suis entière, je me regarde, fais la grimace, chante en sourdine, danse, dévisage Continuer la lecture#enfances #02 I Walter Benjamin, coffres, boîtes & tiroirs

#enfances #01 | Sarraute & M.Bilit

Madame Artaud avait les cheveux jaunes, coiffée, manucurée, maquillée à la perfection, elle savait y faire pour être belle. Elle ne ressemblait pas à ma mère, ni à aucune autre mère de la cité. Avec sa fille Amélie nous l’attendions dans leur pavillon en face du bâtiment A. Monsieur Artaud, petit homme à la moustache noire, avait gagné cette maison lors d’un concours organisé par le Journal Continuer la lecture#enfances #01 | Sarraute & M.Bilit

#enfances #00

elle dit maison à moi maison des grenouilles elle grimpe sur son tricycle les sandalettes en cuir appuient sur les pédales ça bouge elle rit pédale pédale sur l’allée bétonnée qui longe le canal au revoir maison pédale longe le canal où chantent les grenouilles hop galope petit poney bouche ouverte au vent joues gonflées cheveux aplatis comme les saules Continuer la lecture#enfances #00