A propos de Gilda Gonfier

Conteuse, paysanne, sauvage. Voir son site Cliquez ici

#Gestes&Usages #01 | Rivages

A cause de la couleur des oignons roussis, de l’huile rouge des poissons nasses frits, du nacré des conques de lambis, de l’eau sombre au bord du quai, du fond noir de la piscine d’eau de source et des lapias qui faisaient l’attraction du Vieux-Bourg, je vois mon enfance comme une mer à traverser.  Mais il y avait des rivages. Continuer la lecture#Gestes&Usages #01 | Rivages

#Eté2023 #11 | Celle qui voulait marcher pieds nus dans le jardin 

Il faut que je vous parle de mon père. Je suis une gentille retraitée. La petite j’ai voulu l’aider parce que c’était la chose à faire. Quand on peut aider on aide. En plus, ce n’était pas difficile de l’aider. Est ce que cela m’a demandé des efforts ? Non. Des soupes chaudes et des oranges pour passer l’hiver. Je Continuer la lecture#Eté2023 #11 | Celle qui voulait marcher pieds nus dans le jardin 

#enfances #01 | A trois pattes

La grand-mère maternelle La grand-mère maternelle habite une case en bois sans eau et sans électricité posée sur quatre grosses roches. L’enfant rechigne à y aller. La grand-mère n’a pas de temps pour les enfants. Elle les embrassent avec le bout de son nez et ne leur adresse jamais la parole sauf peut-être pour demander si ils travaillent bien à Continuer la lecture#enfances #01 | A trois pattes

#enfances #00 | Gibier

La case en bois de la grand-mère est sombre même en plein midi coincée entre la grande maison en béton du frère ainé d’un côté, séparée par un mince couloir en ciment, et de l’autre un terrain vague qui donne sur la rue dont elle se protège en fermant portes et fenêtres. Les murs sont couverts de carapaces de tortues Continuer la lecture#enfances #00 | Gibier

#Eté2023 #10bis Ce roman est foutu!

Dans la fiction je passe mon temps parce que l’auteur m’a faite l’âme triste à me plaindre, parce qu’un homme, Paul, chorégraphe de son métier, n’est pas à moi, comme si la joie était impossible à mon caractère. On me croit niaise, j’en suis certaine, et je me résume à un personnage de romance maladroite qui mouille de ses larmes Continuer la lecture#Eté2023 #10bis Ce roman est foutu!

#été2023 #10 | cahier clairefontaine

J’écris comme Paul sur des cahiers d’écoliers. Nous nous étions amusés de cette habitude commune et j’avais dit que c’était la preuve que nous étions faits l’un pour l’autre. J’avais ri comme si c’était une plaisanterie, un conte pour enfant auquel, bien sûr, je ne croyais pas, et j’avais relevé la tête, redressé le buste comme pour faire plus grande Continuer la lecture#été2023 #10 | cahier clairefontaine

#été2023 #09bis | Arrêter le temps

Devant mon évier pour finir la vaisselle, mon gâteau au yaourt au four, je laisse l’eau couler sur mes mains. Ce n’est pas tant l’envie de pleurer, qu’une lourdeur dans la poitrine et dans la gorge qui me rend lente et comme absente, l’envie de revenir à des choses élémentaires, primaires, l’eau qui coule. C’est tout. Rester là parce qu’au Continuer la lecture#été2023 #09bis | Arrêter le temps

#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines

J’ai demandé à Tonton Odilon de me raconter les rivières. Nous sommes seuls dans la maison à Bergette. Lui dans le jardin, moi dans mes cahiers. Nous parlons peu. Le chat Féfé dort à mes pieds. Tonton Odilon dit que les chats ça guéri. Il faut le laisser et ne pas le chasser. Est ce que j’ai besoin de guérison? Continuer la lecture#Faire un livre #Prologue Rivières et ravines

#Ete2023 #09 La peau de pauvre

Quand je suis partie, il y a plus de 10 ans, l’arrêt du car de Léogane n’était pas matérialisé. La seule manière pour un étranger de savoir sans qu’on le lui dise, que l’arrêt était devant le manguier, aurait été d’observer sur plusieurs jours et à différentes heures, les femmes et les enfants surtout, se tenir debout sous le soleil Continuer la lecture#Ete2023 #09 La peau de pauvre

#Eté2023 #08bis La solitude du corps

Dans la lumière des bougies parfumées, avec la musique douce et le miel pour le thé, Paul m’a rejoint. Il est dans ma cuisine comme chez lui. Il sait où trouver les deux théières dont il a besoin, l’une pour l’infusion et l’autre pour le service ainsi que les tasses d’un service à thé japonais en porcelaine qu’il m’a offert Continuer la lecture#Eté2023 #08bis La solitude du corps