A propos de Juliette Derimay

Juliette Derimay, lit avidement et écrit timidement, tout au bout d’un petit chemin dans la montagne en Savoie. Travaille dans un labo photo de tirages d’art. Construit doucement des liens entre les images des autres et ses propres textes. Entre autres. À retrouver sur son site les enlivreurs.

dialogue #04  | les cocons

Plus tard, vous regarderez peut-être à nouveau les étoiles.  Les noms, vous les aurez oubliés. Les noms des étoiles, sûrement, les noms des constellations, peut-être pas tous. Le noir vous restera. Peut-être quelques points blancs. Vous oublierez ces noms parce qu’on oublie ce qu’on n’utilise pas, ce qu’on n’utilise plus. Mais vous vous souviendrez peut-être de cette soirée dans ce Continuer la lecturedialogue #04  | les cocons

dialogue #02 | Jeanne, ma patience

On contourne la pelleteuse et un énorme tas de terre pour rentrer dans la distillerie. Une cabane de chantier, des matériaux tout en longueur rassemblés sous une bâche. Des piquets en bois de caisse peints en fluo sont plantés dans le sol d’une surface vide, sans herbe, aplanie. Notre van est garé dans une boue pâle, la terre est tassée, Continuer la lecturedialogue #02 | Jeanne, ma patience

dialogue #01 | couteau et fourchette

C’est un petit restaurant ouvert depuis un an ou deux, pizzas, burgers et salades. À l’intérieur, cinq à six tables suivant la configuration et un comptoir qui permet aux gens du coin de venir discuter avec le patron et son cuistot devant la cuisine ouverte, de boire une bière en attendant de repartir avec une pizza dans un carton brun Continuer la lecturedialogue #01 | couteau et fourchette

Vers un écrire/film #05 – Dans la forêt

Je veux saisir le marcheur là, à l’instant précis où il entre dans la forêt, quand ses pieds quittent le tapis vert des herbes pour entrer dans le monde des feuilles mortes, des histoires qu’on chiffonne, albums de famille, cartes de la belle saison que les arbres envoient à la terre, miettes de soleil. Dans les feuilles mortes de la Continuer la lectureVers un écrire/film #05 – Dans la forêt

hors-série #impératif | pense-bêtes

Oiseau, chante encore et plus fort quand retombe la poussière  Musiciennes, musiciens et chanteuses comme chanteurs, faites encore vibrer l’air pour qu’il vienne doucement caresser les oreilles Soleil, lève-toi encore chaque matin en peignant les nuages de vives couleurs sucrées Peintres et photographes ne vous contentez pas des traits hachés des ruines, reprenez vos couleurs pour ne pas qu’elles s’assèchent Continuer la lecturehors-série #impératif | pense-bêtes

#chantiers | Le chantier de Blaise

Je ne sais pas trop ce que c’est, recueil de nouvelles, de textes, histoire, peut-être un peu tout ça. Les fondations de ce chantier et même quelques murs, voire portes et fenêtres sont issus des ateliers du Tiers Livre. Le reste est du mortier mélangé à des pierres trouvées à côté pour éviter que l’ensemble ne soit trop bancal. Pas Continuer la lecture#chantiers | Le chantier de Blaise

transversales #02 | ingrédients

Galaxie familiale en route vers sa fin. Au centre le cercueil muet porté par un chariot, entouré des voix de ses planètes vassales qui s’accordent en dissonances, chacune dans sa rotation propre, pour une dernière compression avant l’éclatement, toutes dents dehors À cheval sur les os des livres, accompagné d’un rondouillard au bon sens, il nous prend par la main Continuer la lecturetransversales #02 | ingrédients

vers un écrire/film #03 | vignettes de distillerie

…la route est étroite. très étroite. ça tourne beaucoup. un virage sur deux on voit la mer et l’île d’en face avec ses collines jumelles qui vous font voir double même sans avoir bu. il est encore tôt. la lumière est encore douce. elle suggère le relief sans l’écraser de son poing autoritaire du milieu du jour. les loutres brunes Continuer la lecturevers un écrire/film #03 | vignettes de distillerie

vers un écrire/film #01 | l’étranger

Dans les villes il est un étranger, quel que soit le pays, même celui de son passeport. Pas les trucs, pas le rythme, spectateur égaré dans la mauvaise salle. Aujourd’hui il est tout seul, personne pour l’attendre au bout du quai, pour attirer son attention sur autre chose que sur la ville, sa gueule grande ouverte qui avale tout, mâchouille Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | l’étranger