A propos de JLuc Chovelon

Prof pendant une dizaine d'années, journaliste durant près de vingt ans, auteur d'une paire de livres, essais plutôt que romans. En pleine évolution vers un autre type d'écritures. Cheminement personnel, divagations exploratives, explorations divaguantes à l'ombre du triptyque humour-poésie-fantastique. Dans le désordre.

autobiographies #13 | pensées blanches

codicille : Rattrapé par la proposition autour d’Anne-James Chaton, le elle+elle+elle est devenu un je+je+je, une succession de voix narratives. Dans l’exploration de ces réalités, sans doute les « artefacts collectifs » ne sont-ils pas assez présents et les considérations individuelles trop prégnantes. Mais c’est là, dans les pensées blanches de ces femmes, que m’a emmené Annie Ernaux. C’est quoi la mort, si Continuer la lectureautobiographies #13 | pensées blanches

autobiographies #07 | catalogue de portes à prendre

Il y a quelques années, je me suis fait licencier par mon employeur. C’était la première fois et, à ce jour, ce fut la dernière. Même si on ne me l’a pas formulé en ces termes, on m’a demandé de prendre la porte. Je me suis alors demandé quelle genre de porte on pouvait prendre en quittant un endroit. Alors Continuer la lectureautobiographies #07 | catalogue de portes à prendre

autobiographies #12 | la cabine téléphonique

Rayures profondes tracées avec une clé. Ou un compas. Beaucoup gardent leur sens secret. Signes d’impatience ou d’énervement. Une occupation dans l’attente. Souvent un seul trait sur le métal. Quelques unes sur le verre. Une zébrure de ponctuation. Sur la barre horizontale en aluminium, une jolie rosace. Tracée au compas, aucun doute, le trait est trop régulier. La conversation a Continuer la lectureautobiographies #12 | la cabine téléphonique

autobiographies #03 | autoportrait d’un homme-arbre

Ma mère ne m’a pas mis au monde. Je suis sorti de son ventre, évidemment, elle m’a allaité, materné, aimé, mais elle ne m’a pas mis au monde. Elle m’a donné tout ce qu’un petit être humain peut attendre, les clefs et autres outils pour construire ma vie, pour grandir, pour que je trouve ma place dans cet univers, mais Continuer la lectureautobiographies #03 | autoportrait d’un homme-arbre

autobiographies #11 | une photo ratée

À première vue, l’image est difforme. Du noir et du blanc seulement. Du noir plutôt gris et du blanc un peu jaunâtre. Un tirage photo, papier glacé, petites marges sur l’extérieur. À première vue, ce n’est qu’un papier cartonné survivant d’un processus chimique complexe mais révélant une large tâche finement ciselée. À première vue, ce n’est qu’une tâche. Une image Continuer la lectureautobiographies #11 | une photo ratée

autobiographies #08 | Trois lieux, cent-quarante-huit points-virgules

tout d’abord, c’était une odeur ; une forte odeur de camphre ; une odeur prégnante, autoritaire, dictatoriale ; une odeur qui prend les narines à l’abordage sans aucun espoir de répit ; une odeur imposante qui acceptait néanmoins quelques accompagnements selon le moment du dimanche après-midi ; entre 14h30 et 15 heures, c’était celui de la colle du sparadrap ; Continuer la lectureautobiographies #08 | Trois lieux, cent-quarante-huit points-virgules

#autobiographies #10 | moments blancs

Elle a la peau usée. Elle a la peau ridée d’une écorce d’orange. Elle a l’écorce d’un vieux chêne. Elle est un arbre qui est tombé. Elle est allongée. Elle est sur un lit d’hôpital. Elle est immobile. Elle a la tête disposée au centre d’un oreiller immaculé. Elle tient ses boucles de cheveux gris si fins comme un ouvrage Continuer la lecture#autobiographies #10 | moments blancs

#L13 | Au port les mains vides – reprise

Note prélable : J’ai repris le premier texte que j’ai publié dans le cadre de ce cycle « Faire un livre », celui de ce « quelqu’un (qui) arrive quelque part ». Par curiosité, tout d’abord, pour voir un peu où ces quatre mois d’ateliers m’avaient emmené. Mais par nécessité aussi parce qu’à la relecture, je n’étais pas satisfait de ce premier écrit. Je Continuer la lecture#L13 | Au port les mains vides – reprise

#P12 | Photographies d’une ville invisible

1 Il y a une ville quelque part. Dans cette ville, il y a un quartier, dans ce quartier, une rue, dans cette rue, une porte. Cette porte en bois brut se trouve en haut d’un petit escalier d’une dizaine de marches car elle est située quelque deux ou trois mètres au-dessus du trottoir. Cet escalier longe la façade et Continuer la lecture#P12 | Photographies d’une ville invisible

#L12 | Echos d’une phrase

Note préambule : Pas certain d’avoir répondu à la consigne (certain du contraire même). Le récit est un aimant et il m’a été difficile de ne pas y revenir. Plutôt que de lutter, j’ai laissé aller. Tant pis pour la consigne. En cause, une phrase mal choisie ? Un esprit trop porté sur la narration ? Il y a sûrement Continuer la lecture#L12 | Echos d’une phrase