#enfances #09 | Chambre bleue

Une chambre aménagée dans le grenier, la porte à gauche sur le palier d’un escalier sans contremarches coincé entre un mur de pierre et une rambarde de poteaux ronds métalliques rouges, bleus ou jaunes, assez espacés pour passer un bras ou même deux, un orgue bigarré. La lumière s’impose dans mon souvenir de la première fois, la lumière de la Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre bleue

#enfances #09 I Que la lumière soit

C’est depuis cette chambre que la lumière révèle son épaisseur. Elle se glisse au petit matin entre les lames des persiennes orientées plein Est et va rayer l’édredon grenat d’un lit deux places. Sous ce lit, là où elle ne peut encore trouver où se poser, dorment, parmi les moutons et les livres, les monstres invisibles avides des cauchemars d’enfants. Continuer la lecture#enfances #09 I Que la lumière soit

#enfances #07 | et prends la mienne

C’est sillonné de traînées vertes, c’est moucheté de jaune et puis de bleu, et puis tout grignoté aussi par les insectes et par les vers. Parfois on ne voit plus que ça, les petits vers blancs. La lumière tombe de la lucarne. Elle, elle est tranchée nette à l’extrémité. Les jours passent et elle s’assèche. Les fibres se dessinent, les Continuer la lecture#enfances #07 | et prends la mienne

#enfances #09 | Tohu-bohu de chambre

Tohu-bohu. C’est le mot qui lui vient à l’esprit s’il devait qualifier sa première chambre d’enfant, celle dont il ne reste presque aucun souvenir mais demeure pour cela même, peut-être, la chambre de la mémoire naissante. C’était d’ailleurs pas une chambre, juste une pièce à vivre. Et c’est pas vrai, il y avait bien un abat-jour, une espèce de plat : Continuer la lecture#enfances #09 | Tohu-bohu de chambre

#enfances #09 | nuit américaine

Les fenêtres étaient couvertes d’une épaisse peinture bleue pour ne pas être vus des avions. On disait que c’était les allemands occupants qui avaient décidé ça pendant la guerre mais quelqu’un l’avait grattée dans le coin en bas à droite juste à hauteur de mes yeux et les soirs de tempête je regardais la mer déchaînée, le phare et ses Continuer la lecture#enfances #09 | nuit américaine

#enfances #09 | La chambre de derrière

Une porte palière, une autre, condamnée, au bout du mur de droite, aurait pu ouvrir sur la chambre voisine. Deux lits bretons d’une personne, recouverts d’une courtepointe grenat, leurs têtes de part et d’autre d’une cheminée désaffectée, la partie supérieure de son manteau noir en petit granit poli peut servir de table de nuit surélevée, y sont posés un réveil Continuer la lecture#enfances #09 | La chambre de derrière

#enfances #09 | Chambre du boulevard Jamin

Le couloir moelleux mène tout droit à la pièce des enfants, en vacances là chacun leur tour. Un long tapis masque le plancher. Craquements effacés. En-dessous : la pharmacie. Dernière porte à gauche : la chambre du fond donne sur des arrière-cours en contre-bas, une grisaille douce, vue du premier étage. Le boulevard est à l’opposé, pas de bruit.  Lourd lit-bateau en Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre du boulevard Jamin

#enfances #09 | Chambre passante

Depuis la porte d’accès de la chambre, les lits s’appuient le long d’une poutre brune sur la cloison de gauche. Les meubles tiennent à droite. Au centre, un tapis peut-être. La chambre, conçue pour deux enfants, est passée à l’étage et se dédouble. Deux lits bateaux, lits jumeaux. Deux armoires qui enserrent un secrétaire. Sous les lits, les tiroirs aux Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre passante

#enfances #09 | … d’enfance

Oubliée la couleur des murs. Oublié le petit paravent; le renfoncement avec le lavabo. Oubliées la suspension à franges et sa lueur jaune; l’ombre en piste de cirque et le cheval à bascule; oubliées la chaise à hauteur d’enfant, la poupée sans yeux. La cour sombre en fond de fenêtre. 3m50/4m50. Cette fenêtre. Une porte. Le lit superposé je le Continuer la lecture#enfances #09 | … d’enfance

#enfances #08 | coutumes et costume

Comme souvent en semaine entre dix-huit heures et dix-huit heures trente ma mère partait chercher mon père à la gare, il revenait du travail. Pendant ce temps mon frère et moi étions chargés de mettre le couvert pour le dîner, nous restions seuls dans le pavillon. La fin de journée nous trouvait un peu excités surtout s’il avait plu et Continuer la lecture#enfances #08 | coutumes et costume