#OutilsDuRoman #01 | Marche d’approche

J’entre dans la gare Montparnasse par l’entrée principale, par la grande verrière, ce côté de la gare qu’on appelle la porte Océane. De bon matin, je suis pressé comme ces gens qui vont du point A au point B sans se regarder. J’avise les escaliers mécaniques, sur ma droite ils descendent vers le métro, face à moi ils montent vers Continuer la lecture#OutilsDuRoman #01 | Marche d’approche

#Gestes&usages #01 | Gris colorés

À cause de la couleur sale qui pourrait en résulter, il ne faudrait jamais utiliser les idées noires pures dans le mélange des genres ; et leur préférer des terres d’ombres brûlées, des outremers à grandes profondeurs, de celles qui permettront sans décompression la construction de gris colorés ; mais en cherchant à élargir et tempérer du plus clair au Continuer la lecture#Gestes&usages #01 | Gris colorés

#gestes&usages #01 | Tancarville

À cause de la couleur saturée des diapositives des années 70 et de la joie qu’on avait à ne prendre en photo que le Mont-Saint-Michel ou la tante Suzanne sous un parasol, je ne suis pas certaine de pouvoir un jour retrouver une image de la petite cuisine de mon enfance. Mais je sais qu’elle était très blanche, et très Continuer la lecture#gestes&usages #01 | Tancarville

#enfances #08 | Marx, le mortier et la petite robe blanche

Je ne sais pas jouer aux billes, pas bien, j’aime assez la couleur, il y a des noms différents, en fonction de la taille, en fonction des incrustations, les agate ça vaut rien, ça vous regarde pourtant même la nuit avec des yeux jaunes de chat, ça fait tic tic dans le sac, tic tic tic, les billes cliquètent, j’apprends Continuer la lecture#enfances #08 | Marx, le mortier et la petite robe blanche

#enfances #09 | La cathédrale de dents

Il y a le lit et tout ce qu’il faut, l’oreiller, la lucarne – la lucarne, c’est pour grimper sur le toit en chausson, parce que la nuit ça ne glisse pas, même quand il pleut, c’est comme ça la nuit – il y a le bois qui craque et qui couine – ça couine parce que dedans, c’est peuplé, Continuer la lecture#enfances #09 | La cathédrale de dents

#enfances #09 | Chambre bleue

Une chambre aménagée dans le grenier, la porte à gauche sur le palier d’un escalier sans contremarches coincé entre un mur de pierre et une rambarde de poteaux ronds métalliques rouges, bleus ou jaunes, assez espacés pour passer un bras ou même deux, un orgue bigarré. La lumière s’impose dans mon souvenir de la première fois, la lumière de la Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre bleue

#enfances #09 I Que la lumière soit

C’est depuis cette chambre que la lumière révèle son épaisseur. Elle se glisse au petit matin entre les lames des persiennes orientées plein Est et va rayer l’édredon grenat d’un lit deux places. Sous ce lit, là où elle ne peut encore trouver où se poser, dorment, parmi les moutons et les livres, les monstres invisibles avides des cauchemars d’enfants. Continuer la lecture#enfances #09 I Que la lumière soit

#enfances #07 | et prends la mienne

C’est sillonné de traînées vertes, c’est moucheté de jaune et puis de bleu, et puis tout grignoté aussi par les insectes et par les vers. Parfois on ne voit plus que ça, les petits vers blancs. La lumière tombe de la lucarne. Elle, elle est tranchée nette à l’extrémité. Les jours passent et elle s’assèche. Les fibres se dessinent, les Continuer la lecture#enfances #07 | et prends la mienne

#enfances #09 | Tohu-bohu de chambre

Tohu-bohu. C’est le mot qui lui vient à l’esprit s’il devait qualifier sa première chambre d’enfant, celle dont il ne reste presque aucun souvenir mais demeure pour cela même, peut-être, la chambre de la mémoire naissante. C’était d’ailleurs pas une chambre, juste une pièce à vivre. Et c’est pas vrai, il y avait bien un abat-jour, une espèce de plat : Continuer la lecture#enfances #09 | Tohu-bohu de chambre

#enfances #09 | nuit américaine

Les fenêtres étaient couvertes d’une épaisse peinture bleue pour ne pas être vus des avions. On disait que c’était les allemands occupants qui avaient décidé ça pendant la guerre mais quelqu’un l’avait grattée dans le coin en bas à droite juste à hauteur de mes yeux et les soirs de tempête je regardais la mer déchaînée, le phare et ses Continuer la lecture#enfances #09 | nuit américaine