autobiographies #04 I lumière d’adresses

Tout est austère dans la demeure du Docteur Jamez. Depuis la lourde porte de rue qui nous ravit à l’avenue Molière, en passant par les hautes boiseries de la salle d’attente et jusqu’à son énorme bureau (chêne massif je suppose), on pénètre dans une lugubre maison de maître bruxelloise. Des boiseries sinistres à moulures interminables, il y en a aussi Continuer la lectureautobiographies #04 I lumière d’adresses

autobiographies #05 | «Autobio#05»

L’arbre – son nom – sa famille – son espèce et alors tous mêmes feuilles rondes avec ce double renflement du pourtour en face à face et chacune partant de la tige avec sa sœur en parfaite symétrie – eucalyptus – son essence – son huile essentielle et les guérisons possibles – repas préféré des chèvres – sa place – Continuer la lectureautobiographies #05 | «Autobio#05»

autobiographies #05 | réécriture d’entre les mots (en cadavre exquis)

je racontai un jour à l’arbre qu’il arrivait que l’on voie des fruits pendus qui ne venaient pas d’eux les arbres. Des fruits rapportés, racontai-je, et de loin on les prends pour de vrais fruits: » Southern trees bear a strange fruit blood at the roots Black bodies swinging in the southern breeze Strange fruit hanging from the poplar trees » Je Continuer la lectureautobiographies #05 | réécriture d’entre les mots (en cadavre exquis)

autobiographies #01 | courir, grimper, sauter

Les façades penchées sur le trottoir dessinent une bande d’ombre que tu suis tout contre les immeubles, ton pas pressé, vite, profiter du bandeau ténu de protection en plein midi, au bout de la rue, un barrage, arrêt et nouvelle accélération à découvert pour grimper la côte jusqu’à la boulangerie, ressortir le pain à la main et cette fois-ci dévaler Continuer la lectureautobiographies #01 | courir, grimper, sauter

autobiographies #03 | noisetiers

Ce chemin comme l’une de ces visions d’un rêve, interchangeable dans l’esprit, pouvant se glisser dans n’importe quel paysage foulé. Un paysage de nature, une évidence, là où la nature humaine n’a pu que laisser sa très légère empreinte, là où les arbres sont des êtres bien plus intéressants, là où on l’on perçoit leur silence on s’étonne aussi du Continuer la lectureautobiographies #03 | noisetiers

autobiographies #04 | ces adresses

J’ai péché dans dans mon sac la petite bourse en boutis, toujours ouverte, où il est serré entre les carnets qui ont eu tous une utilisation différente avant de contenir tous de même façon des bouts de textes, un haïku noté, dans la rue, immobile un moment, le carnet appuyé en partie sur l’air, en partie sur le sac ramené Continuer la lectureautobiographies #04 | ces adresses

autobiographies #04 I Sonnailles

Maraval, Eckmülh, rue Joseph-Oliva. Ces noms, entendus il y a peu dans la bouche d’une personne de ma famille perdue de vue, m’ont aussitôt propulsée dans un monde dont je n’ai gardé aucune trace, que j’ai pourtant aussitôt reconnu comme profondément intime et familier. Et voilà que ces sons assourdis, étouffés, asphyxiés, ont jailli comme trois petites notes inattendues sur Continuer la lectureautobiographies #04 I Sonnailles

autobiographies #01 | les paysages

Quand elle regarde par la fenêtre de sa chambre, elle voit celle de sa copine, de l’autre côté de la rue, par dessus l’immeuble plus bas. Comme elle est toute seule, elle s’ennuie et passe le temps : elle surveille. La lumière s’est allumée là bas, ça fait une tache jaune sur la façade, elle reconnaît la couleur des rideaux sur Continuer la lectureautobiographies #01 | les paysages

autobiographies #04 | dans le tiroir de l’armoire

Sur la première page, celle un peu épaisse, une liste de courses est griffonnée, c’est un petit carnet répertoire, plus haut que large, il est dans le tiroir du bas de la grosse armoire, quelquefois elle tire le tiroir, pas facile, il faut se pencher, elle a de plus en plus de mal à se pencher sur ses souvenirs, quelquefois Continuer la lectureautobiographies #04 | dans le tiroir de l’armoire

faire un livre #13 | réécriture avec A #03 De Grégoire Schunck à La mujer con el pelo naranja

«  De mes années lycée, souvenir de cette chevelure, de cette voix et de ce nom, comme si chaque trace à elle seule n’avait suffi à le fossiliser dans la mémoire ; première, la chevelure, elle s’imposait au regard – chevelure tenant plutôt d’une tignasse pour sa forte densité au centimètre carré, en bataille avec elle-même comme dressée au dehors autant Continuer la lecturefaire un livre #13 | réécriture avec A #03 De Grégoire Schunck à La mujer con el pelo naranja