#L4 | En solitude, la Nuit.

Comme les hommes, il y a les livres d’une vie et il y a les livres d’une nuit. De ces nuits de solitude, où une urgence nous grimpe à l’estomac et où le terrible écoeurement du siècle nous étouffe. Aucune présence autre que celle de cet auteur lointain ne pourrait rendre le ventre chaud. Souvent, la nuit je ne dors Continuer la lecture#L4 | En solitude, la Nuit.

#L4/ mais c’est quoi un livre ?

– D’Anne Thébaud, « Reliquaire ». Elle, elle essaye de rassembler les fragments de soi. Lucidité perforante. Où telle intensité du sombre de nos vies comme morceaux de barbaque raboutés ? Ni l’amour, ni la littérature pour sauver. – De Calamity Jane, « Lettre à sa fille ». Une mère à sa fille. Pas elle qui aurait-écrit ? On s’en fout. Un tel viatique si lourd d’amour qui Continuer la lecture#L4/ mais c’est quoi un livre ?

#L4 I Sentimenthèque

De Pour un oui ou pour un non , Sarraute : un petit rien et ça écorche dans la chair; sous le sable des insectes, des trous pour respirer, des tunnels; à la surface des colimaçons; un grain de poussière et bientôt un monument; des voix se tendent, s’entrechoquent et résonnent longtemps longtemps longtemps.De La Jalousie , Robbe-Grillet : tout Continuer la lecture#L4 I Sentimenthèque

la fabrique | Emilie Marot, tenir debout avec Albane Gellé

Modeste pierre à l’édifice mais ce contre-don me tient à cœur ! La proposition est un écho au magnifique recueil d’Albane Gellé, Si je suis de ce monde (Editions Cheyne, 2012/13/18), qui accompagne à l’origine une exposition, Tenir debout (Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, 2011). L’art comme acte de résistance aux épreuves et à l’adversité. Quelques extraits : Tenir journal Continuer la lecturela fabrique | Emilie Marot, tenir debout avec Albane Gellé

#L4- Sentimenthèque

Alphonse Daudet – La chèvre de Monsieur Seguin– : à l’orée découverte d’une idée plastique de liberté pureté injustice implacables…. Jack London – L’Appel de la Forêt- : liberté des grands espaces des liens tisseurs entre mondes…Claude Simon – Archipel et Nord- : ivresse apaisante des alliages pareils parfois à ceux du dessinateur : englobant magiciens alchimisés sans fin…Julien Gracq- La Presqu’Île– : géologie frappée Continuer la lecture#L4- Sentimenthèque

#L3 | respirer

La maison.La maison s’est toute entière concentrée ici, dans la salle à manger où on a installé le lit. Il n’y a plus ni plafond, ni murs, rien n’existe que cette pièce. La maison les contient tous les quatre et absorbe tout ce qui n’est pas souffle, bruissements de draps ou chuchotements. Aucun bruit ne pénètre la pièce qui semble Continuer la lecture#L3 | respirer

#L4 | Tatouage(s)

On en parlait souvent avec les collègues, de l’immense difficulté à s’exprimer sur des livres aimés, l’impression féroce de se mettre à nu, et que franchement, à leur âge, on aurait vécu cette impossibilité ce refus de dire, les mensonges à débiter pour raconter ce qui était bien d’avoir goûté, investi, digéré. Et puis, il y a eu les échanges Continuer la lecture#L4 | Tatouage(s)

#L3 | Chemise blanche

Voisine.
Sa chemise est repassée. Je me demande si c’est lui qui repasse ses chemises. Oui ça se fait. Des hommes. Maintenant. On aurait pas eu idée. Impeccablement. Méticuleusement. De la même façon qu’en ouvrant le verrou, comme pour ne pas l’abimer. Venir ici en chemise blanche repassée, boutons de manchettes et tout. On n’aurait pas idée. J’ai mal aux jambes, l’infirmier doit passer, nouveaux bas de contention. Bien longtemps que je n’ai plus rien repassé. A quoi bon ?
 
Plâtrier peintre.
J’ai repeins sans poser de questions, ça se voit qu’ils ne sont pas manuels ici, m’appeler pour un mur, un seul. Oui il y avait ces tâches. J’en vois tous les jours des murs, de si près que les grosses tâches ne m’abiment plus les yeux, je reste fixé sur le grain, rouleau, pinceau, c’était rien à faire. Payé double pour un mur si petit. Sont pas bien doués, se salissent pas les mains, endimanchés tous les jours. Même ici. Mais tant qu’y a à faire, moi c’est pas mon problème. 
 
Elle.
Il ne m’a pas écouté, toujours trop pressé. Mais qu’est-ce qu’il croit ? Ah oui, Monsieur a étudié, Monsieur est plus malin que tout le monde, Monsieur ose y aller…Avoir une clé ne fait pas tout. Tu l’as eu ta clé, tu es rentré. Débrouille-toi. Habille-toi, je t’avais dit non pas comme ça.. Ces lieux endormis ne collent pas avec ton assurance. Je le sais, mais tu ne veux pas entendre les voix souterraines, les boulevards bien évidents rythment ta vie, tu t’y perds. Il ne faut pas entrer par la grande porte. C’est trop tard maintenant.
 
Bûcheron. BègueMais il pense sans heurts
 Eux… Jamais payé le bois de l’hiver dernier. Mourir d’accord, mais les autres ? Famille, héritage, je ne sais pas, va falloir que j’y aille voir.  Il ne m’a pas remarqué, c’est toujours comme ça, je sais que je me camoufle. Les bois, ça me va bien. Mais une stère est une stère. L’air trop citadin celui-là avec ses souliers vernis, sa chemise blanche et son sac en bandoulière, pas lui qui rentrerait le bois, pour sûr.