#L2 Dont on ne sait

La première chose que l’on voit à la sortie du port, ce sont les bateaux qui s’entre-cognent, légers clapotis contre les barques colorées alignées comme jouets dans la baignoire ou bien sardines en boîte, dont on ne sait ni à qui elles sont ni à quoi elles servent, sauf à saluer, souhaiter la bienvenue. De l’autre côté de l’eau, elle se poste derrière la barrière pour attendre l’arrivée des visiteuses qui viennent encore la voir, patiente sentinelle avec ses cheveux gris au carré flou, jupe Continuer la lecture#L2 Dont on ne sait→

#L3 Il ne vient jamais personne

Il a frappé à sa porte, elle l’a invité à entrer, à boire le thé. Jamais elle n’aurait dû lui ouvrir. Son seul souhait, être tranquille, un vrai besoin de solitude. Depuis qu’elle a son sujet, sa seule envie est de commencer. Mais voilà, il est arrivé. Après le thé, l’apéro, l’eau-de-vie. Enfourchez une tige de violette et laissez-vous emporter Continuer la lecture#L3 Il ne vient jamais personne→

#L2 | Elle

De la paroi en pin douglas résonne la voix de celle qui demeurait à quarante ans d’ici. Dévolue à ce territoire en prise avec les vents de sable charriant les complaintes bestiales et humaines de l’autrefois. Elle y était, pleinement dans les gestes recueillis de sa tante, elle-même témoignante de sa mère. C’est elle qui a maintenu le malingre en Continuer la lecture#L2 | Elle→

#P4 on pouvait pas savoir

on pouvait pas savoir … on peut rien se reprocher … on pouvait pas savoir … on se doutait bien mais … comment on aurait pu imaginer que ç’était ça … on lui a jamais fait de réflexion … on lui a jamais rien demandé … c’est un sujet délicat … même avec son propre fils … on n’a jamais Continuer la lecture#P4 on pouvait pas savoir→

#L4 Matrices

De Dumas, Alexandre : échevelé par le souffle narratif, le démontage minutieux des ressorts humains (Le Comte de Monte-Cristo), le récit vite comme un cheval au galop, halètements de la lecture nocturne à la lampe de poche De Sebald Winfried Georg : le compagnon mélancolique, l’arpenteur infatigable, qui fait réapparaitre les fantômes. Ses talismans sont des photographies, des tickets, des étiquettes, des Continuer la lecture#L4 Matrices→

#comme | Je t’attends comme

Je t’attends comme le réverbère éteint — ampoule cassée il y a longtemps par l’enfant maladroit— Je t’attends comme tu arrives en voiture et je te dispute Je t’attends comme je te veille dans le noir comme dans la lumière du jour Je t’attends comme l’arrêt de bus, je lève la main je veux monter te laisser l’arrêt vide Je Continuer la lecture#comme | Je t’attends comme→

#L4 | Les livres dont je me souviens et les autres que j’oublie sont dans les blancs

Il y a d’abord les livres qu’on dévore comme une vie par procuration, comme une fenêtre vers le rêve et l’aventure, il y a ensuite les livres programmés qu’on doit lire, il y a les livres qu’on doit expliquer parce qu’il faut transmettre puis enfin les livres qui se glissent dans les interstices d’une vie trop pressée et toujours les Continuer la lecture#L4 | Les livres dont je me souviens et les autres que j’oublie sont dans les blancs→

#L4 / Mais ce que je me demande. Est-ce que l’art est fait pour qu’on s’en souvienne ?

Comment moi je sais si peu parler des mots, des livres des autres. Parce que est-ce que je me souviens vraiment des mots, de la langue, du chant, de la ponctuation, de la longueur des phrases ? Mais ce que je me demande. Est-ce que l’art est fait pour qu’on s’en souvienne ? je veux dire par là. Est-ce que ça fait Continuer la lecture#L4 / Mais ce que je me demande. Est-ce que l’art est fait pour qu’on s’en souvienne ?→