Alangue

Ce qui surprendrait d’abord assez disgracieux c’est peut-être ce jappement de chien survenu des pavillons au loin une sorte de chien aboyer des heures durant sûrement bien davantage quand le bruit des rails ne vient le recouvrir. Ce souffle chaud ensuite ploiement indistinct des brins d’herbe points jaunes se courber recourbant taches ravitaillées au gré des entassements empierrés. Mais surtout Continuer la lectureAlangue

#P8 Tu es beau comme un astre

« Tu es beau comme un astre », dit ta mère en attrapant machinalement le devant de sa robe du dimanche comme elle s’essuierait les mains sur son tablier. Derrière elle, tes deux sœurs pouffent et se bousculent, raidies d’amidon dans leur tenue. Tes frères y sont déjà passés, le grand et l’« attardé », comme disent les voisins qui viennent lui taper dans Continuer la lecture#P8 Tu es beau comme un astre

#P8 Tu es l’ombre

Ton petit corps en tout carré se tient raide devant l’objectif. Tu t’es recroquevillé en toi. La colère vrombit en toi. La honte et la rage en toi-même. Tu es contraint mais pas résigné. Morne. Devant toi et debout derrière le photographe, le père et la mère ne te font aucun signe. Ils ne sont pas encourageants. Ne te donnent Continuer la lecture#P8 Tu es l’ombre

#P9 | Portraits de groupes sans couleurs

Regards d’ailleurs C’est une vieille photographie en noir et banc. En gris et gris plutôt, gris clair et gris foncé. L’image est de forme ovale et doit mesurer une quinzaine de centimètres dans sa plus grande largeur, à l’horizontale, et environ dix de haut. Elle est disposée au centre d’une feuille cartonnée (environ vingt centimètres de large sur quinze de Continuer la lecture#P9 | Portraits de groupes sans couleurs

#L9 Un havresac pour une vie et la corde pour se pendre entre le tendon calcanéen d’Achille et les tendons du muscle fibulaire

« Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi dire, que dans ceux ( les voyages) que j’ai faits seul à pied. La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées : je ne puis presque penser quand je reste en place… » Rousseau Confessions Il peut continuer à pied  mais Continuer la lecture#L9 Un havresac pour une vie et la corde pour se pendre entre le tendon calcanéen d’Achille et les tendons du muscle fibulaire

#L9 | Failles dans les sources

Nouveau continent Ohé les gars, nous sommes découverts! (Un Indien, apercevant Christophe Colomb) Georges Perec, Espèces d’espaces Failles  L’Histoire serait un paysage ponctué de sources, de clairières, de cavités, de forêts brumeuses où chuchoteraient mille fragments d’archives. On y dénicherait une drôle de jungle vieille de 500 ans: ici, les plus forts savent écrire et croient en Dieu, cuisinent, avalent, Continuer la lecture#L9 | Failles dans les sources

#L8 un chantier sous un autre ciel

Il habite un  bout du monde,minuscule, un lieu sans beauté apparente.Là, avant la forêt , à la presque fin de la ville.Il vit dans une des six maisons posées là, depuis les années soixante, une maison faite de rien, une maison qu’on remarque par sa forme, le corps de la maison a deux avancées qui portent chacune une très grande Continuer la lecture#L8 un chantier sous un autre ciel

#P9 | Fouille fragile

Une sensation de fragilité à tourner les pages du vieil album, à soulever la feuille d’ange pour découvrir les photos cachées dessous. Elles sont installées côte à côte, plus ou moins en fonction des formats et par ordre chronologique. En dégager une de ses coins transparents avec précaution. C’est une photo noir et blanc, petit format avec bord dentelé. On Continuer la lecture#P9 | Fouille fragile

#L5 Expansions de nos dettes

E=MC2 mais toutes les chansons égalent la même histoire. C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille, sauf qu’elle est pleine d’espoir. Elle va tout soigner, tout remettre vivant. Dans sa chambre elle met de grands posters de mer et de couchers de soleil sur la plage égale la même couleur aux gens. De sa fenêtre elle voit les immeubles de Continuer la lecture#L5 Expansions de nos dettes

#L8 | Le looch est bien mol, n’y gâtez pas vos dents.

Harcelé par des cauchemars, et trempé de sueur, il se lève au milieu de la nuit, le ventre tiraillé par la faim. Il quitte son marcel pour un t-shirt sec. Le frisson des visions morbides parcourt encore les pores de sa peau avec la sensation désagréable d’une présence rampante qui viendrait lui dresser les cheveux sur la tête. Il allume Continuer la lecture#L8 | Le looch est bien mol, n’y gâtez pas vos dents.