#P4 | Fais ce que tu veux…

Fais ce que tu veux, oui, tu as bien entendu, fais ce que tu veux, puisqu’il semble évident que tu feras uniquement ce que tu veux et non ce que je veux moi, c’est entendu, je lâche l’ancre. Vois-tu mon drapeau blanc ? Ok fais ce que tu veux. Reconnais que je suis tolérante, je te laisse libre, tu as les coudées franches, Continuer la lecture#P4 | Fais ce que tu veux…

#P6 | Plus personne

On m’a offert il y a deux ans un carnet. Un journal. Pour « faire de sa vie un roman. » « Parce que tu aimes écrire! » Est-ce qu’on offre des peintures à lettres aux gens qui aiment peindre ? Et des boîtes de capotes à ceux qui aiment baiser ? J’ai dit merci, je crois. Tous les jours une question était posée. Continuer la lecture#P6 | Plus personne

#P6 | Livre des jours.

Aujourd’hui. Deux ouvriers sont assis sur une montagne de gravats. Il y en a un qui fume une cigarette. L’autre regarde les gens – les femmes, peut-être. Avant, c’était un bâtiment. Maintenant, c’est de la poussière. Demain ce sera peut-être de nouveau un bâtiment, avec des enfants qui crient et des vieux qui s’ennuient. Tout ça grâce à leurs mains. Continuer la lecture#P6 | Livre des jours.

#P7/ Comment dire le vent sur la dune ?

Des nuages s’effilochent sur fond d’autres nuages, traînées évanescentes et pourtant très foncées, devant des formes rebondies de gris requin et de gris perle. Le troisième plan est un gris sans nom, tout lisse, aux bords duquel s’accroche du blanc lumière. Un morceau de bleu crève le décor, lui donne encore plus de profondeur, que le vent mouvement a tôt Continuer la lecture#P7/ Comment dire le vent sur la dune ?

#P6 | Lambeaux de juillet

Journal Face à moi, la lune ronde et blanche flottait au-dessus d’un bateau arrêté sur l’eau, qui n’était alors qu’une forme noire vers laquelle menait un passage dont des reflets hérissaient la surface. La nuit, l’astre lointain se charge de dessiner les trajectoires en semant des poussières d’argent. Pas d’autres bruits que le clapotis de l’eau provoqué par mes mouvements. Continuer la lecture#P6 | Lambeaux de juillet

#P7 La petite table en fer

J’ai ouvert ma fenêtre sur une aube d’été. La promesse de l’amandier s’est réalisée en fruits oblongues d’un vert velouté et tendre qui se distinguent mal du feuillage mais que l’on devine aux courbures des branches par endroits. La colline éclairée se découpe sur un ciel luminescent sans tapage, d’un bleu pâle, que mes yeux peuplent de scintillements. Le grand Continuer la lecture#P7 La petite table en fer

#P7 (vers #P8) Au bois d’avril

C’est au bout d’un chemin après qu’on a quitté les pins — leurs fûts peignés de rose, d‘orange Fauve. Tu dépasses sur ta gauche le grand chêne scarifié. L’écorce brûlée vive comme un Soulage cylindrique. C’est après le grand chêne, que tu la vois enfoncée dans  le hallier— sa bécane avec son guidon en bélier—  et lui se perdre dans Continuer la lecture#P7 (vers #P8) Au bois d’avril

#P8 Agnès

Tu quittes ce monde comme tu y es entrée, les piedsnus.Le sol, sa chaleur, sa minéralité sont pour toides liens précieux au monde, pas seulement celui que tu parcours de ton pas lent et puissant chaque jour, pas seulementcelui que ton regard embrasse tout autour, pas seulementcelui que tu devines caché au-delà de la colline cette frontière quotidienneque tu sais Continuer la lecture#P8 Agnès

#P8 | Elle est signée de ton nom

Tu es la cadette du microcosme, longtemps. C’est ce qui fait ta singularité. Tu as le sentiment qu’une ligne est tracée. Qu’il est possible de s’en éloigner pour quelques pas, puis d’y revenir. De toute façon tu le sais bien, on t’appellera. Les regards toujours se tournent vers toi. Minuscule, tu fais tes premières nuits dans un lit bateau. Dans Continuer la lecture#P8 | Elle est signée de ton nom

#P8 Caravelles

Tu t’appelleras Vasco de Gama mon fils et tu auras un destin exceptionnel.Quelle fée s’est donc penchée sur ton berceau pour marquer ton front bas d’un coup de baguette tordue?Ce front, c’est vers l’immensité des océans, que tu le tournes invariablement, dès tes premiers pas. On te l’a chuchoté à peine né: rien n’est trop grand, trop beau pour toi. Continuer la lecture#P8 Caravelles