#chroniques #6 | junk food

1 | du monde la force d’observer le lever du jourau-dessus les troubles terrestresla force de regarder le monde s’émietterde jour en jouret puis, dans ce contexte décadentapprendre à s’éleverencore et encore 2 | le réel, le réel, encore le réel  In-N-Out, Burger King, McDonald’s, Five Guys, Shake Shack, Dunkin’, Taco Bell, Wendy’s, Chick-fil-A, KKC, Domino’s Pizza, Subway, Pizza Hut, Continuer la lecture#chroniques #6 | junk food

#chroniques #07 | Suppositions

1 | il est ainsi fait Je dis oui à l’aléatoire, à l’ambigu, au chancelant, au conditionnel, au confus, au discutable, à l’équivoque, à l’hypothétique, à l’indéfinissable, au problématique, à l’obscur, au vague. En résumé, je dis oui au monde, car il est ainsi fait. 2 | perte sèche Supposons que j’aie perdu mon disque dur dans le train, ce Continuer la lecture#chroniques #07 | Suppositions

#chroniques #07 | Saudade

1 | DU MONDE si seulement la gestion forestièresi seulement le profitsi seulement l’écoutesi seulement l’écologiesi seulementOuile monde tournerait autrement 2 | LE REEL, LE REEL, LE REEL, ENCORE LE REEL Supposons que Th. voyage de Paris en Indonésie pendant une année, ce qui est vrai.Supposons qu’avant de partir, il ait dit, je ne vais pas poster tous les soirs, sur Continuer la lecture#chroniques #07 | Saudade

#chroniques #07 | interrogations

1 Ce matin, j’ai dit oui à la rose qui m’a souri sous la pluie 2 Supposons que j’ai du mal à utiliser ce mot… Supposons que je l’utilise sans y croire… Supposons que j’écrive quand-même quelques phrases… Supposons que je préjuge sans savoir, que je soupçonne sans raison Supposons que supposer ne me semble pas donner des résultats fiables Continuer la lecture#chroniques #07 | interrogations

#chroniques #07 | Donner sans compter

1 |  Oui Oui au jour qui dessine ses reflets sur les feuilles argentées d’un orangerOui à la lumière qui danse dans les yeux d’un enfantOui aux faiseurs de rêves qui donnent sans compterOui aux semeurs d’étoiles sur les chemins des rêves 2 |Ce qui est vrai Supposons que la voix de mon père, sur le répondeur, semble plus vieille Continuer la lecture#chroniques #07 | Donner sans compter

#chroniques #07 | le monde comme il va

1. Du monde Dire oui au monde ? Oui, si seulement… 2. Suppose que ton smartphone ne te quitte plus, ce qui est vraiSuppose qu’il conserve tes photos et tes textos, ce qui est vraiSuppose qu’il garde en mémoire tes déplacements, ce qui est vraiSuppose qu’il les envoie tu ne sais ni où ni à qui, dans les nuages, ce qui Continuer la lecture#chroniques #07 | le monde comme il va

#chroniques #07 | Supposons

2. Supposons que je tape « chaise pliante Décathlon » en travaillant pour #chroniques été 26 sur un traitement de texte hors-ligne, ce qui est vrai. Supposons que je reçoive le lendemain une publicité pour l’objet au nom tapé, ce qui est vrai. Supposons que cet objet soit alors vanté et décrit adéquat, ce qui est vrai. Supposons que je m’en amuse Continuer la lecture#chroniques #07 | Supposons

#chroniques #07 | équanimité

  1. Oui au prochain pas, pied nu. Anachorète se dérobant, stylite descendant, immersion et bourdonnement : oui, oui, oui. Acquiescer à l’apparition des tentations palustres. Sans crier gare, le fond atteint le bout des pieds atteint notre imaginaire. Les yeux s’effarent dans la surface malachite et cherchent refuge dans l’immense voile céleste. Oui aux surgissements illusoires suivis d’un long relent fétide et humiliant. Oui à la fatigue qu’induit la nervosité et la peur… Oui à la dislocation, à la pointe du devoir impérieux et nu. Oui, prostré, tout ouïe, attentif à la vie du marécage. Oui, le pied bute et est coupé sur un véritable obstacle, enfin! Le saignement dure. L’écoulement réchauffe l’eau et la peau. Oui à l’équanimité quant aux conséquences. Oui – véritablement! au reflet sanguin – coalescence de l’Image et de la Chose. Et oui même à la fascination renouvelée par l’intuition de ce que serait le Monde. Oui, s’attendre au détour du Monde.
  2. Supposons que la feuille de décompte des heures est disparue de ma bannette, ce qui est vrai. Supposons que les feuilles n’aient pas d’autres utilité que pour communiquer ses heures à la secrétaire, ce qui est vrai. Supposons que la feuille retrouvée dans un classeur chez moi, ce qui est vrai. Supposons la gène occasionnée par cet évènement, ce qui est vrai.
    1. Trois cahiers noirs, mes journaux décrivant douze mois dans le Nord-Ouest de la France travaillant dans le secteur du pipeline.
    2. L’année sur la D775. 33km entre Derval et Redon. Parenthèse contemplative, écoute et conduite éclairant les arbres de cette ligne brisée au 12ème kilomètre à Guéméné-Penfao.
    3. Le Café Tempo à Guéméné-Penfao, lieu de pause où je lis les introductions et quelques pages des derniers livres reçus dans la boite aux lettres ou ceux achetés sur Redon – selon la météo, alternativement terrassé par la mélancolie ou le sublime de ma solitude.
    4. Un express et un Perrier tranche. Sauf les deux verres de cidre bus cette année. Un lors d’une conversation sur les rivalités entre les villages de pêcheurs de crustacés et coquillages et ceux de pêcheurs de poissons. Le dernier à la fin de mon contrat étonna la tenancière. C’est fascinant comme la peur d’être pleinement soi peut abstenir un être.
    5. Thierry Logie, le propriétaire d’Aquaperle, fut mon premier interlocuteur sur Redon. Son regard espiègle sous ses lunettes bleue cerclées de noir. Le type d’encre de Chine, le type de plume, le type de papier… Il me prodigua une attention et aborda le sujet avec une simplicité qui me poussa à croire au travail. Douze mois après mon départ d’Ille-et-Vilaine, il ferma définitivement son magasin.
    6. Le Cinéma Manivelle, machine à rêves, échappatoire temporaire pour retrouver nos chimères communes, une mise en rythme aux formes du cinéma actuel, assise hebdomadaire.
    7. La librairie Le Libre et la Tortue, son propriétaire et ma confidence : j’écris.
    8. La libraire Libelune, où je n’avoua rien de mon écriture.
    9. Le Nautic Café, devant lequel je me garais, sa terrasse où je lus avec trépidation l’Intuition de l’Instant de Bachelard, ses marginaux dont j’entendais avec tristesse l’écho de mon désir de libération de jeunesse.
    10. Le Shannon Café, sa terrasse surplombant le Nautic Café où je lus le texte de George Simmel sur l’amour, le mariage et la prostituée.
    11. L’écluse de la Digue de Saint-Nicolas-de-Redon, lieu de départ du chemin que je marchais si souvent. Un jour de saudade, j’y enregistra un message pour M***** où constellait déjà cette liste.
  3. Supposons que je sois actuellement disponible à une certaine intensité du désir de l’autre, ce qui n’est pas vrai. Supposons que je sache encore ce qu’est un désir, ce qui n’est pas vrai. Supposons que je sache vraiment ce qu’il en est de moi, ce qui n’est pas vrai. Supposons que la frustration de mon désir forme deux mains jointes à jamais, ce qui n’était pas vrai.

#chroniques #06 | «Manger le jour»

1 | Une force Un monde Une force qui ritUne force qui douteOù le monde touche s’étendOù le monde émerveillé se reprendComment nommer ce qui échappeComment articuler ce qui m’élève 2 | Manger le jour « T’as mangé, toi ? » « Tu manges bien, au moins ? » « Mange » « J’ai pas faim» « Mange quand même » Continuer la lecture#chroniques #06 | «Manger le jour»