#anthologie #03 | Le dentier

Les dents sont divines. Elles seront vivantes même quand elle sera morte. Leur noirceur bleutée de cadavre est un leurre de plus qui la mène vers le désastre. Il y a des zones du corps à ne plus investir. Des espaces qui parlent de dents et foudroient celle qui s’y aventure. L’enfant le sait. On ne franchit jamais la lisière Continuer la lecture#anthologie #03 | Le dentier

#anthologie #03 I Les auriculaires

Je m’en mêle, les retrouver au fond du sac, à l’aveugle, en marchant, le regard à l’horizon et la main qui s’enfonce dans le sac, sprofonda,  mon épaule qui remonte et mon corps penché de travers, suivre le fil dans les interstices entre les livres et les cahiers, imaginer les objets qui font obstructions et que j’ai oublié, le sachet Continuer la lecture#anthologie #03 I Les auriculaires

#Anthologie #07 | Avant le tapage.

28 juin. Cette nécessité à retrouver les mots qui viennent avec le jour. C’est en vérité un moment qui ne m’appartient plus, je le vois passer comme un moineau s’envole faute de miettes. Aujourd’hui pourtant, l’heure juste pour m’asseoir à la table de travail, c’est-à-dire à la bascule de la nuit, les grandes fenêtres face à ce morceau de parc Continuer la lecture#Anthologie #07 | Avant le tapage.

#anthologie#08 la porte exacte

Ma chambre : un wagon lit. Quand je suis assise sur mon lit, je vois l’enfilade du couloir desservant la salle de bain, la cuisine, la porte d’entrée, jusqu’aux deux fenêtres du salon. Mes parents passent d’une pièce à l’autre, ou plutôt des tranches de darons. A leur arrivée, enlevant leurs chaussures et rangeant leurs clés, ils s’inquiètent de ma Continuer la lecture#anthologie#08 la porte exacte

anthologie #07 | Les insomnies de Wenn

Je n’aime pas les volets fermés. Alors ils sont ouverts. J’ai mal aux jambes. C’est que j’ai trop marché. Parfois, j’ai été portée. mais ça n’est plus si souvent. Les rideaux sont tirés. Dehors il y a du vent. Sur le mur, se dessine l’ombre d’une branche. On croirait les jolis croisillons d’une toile d’araignée. Il ne fait jamais noir. Continuer la lectureanthologie #07 | Les insomnies de Wenn

#anthologie#05 #Déambulation

Deux fois – je n’ai pas compris ce que j’y faisais – déambulation – va et viens – extérieur à eux – extérieur à tout – extérieur à moi – dedans dehors comme me trouver dans le temps qui est le mien – Mon cerveau me joue des tours parfois – je ne vous comprends pas toujours – votre regard Continuer la lecture#anthologie#05 #Déambulation

anthologie #06 | Wenn au pavé

Seule dans la ruelle, je suis Wenn. Les herbes sous le réverbère se multiplient. Je patiente et la forêt pousse, fluorescente. Accroupie, j’attends la sortie des carabes, la danse des gendarmes, je cherche la faille entre les pavés qui désignera celui que l’on peut soulever. Je suis Wenn, dans le silence de la nuit, je détecte, les ouvertures et les Continuer la lectureanthologie #06 | Wenn au pavé

#anthologie #05 il a le poids de l’ombre dans les bras

Il marche et il ploie. Il ploie sous le poids d’une sorte d’ombre. Il a le poids de l’ombre dans les bras. Il ploie. Dans le poids de l’ombre il y a : La tête – étrange, meuble, en constante reformation selon un processus itératif. Le visage – (on peut parler ici du visage de l’ombre car elle a des yeux expressifs, Continuer la lecture#anthologie #05 il a le poids de l’ombre dans les bras

#anthologie #08(2) | en se levant

il était là depuis au moins six heures, penché sur le loquet de la porte de ma chambre qui ne voulait pas s’ouvrir et, voyant ma figure désolée, il a dit : si vous envisagiez ne serait-ce qu’un instant la chose du point de vue de la porte. Malgré la sûreté de ses gestes rien n’y faisait. Je savais que si Continuer la lecture#anthologie #08(2) | en se levant