#rectoverso #01 | le dedans du dehors

RECTO Un couple achète une glace sous les arcades de la ville de C. J’attend ma copine qui regarde des chaussures dans une petite boutique. De très vieilles fenêtres donnent sur la rue, pas un bruit ne s’en échappe. On marche sur des plaques d’égout où est inscrit « Ici commence le lac ». Pourtant, j’imagine difficilement y tremper mes Continuer la lecture#rectoverso #01 | le dedans du dehors

#rectoverso #01 | avec un petit signe d’au-revoir

RECTO Au milieu de la galerie marchande de carrefour, froide sans tellement de monde ni beaucoup de magasins ouverts non plus, reste le Pil’vite, enseigne lumineuse verte murs peints en jaune très pale. C’est le plus petit des magasins de l’allée, bien rangé, net, fonctionnel, les modèles de clé au mur bien présentés, au dessus, des pendules rondes carrées déstructurées Continuer la lecture#rectoverso #01 | avec un petit signe d’au-revoir

Boost #11ter | À travers les ruines

Je suis resté ici quand tout le monde était déjà parti. Ils couraient vers les hauteurs, comme si là-bas il pouvait y avoir quelque chose de neuf. Moi, je n’ai pas bougé. Je suis resté au bord du vide. Ce n’est pas que je n’aie pas eu peur. C’est juste que j’ai su, tout de suite, que ça ne changerait Continuer la lectureBoost #11ter | À travers les ruines

#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement

Nous avons fermé les yeux. Juste un instant. Pour espérer, pour ne plus voir. C’est là que le rêve s’est déplié en nous. C’était un espace sans bords, sans murs. Un lieu tapi dans l’interstice. Le déclenchement secret entre deux pensées, deux alternatives, dans une ville qu’on croyait connaître. Ce n’était pas l’espace qui se dilatait, mais le lien entre Continuer la lecture#Boost #11bis | Jusqu’à l’effacement

boost #11 | la pénombre et le vide

Nous étions perdus dans la ville détruite, il ne restait devant nous que carcasses d’immeubles, escaliers sans marche, appartements éventrés ; les câbles et les fils électriques pendaient dans le vide en se balançant. Nous ne savions pas où nous allions, nous ne savions pas ce que nous cherchions, aucune idée de ce que nous faisions là. Le soir descendait, Continuer la lectureboost #11 | la pénombre et le vide

#BOOST #00 | 48°53’16.4″N 2°20’08.7″E

Ce n’est pas le bout du monde. C’est un monde à part, en retrait. Un lieu secret découvert par hasard. Rien ne trahissait l’existence de ce passage clandestin, ce raccourci fermé par une lourde porte munie d’un digicode. C’est un bout de monde à l’intérieur d’un autre, un hameau enchâssé au cœur de la ville. Il permet de traverser d’un Continuer la lecture#BOOST #00 | 48°53’16.4″N 2°20’08.7″E

#04 sols&murs -sols bas murs hauts

Longtemps on n’a pu circuler sur la place qu’en empruntant les planches au dessus de la terre et du sable donnant aux traversées un petit air de place saint Marc les jours d’inondation. Des travaux de pharaon avaient été annoncés par des signes cabalistiques de couleur fluo, jaune ou orange, suivis des tranchées pour la reprise des canalisations, de gaz, d’électricité, Continuer la lecture#04 sols&murs -sols bas murs hauts

#écopoétique #08 | Muddy Water

Un air de saxophone s’étire de la passerelle. Sous l’un des piliers du pont, un tronc d’arbre en barrage a formé une nasse où s’entassent brindilles, branches, bouteilles en plastique, palette de chantier. Des herbes aquatiques lèchent le contrefort du mur. Des arbres ont retroussés leurs troncs après la décrue. Le clocher à l’envers visse sans fin la surface plane Continuer la lecture#écopoétique #08 | Muddy Water

#écopoétique #08 | un grand fleuve

Les roseaux se raréfient, le son de leurs grandes tiges sèches froissées par le vent disparait sous des couches de bruit de moteurs de tracteurs d’usines et de machines, les canards et poules d’eau vacant la tête dans l’eau croupie et la vase de mes rives ne s’aventurent plus jusqu’ici. Mon lit passe de sable caillou argile à béton et Continuer la lecture#écopoétique #08 | un grand fleuve

#anthologie #32 | Ville vague

J’aimerais être accompagnée ainsi. Leurs mains en biais se tiennent, leur bras, blancs, se croisent les uns les autres, leurs visages de profil, le rouge à lèvre encore visible, on voit à peine une touffe de cheveux noir qui sortent de leurs voiles couleurs vives, rouge, bleu, orange, vert émeraude, dans une tresse des bras et des voiles, elles forment Continuer la lecture#anthologie #32 | Ville vague