A propos de Elisabeth Saint-Michel

J'ai participé plusieurs fois aux ateliers de François Bon. J'y trouve une exigence et un rythmr qui me motivent. J'ai publié 4 livres dont le dernier, Cochon Pendu, a été largement nourri par la proposition 'Quelqu'un arrive quelque part" avec laquelle j'ai entamé mon récit, et celles qui ont suivi.

#voyages | Coeur battant des cités

Les faubourgs végètent sur une herbe pelée, des pylônes jalonnent un interminable terrain vague, coupé en deux par une route rectiligne, la voiture de loc connait la chanson, globule rouge véloce sur une artère qui peine à séduire, elle traine ses pneus, à chaque contrat, sur le goudron qui conduit à Sofia. София, nous y sommes, le panneau vient, dans Continuer la lecture#voyages | Coeur battant des cités

# La nuit d’avant | Ribouldingue du temps

Le temps fait ribouldingue, il ne s’écoule jamais aussi lentement que les nuits d’avant voyage et celle-ci ne fait pas exception, n’était-il pas déjà deux heures tout à l’heure, deux heures dix peut-être alors qu’il n’est que quinze et que cela semble une éternité, le temps est porteur d’insomnie et d’agitation, se coucher tôt pour se lever tôt et finalement Continuer la lecture# La nuit d’avant | Ribouldingue du temps

le double voyage | du beau dans les yeux

On atterrira à Dublin, on y passera trois jours au moins. Trinity College, Grafton street, Kilmainham, Saint Patrick, Saint Stephen’s Green. On écumera les pubs, on choisira les plus mythiques, on se posera au Temple Bar Pub ou au Brazen Head, on vérifiera si les Irish Coffee y ont leurs trois étages ou si le whisky est mélangé au café. Continuer la lecturele double voyage | du beau dans les yeux

Carnets individuels|Elisabeth Saint-Michel

# Instructions pour que continue le carnet Au-delà de l’incroyable, qui a lieu, qui donne à voir, qui se dit, se décrit, qui est incontestable et se décline en exclamations, au-delà du spectaculaire qui s’ébroue dans nos têtes (et dont on nous dit et redit qu’il mériterait tellement d’être écrit !), consigner soigneusement dans le carnet le minuscule, les imperceptibles chaos Continuer la lectureCarnets individuels|Elisabeth Saint-Michel

#carnets #prologue | un vert plus soutenu

C’est un intime à qui on a dit au revoir sans y prendre garde, on ne séparerait de lui sous aucun prétexte mais il a vieilli, on a continué à prendre soin de lui, mais de plus loin. Ailleurs que dans le sac, la poche, le comptoir mal essuyé, la boîte à gants, le canapé, il a trouvé ses marques. Continuer la lecture#carnets #prologue | un vert plus soutenu

#L13 | toquée

Toquée toquée toquée j’ai l’soupirail à l’envers il parait qui a dit ça ? trou de mémoire décousue la cervelle toquée qui a dit ça en premier pas moyen de revoir les yeux pas moyen de revenir sur l’image soupirail à l’envers ça les a fait marrer c’est resté la cave au grenier que j’aurais la tête en rase moquette et Continuer la lecture#L13 | toquée

#L12 | vous avez des bagages?

– Vous avez des bagages? Sa sacoche, où est-elle ? Il l’a abandonnée là tout à l’heure, quand il est monté. Elle s’affaisse. Ce n’est pas un bagage, c’est du bidon. Un bagage ça a de l’allure, ça sent le cuir en version souple, c’est du solide, de l’indéformable en version rigide, ça peut en contenir des choses, oui, ça en Continuer la lecture#L12 | vous avez des bagages?

#L11 | envie

Anonymes, certains le sont restés, d’autres identifiés, Joseph Eckner, Joe Curtis, le troisième en partant de la droite… Aller sur place, voir les buildings, prendre un ascenseur, au 69éme étage, mesurer le vide, la raison y renonce, la vie s’inscrit autrement, pas le budget, pas l’anglais qu’il faut pour ne pas être ridicule, et l’énergie … l’énergie, elle rétropédale. Il Continuer la lecture#L11 | envie

#P10 | Viens je te dis

Si tu ne sors pas de là je viens te chercher moi-même, l’adulte est là, il est grand, sa voix est grave et sans tendresse, c’est la dernière fois que je te le dis, sors de là, non, comment non, tu fais l’insolent, sais-tu qui des enfants ou des adultes décident ici, non, l’enfant s’obstine, non non je viendrai pas, Continuer la lecture#P10 | Viens je te dis

hors-série #2 | le juke-box

Si on lui faisait le coup de la personnification, peut-être jouerait-il les gros bras, faisant miroiter ses chromes, briller ses vitres et clignoter ses néons. Au fil des ans, bien sûr, il a terni, le plateau vitré qui ouvre sur les disques coulisse moins bien, certaines étiquettes sont écornées, on note çà et là griffures et rayures mais il garde Continuer la lecturehors-série #2 | le juke-box