A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

#P7 | Le marais

La conche présente un tracé rectiligne. De-ci delà, de petites ondulations discrètes animent la surface de l’eau. La lumière se fragmente et se déplace au gré du vent. Les troncs noirs, puis bruns s’éclaircissent sur le côté, là où la lumière, pénètre à travers les branches pour frapper l’eau. Frapper ? Non : oindre. Par endroit, un mélange d’huile et Continuer la lecture#P7 | Le marais

#L6 | Un dernier désir dans l’air bleui

La journée s’écoule. La journée s’écoule depuis des siècles. Le lieu-dit perçoit. Et la journée, les siècles n’y suffisent pas. Il perçoit l’édicule, la fissure, la surface, la texture. La chaleur envahit le caniveau là, quand l’ombre ici, s’étale sur une place. L’infime variation des lumières, des températures. Il perçoit la terre meuble sous le bitume, sous les couches de Continuer la lecture#L6 | Un dernier désir dans l’air bleui

#P6| Où tout se désassemble

« Quand le monde était de cinq siècles plus jeune qu’aujourd’hui, les événements de la vie se détachaient avec des contours plus marqués. De l’adversité au bonheur, la distance semblait plus grande ; toute expérience avait encore ce degré d’immédiat et d’absolu qu’ont le plaisir et la peine dans l’esprit d’un enfant. » Johan Huizinga, l’Automne du Moyen-Âge 1.Semaine Dimanche 18 juilletIls Continuer la lecture#P6| Où tout se désassemble

#L5 I Broder d’or la poussière ou Le dytique

Partie III – Cacophonie (…) les bruits assourdis par l’eau, et parce que certains d’entre nous ne sont pas des hommes, mais bel et bien des saumons. Madame vous savez, cette porte n’a pas toujours grincé. C’est qu’autrefois, les gonds étaient huilés, soigneusement, par l’homme de la maison, l’homme aux chiens. Une huile collante, odorante, couleur garance. La main gardait Continuer la lecture#L5 I Broder d’or la poussière ou Le dytique

#P5 |Trembleur comme une flamme

La lanière qui claque, s’enfonce et glisse, le picotement et la brûlure, la lueur jaune, incandescente, rouge puis jaune et la fonte enfin, du corps et des entrailles au beau milieu d’un seau, un seau plein d’un métal crémeux comme du miel. Espace entre haut et bas, entre air et peau, entre passé et présent, entre identité et univers, entre Continuer la lecture#P5 |Trembleur comme une flamme

#P4 | Bonjour, ça va ? ou Perforation

Il arrive. C’est un couloir long. Anticiper. Il s’approche. Je transpire. Je regarde ailleurs. Pourtant, il est en face. Bonjour, ça va ? Il repart. Pas le temps de répondre : Bonjour à son Bonjour. Il a déjà dit, ça va ? Sans pause, sans interlude, sans entracte. Pas le temps de dire oui, non, comme ci comme ça, la Continuer la lecture#P4 | Bonjour, ça va ? ou Perforation

#L4 | Flânerie, fadeur et farfadets

Des Mille et unes nuits : le foisonnement, le merveilleux, la cassure, l’enchevêtrement, la continuité, et le tissage, laissant en soi pour la suite le rythme et la trace du conte. D’Hoffmann, l’Homme aux sables, les Mines de Falun : parce que le marchand de sable n’est jamais celui que vous croyez et pour l’amertume, la lumière et l’obscurité au Continuer la lecture#L4 | Flânerie, fadeur et farfadets

#P3 | Communion

Les flocons s’éparpillent au centre de la casserole : un petit tas farineux. Le lait ou l’eau. La mixture chauffe, prend, du fait de la présence de l’amidon, une texture gélatineuse. La masse gonfle, de grosses bulles éclatent en surface, gluantes. Elle refroidit, se contracte, se durcit. La cuiller pénètre dans la matière crémeuse. Portée bien haut, elle laisse échapper Continuer la lecture#P3 | Communion

#L2 | Le ciel est de cuivre sans lueur aucune

Partie I : Le presque rien La porte est de bois. Un bois dur, un bois ancien, un bois verni sillonné de veines, veinules… Un bois de chêne. Un bois issu des forêts plus au Nord où musardaient les porcs et les sangliers, où le pas de l’homme s’enfonçait parfois, dans la mousse. Par endroit l’eau sinuait en filets ténus. Continuer la lecture#L2 | Le ciel est de cuivre sans lueur aucune

#P2 | Corruption et pamplemousse

il a été crucifié dit-on, puis a ressuscité dit-on. Ce qu’ils ont dit, puis d’autres ont dit, d’autres ont suivi : les nestoriens ont dit, les manichéens ont dit, les monophysites ont dit, les chalcédoniens ont dit, les anoméens ont dit. Ils étaient trois puis un mais en fait un deux trois crucifié puis ressuscité homme dieu verbe, le verbe Continuer la lecture#P2 | Corruption et pamplemousse