A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

autobiographies #02 | la petite boutique des horreurs

Il excelle en mathématiques. Il y a les mathématiques et Heidegger et le piano. Il peint les murs en rouge. Exceptionnellement brillant. Dans sa chambre, il écoute des discours nazis et rit. Tout est une farce. Un talent remarquable. Il racle le sol quand il marche. Je hais les tristes. Il se promène sur les toits la nuit. Il se prend pour Belmondo. Il a le sourire Continuer la lectureautobiographies #02 | la petite boutique des horreurs

autobiographie #01 | Papier de verre

Le vent. Le paysage en larges bandes, liserés de sable, d’eau et de ciel. Le contact mouillé des pierres lisses, tranchantes, parfois ourlées d’algues molles. Le pied glisse, se rattrape, échoue dans le sable vaseux. C’est marée basse. Le picotement du sel. Lentement grignote et corrode. Sel, vent, sable. Paysage papier de verre. Le temps n’existe pas. Ce qui flue Continuer la lectureautobiographie #01 | Papier de verre

#L12 | De merveilles et de chimères

Si je vous disais moi… Ce soir là sous la clarté de la lune, j’ai vu un temps le long corps agile évoluer dans l’eau. Aspiré vers le haut par l’air gonflant ses poumons il s’accrochait aux algues, branchages et racines et s’enfonçait profondément, tout au fond, au fond du canal, dans ces espaces insoupçonnés sous la coque endormie des Continuer la lecture#L12 | De merveilles et de chimères

#P11 | Être chez soi, d’abord : une chorégraphie.

Dis, tu crois qu’elle reviendra ?Je ne sais pas.Tu l’as bien connue ?Oui.Tu me racontes comment c’était ?Des fois on ne l’entendait pas. Ou alors, un bruissement, un frisson une densité. On ne l’entendait pas elle. On entendait le pas des passants sur le pavé. Ça claquait vif et sourd. Tout claquait sourd. Les talons sur le pavé et les Continuer la lecture#P11 | Être chez soi, d’abord : une chorégraphie.

#L11 | La poussière et la soupente

Non pas une histoire mais plusieurs.Non pas un lieu mais plusieurs.Non pas un élément mais plusieurs.Non pas un corps, mais morceaux, bribes, entrelacs.Non pas l’unité mais le filament.Non pas la pensée mais la pesanteur de l’air et des courants d’air chaud et des courants d’air froid.Non pas la langue mais l’intention.Non pas le mouvement mais la poussée.Non pas la route Continuer la lecture#L11 | La poussière et la soupente

#L10 | L’écheveau du sort

Une ville illuminée entrevue une nuit, des bulles d’air colorées traversées de lumière ainsi qu’une nuée de lampions, les coques de phryganes toutes d’or et de pierres précieuses reposent telles des sépulcres, des corps chimères, mi peau mi cartilage, des insectes volants aux ailes déployées marchant au fond de l’eau, ville de carnaval, subaquatique, ville lumière, ville à fonder. #P8 Continuer la lecture#L10 | L’écheveau du sort

hors-série #2 | la planche à découper

Le bois. Sur le bois, des lignes, des traces, des filaments blancs qui s’échappent là où la fibre s’use. Parfois des rigoles sur le pourtour. Sur la planche, des légumes. Des oignons, de l’ail dont le parfum, longtemps, imbibe le bois. Des courgettes, des poivrons. Le bruit sec, chuinté, rythmique du couteau. Tchak Tchak Tchak. Échos de la cuisine, audible Continuer la lecturehors-série #2 | la planche à découper

#L9 | Clé de sol

Le sol est vivant. Partie vivante de la géosphère. Couche la plus externe de la croûte terrestre. Résulte de la dégradation de la roche mère. S’enrichit de processus organiques. Il y a vie, microbienne, animale, végétale : la croûte se fait sol. Les mécanismes de naissance d’un sol sont dits de pédogenèse. A la pédogenèse s’associe l’action spécifique de l’homme, Continuer la lecture#L9 | Clé de sol

#P8 | La maladive exhalaison ou Le dytique(2)

(…) Parmi la maladive exhalaison De parfums lourds et chauds, dont le poison —Dahlia, lys, tulipe et renoncule— Noyant mes sens, mon âme et ma raison, Mêle, dans une immense pâmoison, Le Souvenir avec le Crépuscule. Paul Verlaine, Crépuscule du soir mystique, Les Poèmes saturniens Des odeurs âcres de pierre, d’urine et d’étoffes mal lavées imprègnent les couloirs et les Continuer la lecture#P8 | La maladive exhalaison ou Le dytique(2)

#L8 | Fondation

Elle arrive     dans ce lieu       où d’autres avant elle     ont passé       et pose le pied            sur le sol         et sous ce sol… tant de strates, tant d’histoires, tant de pieds aussi avant elle, si bien que le mouvement de ce pied là       qu’elle pose Continuer la lecture#L8 | Fondation