#40jours #09 | au feu

Le feu est vert. Les véhicules passent. En face, des gens attendent de pouvoir traverser. Un moment lent d’attente, si court, et si long quand coupé dans son élan. Un homme au visage rond regarde dans un sens et dans l’autre. Ses jambes nues continuent à courir sur place. Son torse projeté en avant comme si sa poitrine et son Continuer la lecture#40jours #09 | au feu

#40jours #09 | la valse invisible.

La foule comme un océan. Les millions d’êtres qui la composent, comme atomes agglomérés, se propulsent en hautes vagues qui montent puis retombent, reculent et avancent à nouveau. C’est une immense communauté, de gestes, de destin, c’est une pulsation universelle, une colossale certitude qui submerge tout ce qui pourrait l’interroger. Pourtant, l’un d’eux vient de rompre le flux ou plus Continuer la lecture#40jours #09 | la valse invisible.

#40jours #09 | (2) portraits sans nom ( ou presque)

Lui, c’est ce costume sombre marine; les épaules étroites roulées vers l’avant, des mains aux doigts courts qu’il croise et décroise. Une fine moustache lui a poussé, il la taille avec de petits ciseaux. En faisant attention. Sa peur des lames. Sa prudence pour tout. Pour rien. Cette moustache comme un trait d’ombre entre la bouche et le nez. Une Continuer la lecture#40jours #09 | (2) portraits sans nom ( ou presque)

#40jours #05 | Cold case

Ce serait comme retourner sur une scène de crime, entrer dans un souvenir obscur, on gravirait les marches de béton, on pousserait la lourde porte – bois et verre dépoli – pour se retrouver dans un vestibule rectangulaire desservant quatre pièces, dallage frais, du seuil on hésiterait dans la pénombre – papier jaune foncé au motif provençal – en regardant Continuer la lecture#40jours #05 | Cold case

#40jours #08 | d’une gare à l’autre

Comme des bouts de phrases abandonnés sur une page de carnet, les sensations au sortir d’une gare dont on a l’habitude sont fragmentées, pleines d’ombres et de lumières et butent sur une façade d’immeuble dont on n’avait jamais remarqué cette teinte jaune, ni cet arbre que l’on trouve bien seul sur l’esplanade, ni la rue menant au centre-ville qui semble Continuer la lecture#40jours #08 | d’une gare à l’autre

#40jours #04 | sols poussière

des mois sans pluie, poussière infiltrée dans la moindre fissure, poussière de déserts lointains | première impulsion à franchir le seuil de porte qui déborde sur la rue marqué d’impacts de roues qui ont frotté, avec le bon pied et non sans précaution | accéder à la partie bitume (incessantes variations de niveau) | partout sols en réclamation d’hydratation, donc Continuer la lecture#40jours #04 | sols poussière

#40jours #09 | instantané dans un train

Ils sont sont assis au centre de la voiture. Face-à-face dans le carré famille. Elle, la cinquantaine, avec des cheveux noirs coupés au carré. La tête penchée sur un livre ouvert qu’elle tient posé sur la table en plastique qui se trouve devant. Elle sourit. Lui, mince et grand. Il paraît grand car sa tête dépasse les repose-tête mais il Continuer la lecture#40jours #09 | instantané dans un train

#40jours #09 | portraits (presque) ratés

Il y a toujours un moment où on a envie de sortir de la ville … On part sur les routes des Alpes, à la recherche d’un camp militaire ou d’autre chose qui ne ressemble pas du tout à l’endroit où l’on vit. On choisit une intersaison pour pouvoir profiter du paysage sans grelotter. On fait forcément de drôles de Continuer la lecture#40jours #09 | portraits (presque) ratés

#40 jours #09 | Deodata

Je ne l’ai vue que deux fois dans ce magasin bric-à-brac qui vend des journaux, des babioles en plastique, des cigarettes, des billets de loterie, et c’est surtout cela que les clients viennent acheter, mus par ce sentiment de pensée magique qui hante ceux qui n’ont plus rien à quoi s’attendre. Soixante, soixante-dix ans tout au plus, je n’ai jamais Continuer la lecture#40 jours #09 | Deodata