#40jours #01 | un fusil de pierre

Un fusil de pierre est tenu d’une main de pierre par un soldat de pierre à la gueule tragique, les autres gueules aussi, des gars très réalistes, « Enfants des Bouches-du-Rhône morts pour la France pendant la guerre de 1870-1871 » avec leur barda, leur béret, leur képi, il y en a même un avec un casque à plumet, façon guerrier antique Continuer la lecture#40jours #01 | un fusil de pierre

#40jours #01 | Derrière les planches

Une main velue osseuse tourne hâtivement une partition sur le lutrin du piano droit au bois sombre où dorment des napperons blancs des photos un naja bougeoir en métal jaune deux vases brillants de Safi aux feuilles d’acanthe bleues et sur le mur la reproduction d’un tableau de Dali à gauche une cloison en fer forgé un cache-pot en macramé Continuer la lecture#40jours #01 | Derrière les planches

#40jours #prologue | sous

l’eau plate l’odeur stagnantede la vase parfois des sautssous l’eau grouillej’entends les oiseaux dans les broussailles -des rousserolles turdoïdes- à l’ouïe humaine conversation inaudibleclapotisvirées libellulesje pense à Evinrude -les références de l’enfance plein espace-un silure de deux mètres a été pêché dans le lac : on imagine pas la taille lorsqu’on s’ enfonce sousplus loin une plaque en béton qui Continuer la lecture#40jours #prologue | sous

transversales #06 | philosophie au parking

J’hésite à faire la Transversale # 6 du Tiers Livre : je ne fais rien d’autre en « écrivant l’Année » que de noter quand j’écris, comment et les questions que cela soulève. Mais la forme proposée me fait de l’œil et puis il y a toujours la bonne compagnie… Bref, j’en étais là de ces considérations quand je me suis retrouvée à traverser Continuer la lecturetransversales #06 | philosophie au parking

transversales #06 | à la fin de l’envoi, je touche.

La petite va s’éveiller, il faudra que le biberon soit chaud, il faudra le lui donner, la câliner, la distraire, l’aimer, l’entourer, donner à son petit corps sensation de présence et d’enveloppement, puis lui ouvrir le monde avec les bruits, les objets, le jardin. Il faudrait avant cela écrire dans l’urgence, voilà qu’en plus il faudrait que ce soit dans Continuer la lecturetransversales #06 | à la fin de l’envoi, je touche.

dialogues #05 | quatre mille caractères sans bouche

C’était une femme sans bouche. Pourtant j’avais bien entendu une voix dans l’interphone. ─ Je voudrais des nouvelles de Paul. D’habitude, je ne réponds même pas à l’interphone. D’un côté, je n’ai pas regretté, c’était une belle femme, en jupe assez courte. Une fois devant elle, je ne savais que répéter. ─ Vous voudriez des nouvelles de Paul… Il sortit Continuer la lecturedialogues #05 | quatre mille caractères sans bouche

dialogue #04 | vous, elles

Vous vous relèverez la nuit pour entendre son souffle, guetter un mouvement du corps, une exhalation vous suffira ou un tressaillement infime d’un bras ou de la tête, encore faut-il le percevoir tant est faible la lumière hésitante à se faufiler par l’interstice des rideaux soigneusement tirés plus tôt juste avant la berceuse du soir, mais non vous n’aurez pas Continuer la lecturedialogue #04 | vous, elles

vers un écrire/film #01 | confidence

l’enfant Doria — fille de Mermel — a franchi les remparts, elle cherche des petites choses à enfiler pour faire des colliers, elle pense que sur le talus là-bas en marchant vers la forêt la neige sera moins épaisse et qu’elle y trouvera des graines enfouies, elle avance et soudain elle les voit, elle les reconnaît tout de suite même Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | confidence

Vers un écrire/film #6 : Hercule furieux au ralenti

L’homme s’arrête d’un coup, le mouvement reste en suspens. Pour franchir le seuil de la folie, il n’y a qu’un seul pas, un pas qu’il peut retenir, un mouvement qu’il peut contenir. Un instant, il hésite, lutte contre les ténèbres qui l’envahissent. Il veut dissiper les brumes qui obscurcissent son esprit. La jambe droite à peine levée retombe. Flash. Les Continuer la lectureVers un écrire/film #6 : Hercule furieux au ralenti

autobiographies #15 | le Paranoïkot

« Et Bloom, entre-temps, promène son regard et place mentalement la ponctuation appropriée dans l’architecture qui l’entoure. Des virgules en guise de brèves séparations entre deux espaces, un point final en guise de séparation plus marquée, deux points sur la porte qui s’ouvre sur de nouvelles perspectives. » ( : Gonçalo M. Tavares  Un voyage en Inde : ) En septembre 1975, quelques étudiant-e-s en psychologie Continuer la lectureautobiographies #15 | le Paranoïkot