autobiographies #08 | salon fin de race

Le salon endeuillé ; les rideaux tirés ; vue floutée sur l’immeuble en vis à vis ; en briques rouges ; réplique de celui-ci mais à la courbe inversée ; au même étage l’ami ; au premier l’espéré, au rez-de-chaussée le coiffeur-visagiste ; un iste en vaut bien un autre ; entre les deux immeubles le feu rouge ; bruits de freinage et de débrayage incessants ; l’habitude ; à Continuer la lectureautobiographies #08 | salon fin de race

autobiographies #08 | Triplieux

la cage d’escalier ; des plaques froides à la largeur des marches ; imitation marbre sans doute mais appellation courante de fromage de tête ; head cheese ; froid à y pleurer ; sous le regard du lucarneau à la vitre dépolie ; passage violent des phares à travers ; so violent ; des murs à oublier sans doute ; puisqu’oubliés ; forgotten for ever ; la porte avec l’oeil-de-boeuf ; une Continuer la lectureautobiographies #08 | Triplieux

autobiographies #07 | portes

La porte de l’atelier / La porte du salon bleu /Le fauteuil et la dame assise, le miroir qui reflète les silhouettes, on ne regarde pas le miroir. Les deux portes de la cuisine, parce qu’on rentre par la cuisine, par une première porte / on arrive dans la grande pièce par une autre porte. Une fois dans la grande pièce, Continuer la lectureautobiographies #07 | portes

autobiographies #03 | arbres

Il y a ce cerisier là- haut : tombé, racines en l’air depuis plus d’un an. Au printemps, il a fleuri et fait des feuilles,comme si de rien n’était. Mais n’est jamais venue la saison des fruits. Ça s’est arrêté là, jachère. Personne ne l’a tronçonné, déblayé : il gît encore dans le jardin abandonné, avec encore un air de dignité, celle Continuer la lectureautobiographies #03 | arbres

la fabrique | Écrire l’automne VII

Je me souviens d’avoir entendu f dire : quand on en est à écrire dix pages par jour. C’est se mettre à travailler d’une certaine façon. Comme de partir tôt le matin pour marcher, ou faire du vélo. J’ai devant moins six jours pour faire quelque chose de cet acabit. Je ne vais pas compter les pages. Mais je vais ouvrir la boîte du temps pour le manuscrit. C’est déjà bien en train. J’ai une botte secrète… Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’automne VII

hors-série #2 | Reporter

Le mot «Reporter» est gravé sur la coque grise mais aucune marque n’apparait sur le corps de l’appareil lui-même. Il est en plastique rigide, d’un gris plus foncé que celui de la coque, bordé de métal et d’une extrême simplicité: un bouton pressoir, une molette avec une flèche noire sur le dessus et deux encoches permettant probablement d’insérer un flash. Continuer la lecturehors-série #2 | Reporter

autobiographies #06 | train couchette

le corps assis sur le banc à lamelles de bois blond qui collent à la peau des cuisses, s’y impriment, le bruit de ventouse qui lâche à soulever une jambe de temps en temps, puis l’autre, habillé d’une robe trop courte pour les protéger,  la pelle rouge rangée tout au fond du porte-bagage à treillis métallique bien parallèlement à la Continuer la lectureautobiographies #06 | train couchette

#L13 | toquée

Toquée toquée toquée j’ai l’soupirail à l’envers il parait qui a dit ça ? trou de mémoire décousue la cervelle toquée qui a dit ça en premier pas moyen de revoir les yeux pas moyen de revenir sur l’image soupirail à l’envers ça les a fait marrer c’est resté la cave au grenier que j’aurais la tête en rase moquette et Continuer la lecture#L13 | toquée

autobiographies #04 | les amies de ma mère

Ma mère s’appelait Noëlle. On en plaisantait bien. Entre la mère Noël et l’écologiste nous avions le choix. D’où un goût, une attention, pour les noms qui disent des mots. Longtemps après son décès survenu quand j’étais jeune, replonger dans son univers, dans cette époque des années cinquante, voir écrits le nom des lieux qu’elle fréquentait, le nom des personnes Continuer la lectureautobiographies #04 | les amies de ma mère