#anthologie #24 | gens qui mangent

Quelque part dans ma tête tout était parti des images du premier volet de la trilogie inquiète de Godfrey Reggio. Depuis Koyaanisqatsi je n’ai jamais pu manger dans un lieu public sans fixer mon regard sur la bouche, les dents, les gestes des gens qui mangent, portent la nourriture à leur bouche, mordent, arrachent, mâchent, avalent. Souvent une folle envie Continuer la lecture#anthologie #24 | gens qui mangent

#anthologie #23 l Encore plus bas

Je suis de retour. Les images familières s’imposent et effacent celles dans lesquelles j’ai baigné pendant mon séjour à Istanbul. Une longue descente. J’avais pensé au début à une superposition. Aux images du Grand Amilra se superposaient des images de la route de la Jaille ou du rond point de Valkaners. Aujourd’hui je préfère penser à une plongée. Je plonge Continuer la lecture#anthologie #23 l Encore plus bas

#anthologie #22 | je me souviens

Je vois des gens marcher dans la rue comme si de rien n’était. J’aurais presque envie de les arrêter pour leur dire que cette rue est celle de mon enfance, et que s’ils le voulaient, je pourrais leur conter l’histoire de ce lieu, et faire la description de tous les commerces qui occupaient les pas-de-porte de cet alors. Je me Continuer la lecture#anthologie #22 | je me souviens

#anthologie #11 | Arrivée tardive

Quelques grains de sable se promènent sous ses vêtements Démangeaisons Joséphine descend la première avec les valises et se retourne pour attraper les filles, elles ont de petits yeux Les journées d’été plus longues ont faussées son jugement, Joséphine ne prendra plus de train arrivant si tard pour rentrer de Mers-les-Bains Les quais sont éclairés par de furieux lampadaires dont Continuer la lecture#anthologie #11 | Arrivée tardive

#anthologie #22 | Maison Capdetrey

1975, maison Capdetrey, Aulon (65) C’est d’abord une odeur de poussière, une odeur de poussière et de miel, de miel mêlé à l’odeur du bois, un bois de sapin, celui des volets restés fermés plusieurs mois et derrière lesquels on découvre les alvéoles jaunes de miel collant. C’est le bourdonnement des abeilles dans le silence obscur de la maison laissée Continuer la lecture#anthologie #22 | Maison Capdetrey

#anthologie #23 | jusqu’à la zone hadopélagique

Lorsqu’elle va en vacances chez ses parents, elle aime se baigner au large, loin de l’activité débordante de la plage, loin de la musique crachée par les radios et les enceintes des vacanciers, loin des éclats de voix joyeux ou agressifs, loin des conversations futiles, loin des cris des mouettes, loin des rires des enfants. Fuir ! là-bas fuir ! Elle se fait Continuer la lecture#anthologie #23 | jusqu’à la zone hadopélagique

#anthologie #18 | photos

Pochette verte à photos
Livrets de famille, cartes d’identité, carnets militaires, actes de décès, lettres, photos d’identité, photos de mariage, photos de repas de famille, peu nombreuses finalement, venues d’un temps où l’on ne possédait pas soi-même un appareil photo. Des traces à partir desquels reconstruire des vies avec des mots. 

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#anthologie #23 | Sara la noire

#Anthologie#23 : Sara la noire Sous les piliers de pierre et les dalles usées de Notre-Dame-de-la-Mer, église à clocher de cinq niches et cinq cloches découpées dans le ciel bleu au-dessus d’une ville basse, sur fond immaculé de Méditerranée, l’escalier étroit aux marches creusées par des pieds de pèlerins innombrables descend vers la crypte, laquelle crypte est saturée de chaleur, saturée Continuer la lecture#anthologie #23 | Sara la noire

#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

Maurice Il a perdu sa fille quand elle avait vingt ans (1) en 1948 (2) après la guerre il habitait encore dans le Nord. Personne ne parlait de cette jeune femme sur la photo encadrée dans le salon on m’a peut-être dit qu’elle s’appelait Liliane je trouvais que ça lui allait bien qu’elle était belle comme une actrice avec sa Continuer la lecture#anthologie #21 | Et plus personne pour me le dire

#Anthologie #20 | De toi comme si je t’avais connu

Maintenant j’ai trois photos de toi, trois clichés qui ne sont pas à moi, ils s’ajoutent aux quelques images qu’on peut trouver dans le grand album sans pages de la toile. Elles sont la promesse d’une nouvelle correspondance, toi qui as porté les miennes (celles des autres aussi, je le sais, c’est le hors champ de notre cadre) et qui Continuer la lecture#Anthologie #20 | De toi comme si je t’avais connu