#01_border les petits

un nuage de bruit sur les souvenirs existent        pour les bordés du soir                et les effractés de nuit tant pis                             les corps rassurés deviennent légersune odeur d’Orient sous payé dépensent en manège le sourire des gardes d’enfants                       un pingouin dans le sable enterré                           capture la liberté et des sauts basculent sous métro                    attention dit le Continuer la lecture#01_border les petits

#00, prologue_fraise des bois

Une bouche de fraise s’égare sans conscience au bois engloutit                 quenottes blanches sur cris d’effraie une robe tachée de rouge petite fille repue                        les poils doux du chien bleu transpercent les parents d’inédit        ça luit                   n’oublie pas pourtant rien que la substance des mots qui racontent ce qui n’existe plus

#enfances #04 I Walter Benjamin, un petit 38

Ouvrir la fenêtre au vent chargé d’embruns, résidu de tempête arrivant de l’ouest mêlé à la vague d’air froid en provenance du nord. Il prend de plein fouet le bâtiment posé en travers de sa route, s’engouffre dans la chambre, fait chuter les températures. Se déshabiller devant la fenêtre et commencer à grelotter. L’air glacé saisit le corps, le raidit, Continuer la lecture#enfances #04 I Walter Benjamin, un petit 38

#enfances #04 | Bains

Point de départ la porte d’entrée, remontée en courant, après avoir couru, le produit tout rouge fera mieux son effet ? ou alors prendre le mal par surprise, le surprendre alors qu’il ne s’y attend le moins et dans le rouge, tu as compris, tu es surpris -demain aller à l’école, j’ai surpris la rougeole, devenue toute rouge, se lever dans Continuer la lecture#enfances #04 | Bains

#enfances #04 |  garder le lit

Se lover comme un fœtus dans le creux de l’oreille à écouter la vie entendre le glouglou utérin comme un rêve lointain le regard amniotique la lumière balayant un brouillard fiévreux mériter l’inconscience à toute épreuve de l’école obligatoire avec pour seule obligation garder le lit, de ses lèvres maternelles prononcer la sentence un gros trente-neuf thermométrer pour vérification énoncer Continuer la lecture#enfances #04 |  garder le lit

#enfances #04 | l’oreille

Un bonjour tonitruant dans le couloir, les retours de classe, les pas dans le couloir vers les chambres d’enfants. Tourner avec précaution la tête, appuyer joue gauche sur le drap, faire face à la porte, le bec de cane remue. Entrouvrir paupières, juste une fente, regard filtré par les cils, bouche un peu ouverte comme quand on dort. Une tête, Continuer la lecture#enfances #04 | l’oreille

#enfances #03 | épinglée

Epinglée, chassée, voilà ce que l’on fait aux souillons. L’index dressé de la toute puissance a tranché, choisi le châtiment. Mademoiselle m’attrape par le col pour accrocher avec une épingle anglaise le cahier où l’irréparable a été commis. Épinglée, chassée, condamnée à toquer aux différentes classes pour montrer la tâche, le trou, ce qu’il faut surtout ne jamais faire. Pourtant Continuer la lecture#enfances #03 | épinglée

#enfances #04 | confiance

Tenir l’enfant dans les bras. Avec tout l’abandon que lui donne une forte fièvre venue dont ne sait où. Sa fragilité ainsi offerte. Ne pas pouvoir poser l’enfant nulle part. Respirer son souffle. Le guetter avec angoisse. Espérer un mieux.. Toucher le front à intervalles réguliers. Sursauter à chaque quinte de toux épuisante. Vouloir soulager. Être inefficace. Sentir l’enfant rechercher Continuer la lecture#enfances #04 | confiance

#enfances #04 | Pas de chambre

En ce temps-là, pas de chambre dans la maison où me rapatriaient rougeole, oreillons, rubéole ou maladies plus banales. Pour se tenir au chaud, la cuisine et sa cuisinière à charbon. Tout, dans la cuisine ! Le petit fauteuil en rotin juste à ma taille, et aussi possible de s’y mettre debout aussi pour faire l’agent de la circulation. Les livres Continuer la lecture#enfances #04 | Pas de chambre

#enfances #04 | la distance de l’infinitif pour le corps écrivant

La chambre de l’enfant où il ne règne pas, c’est un domaine où il ne pénètre pas, c’est le territoire de la mère. Lui, passe devant la porte, encadre son corps dans l’ouverture. Le tablier blanc qui s’arrête à mi-cuisse du pantalon, avec son col en V. La chemise par-dessous, avec le col qui dépasse. Tout est en place. Tout Continuer la lecture#enfances #04 | la distance de l’infinitif pour le corps écrivant