#enfances #03 | L’autre côté

Traverser d’un pas. Je vois l’autre côté. L’impact fissurant mon monde. Je ne les vois plus. La faille grandissant. La perte définitive. J’apprends. Explorer. Se perdre dans les souterrains les sous-sols les bas-fonds derrière les mots. Ils ont disparu. Elle n’ose pas regarder autour, peur d’imaginer dans l’ombre des arbres, ils y sont cachés. Sortez ! elle dit. Se perdre. Consolider. Continuer la lecture#enfances #03 | L’autre côté

#enfances #04 | la pince guillotine

Retourner à la maison, entourée de la chaleur des bras de son père de la douceur des mains de sa mère sur son visage, percevoir encore ce flot de sang couler de la bouche, du fond de la gorge en feu, voir briller la pince guillotine maniée par un homme masqué, subir le maintien en force de son corps d’enfant Continuer la lecture#enfances #04 | la pince guillotine

#enfances #04 | Lit-vaisseau

notes sur l’établissage du texte Je crois qu’il venait de la mer, lui aussi. Il rentrait par un sentier au milieu des pins. Routin | routeau | roteau, l’accent lui échappait. Un petit chemin tracé dans une terre de sable au milieu des pins par le passage répété des baigneurs, des promeneurs. Et sûrement quelques animaux, oui. Il suivait un Continuer la lecture#enfances #04 | Lit-vaisseau

#enfances #04 | Sauvée

Un gros édredon, une brique chaude, surtout ne pas avoir froid, aujourd’hui rester au lit. Prendre la température deux fois par jour, le matin et le soir. Avoir beaucoup de fièvre, délirer, ne plus savoir où on est, ouvrir les yeux bouillants et rouges, être à la diète, ce soir peut-être un bouillon de tapioca, 38 c’est encore trop pour Continuer la lecture#enfances #04 | Sauvée

#enfances #03 | Grandir

Pourquoi grandir presque perdue, elle ne veut pas grandir même perdue en rester là dans son enfance, respirer, admirer, s’étonner, chanter tous les possibles inexplorés. Eux ils ont fini de grandir, ils n’ont pas compris ce qu’elle veut, continuer à jouer, ne pas abandonner ses poupées, ils n’ont pas compris non plus ce qu’elle ne veut pas rentrer dans la Continuer la lecture#enfances #03 | Grandir

#enfances #02 | Ne pas y toucher

Je pousse une lourde porte en bois, elle s’ouvre sur un long corridor à l’horizon duquel une autre porte est à jamais fermée. Tout de suite à gauche de l’entrée un miroir est accroché au mur au-dessus d’une fontaine alimentée par l’eau pompée au puits à l’extérieur. Mon grand-père se rasait là ! Et puis il y a cette porte de Continuer la lecture#enfances #02 | Ne pas y toucher

#enfances #01 |En apparence

Dans sa grande robe noire, sur la route tellement plus grande que les autoroutes, elle est immense, s’arrête, parle à ma grand-mère ponctuant ses propos de « oh lala, delala ma chère dame ». Ainsi elle est restée dans ma mémoire cette grande femme habillée d’une grande robe noire, baptisée « oh lala, delala ma chère dame » sur cette grande route plus grande Continuer la lecture#enfances #01 |En apparence

#enfances #04 I Grasse mat’

Ne pas bouger, rester au fond du lit. Il est tard, et alors ? Rester et ne pas bouger. Ne rien faire. Ne voir ni mur, ni armoire, ni lumière vacillante qui passe sous, perce à travers les persiennes, à travers les couches de tissus qui font pelures d’oignon, couche sur couche en superposition. Ne pas ouvrir les yeux. Au pire Continuer la lecture#enfances #04 I Grasse mat’

#enfances #00 | Ambivalences

Au milieu des collines, des arbres, des ruisseaux, elle explore le poche intérieure de son blouson, parfait elle ne l’a pas oubliée, elle est rassurée, si elle se perd elle n’a pas de cloche pour signaler sa présence et on ne la retrouvera pas, et c’est ce qu’elle veut se perdre, s’éloigner, prendre son envol, la laisser loin la maison, Continuer la lecture#enfances #00 | Ambivalences

#01_border les petits

un nuage de bruit sur les souvenirs existent        pour les bordés du soir                et les effractés de nuit tant pis                             les corps rassurés deviennent légersune odeur d’Orient sous payé dépensent en manège le sourire des gardes d’enfants                       un pingouin dans le sable enterré                           capture la liberté et des sauts basculent sous métro                    attention dit le Continuer la lecture#01_border les petits