#enfances #09 | nuit américaine

Les fenêtres étaient couvertes d’une épaisse peinture bleue pour ne pas être vus des avions. On disait que c’était les allemands occupants qui avaient décidé ça pendant la guerre mais quelqu’un l’avait grattée dans le coin en bas à droite juste à hauteur de mes yeux et les soirs de tempête je regardais la mer déchaînée, le phare et ses Continuer la lecture#enfances #09 | nuit américaine

#enfances #09 | La chambre de derrière

Une porte palière, une autre, condamnée, au bout du mur de droite, aurait pu ouvrir sur la chambre voisine. Deux lits bretons d’une personne, recouverts d’une courtepointe grenat, leurs têtes de part et d’autre d’une cheminée désaffectée, la partie supérieure de son manteau noir en petit granit poli peut servir de table de nuit surélevée, y sont posés un réveil Continuer la lecture#enfances #09 | La chambre de derrière

#enfances #04 | pleins et vides

Dans la lumière blanche du petit matin, ça vous tombe dessus comme un jour de fête. 38°4, tu restes à la maison je vais appeler le docteur. La porte refermée, pelotonné dans des draps moites, malgré la toux la fièvre les courbatures on apprécie la bonne nouvelle. Songer aux camarades qui à cette heure préparent leur cartable avant de s’engouffrer Continuer la lecture#enfances #04 | pleins et vides

#enfances #08-01 | Ma mère au Rami

C’est à Poperinge(1) surtout, chez la mère de ma mère, en Flandre, que nous jouions à de nombreux jeux inconnus de nous. Cela se passait lors des grands rassemblements de Noël. Nous y jouions l’après-midi, dans la salle à manger où plusieurs tables couvertes de nappes blanches étaient alignées perpendiculairement à la grande baie qui donnait sur le jardin. Dans Continuer la lecture#enfances #08-01 | Ma mère au Rami

#enfances #09 | Chambre du boulevard Jamin

Le couloir moelleux mène tout droit à la pièce des enfants, en vacances là chacun leur tour. Un long tapis masque le plancher. Craquements effacés. En-dessous : la pharmacie. Dernière porte à gauche : la chambre du fond donne sur des arrière-cours en contre-bas, une grisaille douce, vue du premier étage. Le boulevard est à l’opposé, pas de bruit.  Lourd lit-bateau en Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre du boulevard Jamin

#enfances #09 | Chambre passante

Depuis la porte d’accès de la chambre, les lits s’appuient le long d’une poutre brune sur la cloison de gauche. Les meubles tiennent à droite. Au centre, un tapis peut-être. La chambre, conçue pour deux enfants, est passée à l’étage et se dédouble. Deux lits bateaux, lits jumeaux. Deux armoires qui enserrent un secrétaire. Sous les lits, les tiroirs aux Continuer la lecture#enfances #09 | Chambre passante

#enfances #09 | … d’enfance

Oubliée la couleur des murs. Oublié le petit paravent; le renfoncement avec le lavabo. Oubliées la suspension à franges et sa lueur jaune; l’ombre en piste de cirque et le cheval à bascule; oubliées la chaise à hauteur d’enfant, la poupée sans yeux. La cour sombre en fond de fenêtre. 3m50/4m50. Cette fenêtre. Une porte. Le lit superposé je le Continuer la lecture#enfances #09 | … d’enfance

#enfances #09 | chambre pour deux enfants

On y entre par une porte qui sonne creux à battre le châssis et qui, mal ajustée, laisse passer un filet de lumière en haut et en bas, bruit et rais bien reconnaissables et rassurants, mais on ignore à quel moment la chambre a commencé à exister dans la configuration dont on a gardé mémoire ni quel âge avaient alors Continuer la lecture#enfances #09 | chambre pour deux enfants

#enfances #07 | Babar

Couronné de jaune, habillé de vert vif, chemise à col boutonnée de noir, Babar est l’éléphant roi de son enfance. Plus efficace à mâchonner que des oreilles de lapin, qu’un lange brodé accroché au bout d’une chaîne en plastique, sa trompe grise s’est progressivement déchirée. Pas un Babar donc, mais des Babar, la même peluche rachetée, fiévreusement recherchée quand elle Continuer la lecture#enfances #07 | Babar

#enfances #09 | Chambré

La banquette a l’oreille collée à la porte du couloir où se font parfois de mystérieuses sorties. Elle est à l’opposé de la porte donnant sur la salle à manger, celle qui écoute la télé des années soixante, qui la fait vibrer un peu parfois. Rien à voir avec les vibrations des contre-vents plaqués aux vitre de la grande fenêtre, Continuer la lecture#enfances #09 | Chambré