#Hors Série 2. Le miroir (de la salle de bain.)

Celui-là est grand, cerné d’un large cadre en bois foncé et patiné ; contient sans peine un demi-adulte et son environnement proche, depuis le plafond en passant par le sommet du crâne puis jusqu’à la taille, il ne conviendrait donc pas à une salle de bain de proportion trop modeste, s’y sentirait à l’étroit, détonnerait d’importance déplacée ou vérolerait le mur Continuer la lecture#Hors Série 2. Le miroir (de la salle de bain.)

#Hors Série 2 | Longue vie d’un objet

S’installer au bureau matin ou soir, croiser les jambes, les décroiser, réajuster le fessier en s’agitant d’un bord sur l’autre à cause de l’assise qui manque un peu de rembourrage, à chaque fois s’en faire la remarque en dépit du coussin rajouté pour compenser le défaut de moelleux et ajuster la hauteur, ne pas se souvenir d’où sort ce diable Continuer la lecture#Hors Série 2 | Longue vie d’un objet

#Hors série 2 | récits de l’objet / Le bac à sable

Un carré de plage dans le bitume de la cour de récré où s’égayent en piaillant des enfants libérés du carcan de la salle. Un carré de plage sans la mer, mais le souvenir du goût du sel, et la promesse de châteaux et où si l’on creuse assez longtemps on arrive de l’autre côté de la terre, vraiment, alors Continuer la lecture#Hors série 2 | récits de l’objet / Le bac à sable

#Hors-série 2- Vue trouble

Deux tiges de plastique brun, flanquées de carreaux de verre. Minimalistes et banales, les binocles, mais flexibles, robustes, toujours à portée de main. Tu les cherches en tâtonnant, tu les appelles au secours. Alors elles t’en font voir. Des lettres noires sur fond blanc. Le monde sort du brouillard. La bouillie grisâtre devant tes yeux devient texte. Les mots s’alignent Continuer la lecture#Hors-série 2- Vue trouble

#Hors-série 2 | Rien à voir (tablette braille)

Admettons quelques minutes que nos yeux ne fonctionnent pas, admettons quelques minutes que ce soit nos mains, nos doigts, nos oreilles, notre odorat qui nous conduisent, et nous guident : une odeur douce et acide à la fois, boisée et piquante, une rondeur chaude au creux des mains, et notre bouche mord sans hésitation dans une tomate mûre ; une sensation de Continuer la lecture#Hors-série 2 | Rien à voir (tablette braille)

#Hors Série – Casse-noisette

Casse-noisette, je te cherche, ton nom résonne comme un ballet, tu chantes, tu casses parfois trop fort, parfois pas assez fort. La petite fille est émerveillée, il lui suffit d’un gros caillou pour casser les noisettes. Elle les aime quand elles ne sont pas encore tombées encore enveloppées dans leur petit nid douillet. Le noisetier est énorme, ses branches plient Continuer la lecture#Hors Série – Casse-noisette

D’argent (#2 hors série)

J’ai commencé par en prendre les mesures – cinq point deux centimètres de long, trois point zéro de large, un point zéro de hauteur – tout à coup, je me suis avisé d’aller le peser : sur la balance électronique de la cuisine – il y a cinq carats dans un gramme, on a donc plus ou moins cent quarante carats Continuer la lectureD’argent (#2 hors série)

#La Fabrique – Écrire avec Annie Ernaux

Il est parfois délicat d’écrire – et de faire écrire – sur un.e auteur.e qui compte immensément. C’est mon cas avec Annie Ernaux, dont les livres sont entrés dans ma vie alors que j’avais quatorze ans, ses livres qui m’ont toujours suivie et qui ont, par bien des aspects, infléchi ma trajectoire, mon rapport à l’écriture et à la littérature. Continuer la lecture#La Fabrique – Écrire avec Annie Ernaux

P#8 Tu

Tu n’as peut-être jamais fait ce que tu voulais toutes ces années alors maintenant que te voilà vieille, tu n’en fais qu’à ta tête.Tu n’apprécies visiblement pas que tes enfants me parlent.Tu ne veux pas non que ton petit fils vienne jouer avec les garçons trois étages au dessus de chez toi. Tu ne me salues pas non plus, en Continuer la lectureP#8 Tu

la fabrique | Écrire l’été IV

Dimanche Le plus long dans l’écriture c’est de s’autoriser à écrire ce qu’on veut absolument écrire. Je négocie comme au marché des Vacillantes chaque changement de destination d’un texte. Or, à part moi, qui pourrait s’offusquer que ce ne soit plus Selim, mais Osmin qui vive ou dise ou rêve ceci ou cela ? Lundi Matinée d’écran pour la mise en Continuer la lecturela fabrique | Écrire l’été IV