Archives de la catégorie : #progression & #faire un livre
#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison
La guerre est déclarée. Les deux belligérants se font face autour d’une table. La table de la cuisine. Le décor est apaisé. Charmant. On a disposé une nappe propre et repassé pour l’occasion, un bavoir immaculé, une toute petite cuillère au manche finement poinçonné de fleurs entrelacées et le bol de porcelaine, celui décoré d’une scènette représentant une poule avec Continuer la lecture#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison
#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité
Tout ce bruit, les voitures la voix de l’enfant de l’autre côté ; je la vois parler à son crocodile vert, elle le tient à bout de bras devant son petit visage, tout entre dans mes oreilles, le rire du type, le rire de la femme et maintenant la petite au crocodile vert s’y met, elle me fixe avec sa bouche Continuer la lecture#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité
#L3 De l’autre côté de la mangeoire
Une quarantaine d’années, des mains pour travailler dans des bureaux, pas ces crevasses, pas ce rêche, des ongles limés, des bras blancs, un homme de la ville, un étranger, un de ceux qui viennent chercher du lait et qui s’arrêtent avec les enfants pour regarder les veaux, mais celui-là n’a pas d’enfant, il a l’air perdu, il doit se dire Continuer la lecture#L3 De l’autre côté de la mangeoire
#P3 | cruchade
rue Thiers, il y avait un vendeur ambulant qui criait jonchées, jonchées. Une jonchée c’est un petit fromage frais emmailloté dans une robe de joncs du marais. Il se mange arrosé de lait d’amande. Elle ne se souvient pas du lait d’amande mais ce nom, jonchée, évocateur de masses de fleurs, de pétales de rose, de Fête Dieu en robe Continuer la lecture#P3 | cruchade
#L3 Boyaux
Marche la petite mamie .Ne veut pas . Qu’on l’appelle mamie ne veut pas .Dit que ça fait américain. Veut grand -mère. Comme dans les livres . Comme dans les pages qui s’ouvrent et parfois laissent se lever des silhouettes de carton. Marche . Tire son petit fils. Je le connais il va en classe avec ma sœur celle qui Continuer la lecture#L3 Boyaux
#P3 | Ail
La première fois que l’on mentionne le nom de la plante, on craindrait presque pour notre santé, tant le mot ressemble auditivement à une exclamation qui traduit la douleur, ou la surprise désagréable, et si, d’aventure on se risquait à le conjuguer, le verbe ailler — qui peut signifier frotter un plat à l’aide d’une gousse d’ail ou piquer de Continuer la lecture#P3 | Ail
#P3 | Corps gras
On est en France, quelque part autour de Pâques, mercredi des Cendres, Calendes de mars. Il est temps de se séparer du gras de l’hiver pour en faire un dessert abondant, délicieux, indigeste. Il bout, la pâte y bossèle, reçoit des beignes. Longtemps, il n’y a que Littré pour utiliser le mot beignet. A vol d’oiseau, il est plutôt bottereau, Continuer la lecture#P3 | Corps gras
#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)
Lécher la seiche du musée Calvet, tu trouves enfin de l’ombre et la couleur, c’est à Avignon l’été, la rue cuit. Dans la collection permanente, elle t’apparait – Lécher Soutine (pas Chardin) – Dans le petit coin gauche du tableau lécher ce vert déposé au couteau — Lécher un détail de Vermeer puis courir vers la mer, celle de l’Ile Continuer la lecture#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)
#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas
Elle marche sur l’asphalte blême d’une rue ensommeillée, plaçant un pied devant l’autre, mécaniquement. Elle regarde à droite puis à gauche, observe le ciel blanc comme s’il pouvait lui indiquer la bonne direction. Elle avance à l’instinct depuis plus d’une heure, entraînée par le bruissement des feuilles et le souvenir des ambiances qui vont et viennent du fond de sa Continuer la lecture#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas