#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité

Tout ce bruit, les voitures la voix de l’enfant de l’autre côté ; je la vois parler à son crocodile vert, elle le tient à bout de bras devant son petit visage, tout entre dans mes oreilles, le rire du type, le rire de la femme et maintenant la petite au crocodile vert s’y met, elle me fixe avec sa bouche Continuer la lecture#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité→

#L3 De l’autre côté de la mangeoire

Une quarantaine d’années, des mains pour travailler dans des bureaux, pas ces crevasses, pas ce rêche, des ongles limés, des bras blancs, un homme de la ville, un étranger, un de ceux qui viennent chercher du lait et qui s’arrêtent avec les enfants pour regarder les veaux, mais celui-là n’a pas d’enfant, il a l’air perdu, il doit se dire Continuer la lecture#L3 De l’autre côté de la mangeoire→

#P3 | cruchade

rue Thiers, il y avait un vendeur ambulant qui criait jonchées, jonchées. Une jonchée c’est un petit fromage frais emmailloté dans une robe de joncs du marais. Il se mange arrosé de lait d’amande. Elle ne se souvient pas du lait d’amande mais ce nom, jonchée, évocateur de masses de fleurs, de pétales de rose, de Fête Dieu en robe Continuer la lecture#P3 | cruchade→

#P3 | Ail

La première fois que l’on mentionne le nom de la plante, on craindrait presque pour notre santé, tant le mot ressemble auditivement à une exclamation qui traduit la douleur, ou la surprise désagréable, et si, d’aventure on se risquait à le conjuguer, le verbe ailler — qui peut signifier frotter un plat à l’aide d’une gousse d’ail ou piquer de Continuer la lecture#P3 | Ail→

#P3 | Corps gras

On est en France, quelque part autour de Pâques, mercredi des Cendres, Calendes de mars. Il est temps de se séparer du gras de l’hiver pour en faire un dessert abondant, délicieux, indigeste. Il bout, la pâte y bossèle, reçoit des beignes. Longtemps, il n’y a que Littré pour utiliser le mot beignet. A vol d’oiseau, il est plutôt bottereau, Continuer la lecture#P3 | Corps gras→

#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)

Lécher la seiche du musée Calvet, tu trouves enfin de l’ombre et la couleur, c’est à Avignon l’été, la rue cuit. Dans la collection permanente, elle t’apparait – Lécher Soutine  (pas Chardin) – Dans le petit coin gauche du tableau lécher ce vert déposé au couteau — Lécher un détail de Vermeer puis courir vers la mer, celle de l’Ile Continuer la lecture#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)→

#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas

Elle marche sur l’asphalte blême d’une rue ensommeillée, plaçant un pied devant l’autre, mécaniquement. Elle regarde à droite puis à gauche, observe le ciel blanc comme s’il pouvait lui indiquer la bonne direction. Elle avance à l’instinct depuis plus d’une heure, entraînée par le bruissement des feuilles et le souvenir des ambiances qui vont et viennent du fond de sa Continuer la lecture#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas→

#P3 | Gros plan peau, œil végétarien

Et animal ambivalent, le couteau s’enfonce beaucoup moins dans la viande que dans le doigt qui adosse à ses manche et lame ses trois phalanges. Et si l’œil végétarien se fascine de l’incompréhensible va et vient qui revient dans la viande après avoir quitté le morceau pour la bouche, le même oeil quitte bien assez tôt l’invisible bilboquet qui lie Continuer la lecture#P3 | Gros plan peau, œil végétarien→

L#3 | des monologues entre les langues et « le fait que »

rester sur ces rochers toujours pourquoi c’est pas possible vraiment je me demande pourquoi tout ça pas envie de continuer pas envie de travailler pas envie de me marier ma mère pas envie déjà y a moi puis des enfants les courses le travail non des problèmes j’en ai ma claque je suis fatigué j’ai pas envie j’pourrais juste me Continuer la lectureL#3 | des monologues entre les langues et « le fait que »→