#L1 | 21 heures de vol, 37 heures d’escales

Ce jour-là elle arrive. Elle arrive dans le petit matin. 21 heures de vol, 37 heures d’escales. 1h37 de train et 23 minutes de bus. Et la voilà. Elle a quitté ses 37 degrés et arrive sous un crachin d’automne. 16 degrés mais avec le vent, sensation qu’il en fait 11. C’est la première fois qu’elle revient. Elle est dejà Continuer la lecture#L1 | 21 heures de vol, 37 heures d’escales→

Prologue 2 – Eau qui sépare

Eau qui sépare. Qui me sépare. Moi qui vit sur une île. De mon ancienne vie. C’est des paquebots des avions de fer qu’il faut pour quitter ce pays. Ce pays brûlant. Dont le centre est un désert. Des gens y vivaient presque nus. Mangeant mouches et larves. Sous un soleil de plomb. Chantant à leurs pieds où aller. Je Continuer la lecturePrologue 2 – Eau qui sépare→

Prologue 1 – On dit une ville sans eau il manque quelque chose

On dit une ville sans eau sans fleuve il manque quelque chose. Mais là elle y est l’eau. Pas un fleuve non une rivière. Mais si peu profonde si grise. Et puis canalisée. Des berges hautes en pierre bleue. Des berges raides droites. C’est triste une rivière qui coule entre des berges de pierre. On la dirait morte. Ou emprisonnée Continuer la lecturePrologue 1 – On dit une ville sans eau il manque quelque chose→

#P2 | Téléfonce

Il est dans sa chambre, il ne dort pas, ce n’est pas l’heure, pour sa mère il est l’heure, pour son grand-père il est plus que l’heure, pour son petit frère il est largement l’heure mais pour lui, il n’est pas l’heure, pas l’heure de dormir, d’ailleurs qui a décrété qu’il y avait une heure pour dormir, une heure pour Continuer la lecture#P2 | Téléfonce→

#L3 | Traces

L’enfant vient d’avoir quatorze ans. C’est une fille. Pas très à l’aise dans ce corps qui l’affirme de plus en plus femme. Elle se cache derrière de longs cheveux bruns et des vêtements plutôt amples. L’odeur de la bise marine lui donne envie de pleurer. Aussi loin que ses souvenirs remontent, ils sont toujours venus ici en famille, commencer les Continuer la lecture#L3 | Traces→

#P3 | C’est d’la Daube !

D-A-U-B-E. Cinq lettres pour désigner un plat fumant et fumeux dont les restes se consomment FROIDS, en gelée, du dimanche soir à la fin de la semaine si nul n’a eu l’idée d’achever la daube CHAUDE avant. Hist : ce mot d’origine lyonnaise signifie  “gâté“ appliqué à des fruits et des viandes. Par extension, «nul à souhait» dans l’expression  « c’est d’ Continuer la lecture#P3 | C’est d’la Daube !→

#L3 | Heureux comme un galet en pleine tendresse

La vague a l’arrêt, laisse de la mer figée, là, à mes pieds, le temps n’est plus à l’œuvre et les galets ne chantent plus. Ma peau encore humide, encore salée. La mer s’est figée, mais les gouttes d’elle se parlent. Le sel demeure intact, mais des cristaux murmurent entre eux. La plage de galet ne chante plus au rythme Continuer la lecture#L3 | Heureux comme un galet en pleine tendresse→

#L3 | sous les pavés

En v’là un autre avec son bac à illusions sous le bras on le voit à son allure j’avais la même il y a deux ans de ça quand c’est moi qui me pointais en câlinant les orties il y en avait à l’époque je caressais les feuilles pour frimer le genre même pas mal pour épater qui on se demande Continuer la lecture#L3 | sous les pavés→

#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison

La guerre est déclarée. Les deux belligérants se font face autour d’une table. La table de la cuisine. Le décor est apaisé. Charmant. On a disposé une nappe propre et repassé pour l’occasion, un bavoir immaculé, une toute petite cuillère au manche finement poinçonné de fleurs entrelacées et le bol de porcelaine, celui décoré d’une scènette représentant une poule avec Continuer la lecture#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison→