lieux où j’ai dormi

le tissu fin censé tenir chaud qui glisse et que la main rattrape sans bien savoir ce qu’elle fait, la manière absurde qu’il a de ne jamais recouvrir le corps totalement la course sonore des abeilles là tout juste dehors et qui s’accompagne on le sait de la chaleur qui viendra toujours les bruits du matin (pas, voix, vaisselle que Continuer la lecturelieux où j’ai dormi→

Qui dort ? Le lieu ou moi ?

Des mains sans visage esquissent un oreiller. Elles glissent quelque chose sous le drap housse pour former oreiller sous ma tête d’enfant. Du rose, un lit imposant, bois, très marron. Des mains. Une voix peut-être ? Un repli sans oreiller ? Pire que la pluie ? C’est l’humidité qui a gagné. L’eau est tombée sur le sommeil. Transformé en inconfort dans Continuer la lectureQui dort ? Le lieu ou moi ?→

#L1 I Bella Vista

Un bus qui ralentit et s’arrête. Avec un bruit de soufflet une  porte qui s’ouvre sur le froid. Personne ne descend  personne ne monte. Dans le bus un gros sac qui l’empêche de s’asseoir d’aplomb. La vitre est pleine de buée. Gouttes de pluie agglutinées, noir de la rue déserte. Elle se lève, perd l’équilibre par un soubresaut du bus.  Continuer la lecture#L1 I Bella Vista→

Et tant d’autres nuits…

Corps moite dans la cabine, par le hublot l’horizon tangue, vite gagner l’air sur le pont, la nuit vaste, s’engouffrer dans la voute noire, se bercer d’étoiles. Les nuits de Sirocco on s’allongeait sur le carrelage, on regagnait les draps humectés, on pouffait, chuchotait, s’esclaffait jusqu’à ce que le sommeil nous cueille malgré l’excitation, la joie. Tout là-haut l’énorme cheminée Continuer la lectureEt tant d’autres nuits…→

Des chambres

ça devait être au Nord qu’était le lit bébé, la fenêtre grande ouverte, les autres enfants jouent dans le jardin météore dans le ciel gris par la fenêtre, papier peint aux fleurs roses – le mobilier en rotin de ma mère était déjà là, peut-être maman, un troupeau de bisons au galop sur le macadam, la couette dégringolée et le Continuer la lectureDes chambres→

#P1 | Comme dans une grotte

L’alcôve sous les combles ne protège pas des prédateurs, il faut rapatrier une armée de poupées et d’ours et s’enfouir au milieu d’eux, visage rond figé parmi les joues de plastique et les yeux luisants des peluches en respirant sans bruit jusqu’à ce que le sommeil m’emporte. Ouvrir la fenêtre sur le grand fleuve et les verdures d’iles vierges jusqu’à Continuer la lecture#P1 | Comme dans une grotte→

#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX

Ils doivent arriver à la mer. Le grand en a peur. Il a laissé entendre qu’il ne l’avait jamais vue. L’autre, non : il ressemble à Edmond Dantès. Pas le genre à trembler au bord du bassin. Pourquoi penser encore à eux ? Pourquoi ne pas les laisser filer ? Ils font face à la mer à présent. Le grand est catégorique. Sa Continuer la lecture#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX→

fragments

… fond de cale, odeur de vomi, de ferraille arrachée, mal de mer, larmes amères, et déjà sourd la nostalgie de l’autre rive … guetter la lumière de la salle de bains et le va-et-vient des parents en pleine nuit, ne dormir que d’un œil … hôtel du bout du monde, carreaux cassés, cloisons qui peinent à se hisser jusqu’au Continuer la lecturefragments→

#L1 Pousser la porte

Le souffle lui manque, ses bâtons de marche l’embarrassent. Il faut escalader les rochers. Il avance comme on grimpe à une échelle en faisant attention à ne pas tomber. Il traverse un nuage, les gouttes de pluie si fines se mêlent à ses larmes. Il est là et ailleurs, au loin des voix de toutes les couleurs. Au milieu du Continuer la lecture#L1 Pousser la porte→

# L1 Dans des millions d’années de lumière

 Il attend, il ne traverse pas tout de suite. De l’autre côté,un type se plante face à un autre, glisse sa main sur son crâne rosi par le soleil, une femme avec un chignon très haut, une fillette un crocodile vert à la main. Il s’imagine glisser Fischer Fritz Frisst Frische Fische dans l’oreille de la fillette pour la faire Continuer la lecture# L1 Dans des millions d’années de lumière→