#P1 | Comme dans une grotte

L’alcôve sous les combles ne protège pas des prédateurs, il faut rapatrier une armée de poupées et d’ours et s’enfouir au milieu d’eux, visage rond figé parmi les joues de plastique et les yeux luisants des peluches en respirant sans bruit jusqu’à ce que le sommeil m’emporte. Ouvrir la fenêtre sur le grand fleuve et les verdures d’iles vierges jusqu’à Continuer la lecture#P1 | Comme dans une grotte

#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX

Ils doivent arriver à la mer. Le grand en a peur. Il a laissé entendre qu’il ne l’avait jamais vue. L’autre, non : il ressemble à Edmond Dantès. Pas le genre à trembler au bord du bassin. Pourquoi penser encore à eux ? Pourquoi ne pas les laisser filer ? Ils font face à la mer à présent. Le grand est catégorique. Sa Continuer la lecture#L1 CHAPITRE DU PASSAGE DES EAUX

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… fond de cale, odeur de vomi, de ferraille arrachée, mal de mer, larmes amères, et déjà sourd la nostalgie de l’autre rive … guetter la lumière de la salle de bains et le va-et-vient des parents en pleine nuit, ne dormir que d’un œil … hôtel du bout du monde, carreaux cassés, cloisons qui peinent à se hisser jusqu’au Continuer la lecturefragments

#L1 Pousser la porte

Le souffle lui manque, ses bâtons de marche l’embarrassent. Il faut escalader les rochers. Il avance comme on grimpe à une échelle en faisant attention à ne pas tomber. Il traverse un nuage, les gouttes de pluie si fines se mêlent à ses larmes. Il est là et ailleurs, au loin des voix de toutes les couleurs. Au milieu du Continuer la lecture#L1 Pousser la porte

# L1 Dans des millions d’années de lumière

 Il attend, il ne traverse pas tout de suite. De l’autre côté,un type se plante face à un autre, glisse sa main sur son crâne rosi par le soleil, une femme avec un chignon très haut, une fillette un crocodile vert à la main. Il s’imagine glisser Fischer Fritz Frisst Frische Fische dans l’oreille de la fillette pour la faire Continuer la lecture# L1 Dans des millions d’années de lumière

#P1 | éclats antichronologiques

Draps tièdes et peau glabre. Nausée. Un cheval piétine mes intestins. La soif me fait rêver de jus de fruits. Terreur, puis honte. On m’observe. Surprise de trouver ce bout de carton rembourré par l’amitié plus confortable que certains lits. Senteur sirupeuse du caoutchouc. C’est une fournaise sous la tente. Le matelas couine et colle à ma peau. Les étoiles Continuer la lecture#P1 | éclats antichronologiques

#P1 Se déployer

Le premier lieu où j’ai dormi est la clinique de la rue Albert 1er, grise et froide, bâtiment des années soixante à qui on a donné le nom d’un oiseau migrateur. Je n’en ai aucun souvenir. Peut-être celui d’un cri dans mes rêves enfouis ? Je ne vais plus que rarement dans la maison qui m’a vue grandir, je n’en ressens Continuer la lecture#P1 Se déployer

#P1 entrée en matière(s)

Peinture bleue au petit matin, découpe d’une petite main qui s’ouvre à peine sur des choses souples. Murs râpeux, poreux, mélodie des histoires du soir, narration de tendresse, musique des âmes qui se rejoignent et rassure. Lit humide, attente du petit matin, incorporer dans sa chair la matière mouillée pour ne plus la sentir, ne pas bouger, ne pas réveiller Continuer la lecture#P1 entrée en matière(s)