Couchettes, bannettes et autres couchages temporaires

Trop chaud. La fermeture éclair du duvet est coincée, pas moyen de résoudre le problème sans réveiller le 39 autres du dortoir. Sortir les bras aide un peu, mais sortir aussi les pieds moites de transpiration, ce serait tellement mieux ! Réveil en sursaut. On ne bouge plus dans le bon sens. L’angle entre le bateau et les vagues a changé. Continuer la lectureCouchettes, bannettes et autres couchages temporaires

Ce balancement du hamac

Ce balancement du hamac brodé aux ajours mis- clos me mêlait au décor alentour aux voix aux murs comme dans une peinture de Vuillard. Cette ombre douce grossissante jusqu’aux mains de satin qui auraient bordé mon lit, m’aurait fait miraculeusement sentir en apesanteur. Alors que je vous voyais dans cette chambre sous la lueur crépusculaire tournoyante sur les murs résonants Continuer la lectureCe balancement du hamac

#P1 | Entre-deux

une main sur le ventre qui palpite, creuse une terreur surgie des viscères… la sensation d’une présence, un souffle juste à côté, au-dessus… attendre le contact, la voix du brouhaha de voix feutrées, une crainte sourd, le long couloir, les pas, la bonne humeur, les injonctions qui se mêlent, c’est un désordre de bruits heurtant le front c’est la panique Continuer la lecture#P1 | Entre-deux

#P1 Des insomnies et des portes

L'insomnie. Le jour se lève. Nuit sans sommeil.

un disque vinyle punaisé dans sa rondelle au mur faisait office de décoration, le noir mat brillait tout le temps, la chambre était petite et sans fenêtre–le deuxième soir, sa copine est venue, ils n’ont pas tardé à faire l’amour ; ça m’a aidé à dormir, je crois–marguerite jaune pétales orange sur fond vert et marron, je crois que c’était le Continuer la lecture#P1 Des insomnies et des portes

#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

vu depuis une tente

derrière la toile, je sentais le vent, les herbes, les arbres, les bruissement, les sifflements, les hululements, la fraîcheur de la nuit contre laquelle j’essayais de lutter, j’avais les organes plein de soleil, j’étais peuplé du dehors,–les yeux grands ouverts, je regardais le vide, je comptais le trop ; le nombre de fois où, les chemins mal embarqués, les oublis, les Continuer la lecture#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

P#1. Chambres intérieures.

Ce matelas une place et le sommier pas trop bon, le dépouillement commence là. Etrange cette petite chambre et si nécessaire à ce moment là. Un lit campagnard l’épais édredon et la cuisinière chargée pour tenir la nuit dans cette pièce unique d’une petite maison à mille deux cent mètres en hiver. Il fait très froid mais une grande béatitude. Continuer la lectureP#1. Chambres intérieures.

#L4 | Mes préférés et j’en oublie

De Aragon : un rythme, une musique, un chant, ce qui résonnait pour une adolescente d’un idéal exacerbé par les mots… De Marguerite Duras : le regard décalé, quelque chose de hors-norme chez cette écrivaine dans ce qu’elle saisit des personnages, des situations, avec une certaine mise à distance des sentiments, une façon de raconter, et puis la force du Continuer la lecture#L4 | Mes préférés et j’en oublie

#L1 | Chemin Noir

La rue. On descend la rue. Un coup d’œil sur la plaque, Chemin Noir. La rue courbe. À droite, bord extérieur, des petits pavillons à droite, une allée, un petit jardin, parfois la voiture ou la moto devant le garage, qui peut être ouvert, murette et portail fermé. À l’intérieur de la courbe, la caserne des pompiers, une sorte de Continuer la lecture#L1 | Chemin Noir

#L3 | Ils existent… ils parlent !

Le monologue de la petite sœur …pourquoi maintenant ? Que fait-il là ? (Elle fronce les sourcils, creuse son regard, incrédule.) Je savais que ça arriverait… mais là, maintenant… Le feu éteint, tu le rallumes ? C’est vraiment toi ? Oh ! Oui ! déjà  je te disais tu lui ressembles et tu avais horreur de ça (un sourire furtif) et Continuer la lecture#L3 | Ils existent… ils parlent !

#P1 | miroitements

(innombrables lieux où j’ai dormi, voir ce qui vient) tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette odeur de linge qui a longtemps servi dans lequel on peine à se coucher, moisi, odeurs corporelles, draps chiffon, draps de chambre d’étudiant où s’attarder rien qu’un bout de nuit sans importance étranges résonnances quand Continuer la lecture#P1 | miroitements