#P3 | Pas bon dégoutant

c’est pas bon hein les cardons poêlés chaque année à Noël c’est pas bon les légumes blancs les navets les salsifis les haricots cocos c’est pas bon les endives c’est pas bon les côtes de blettes les feuilles blanches le cœur de salade c’est pas bon les feuilles vertes les épinards les épinards en branche c’est pas bon la chicorée Continuer la lecture#P3 | Pas bon dégoutant

#P3 | C’est d’la Daube !

D-A-U-B-E. Cinq lettres pour désigner un plat fumant et fumeux dont les restes se consomment FROIDS, en gelée, du dimanche soir à la fin de la semaine si nul n’a eu l’idée d’achever la daube CHAUDE avant. Hist : ce mot d’origine lyonnaise signifie  “gâté“ appliqué à des fruits et des viandes. Par extension, «nul à souhait» dans l’expression  « c’est d’ Continuer la lecture#P3 | C’est d’la Daube !

#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison

La guerre est déclarée. Les deux belligérants se font face autour d’une table. La table de la cuisine. Le décor est apaisé. Charmant. On a disposé une nappe propre et repassé pour l’occasion, un bavoir immaculé, une toute petite cuillère au manche finement poinçonné de fleurs entrelacées et le bol de porcelaine, celui décoré d’une scènette représentant une poule avec Continuer la lecture#P3 | Moi je dis que les bonbons valent mieux que la raison

#P3 | cruchade

rue Thiers, il y avait un vendeur ambulant qui criait jonchées, jonchées. Une jonchée c’est un petit fromage frais emmailloté dans une robe de joncs du marais. Il se mange arrosé de lait d’amande. Elle ne se souvient pas du lait d’amande mais ce nom, jonchée, évocateur de masses de fleurs, de pétales de rose, de Fête Dieu en robe Continuer la lecture#P3 | cruchade

#P3 | Ail

La première fois que l’on mentionne le nom de la plante, on craindrait presque pour notre santé, tant le mot ressemble auditivement à une exclamation qui traduit la douleur, ou la surprise désagréable, et si, d’aventure on se risquait à le conjuguer, le verbe ailler — qui peut signifier frotter un plat à l’aide d’une gousse d’ail ou piquer de Continuer la lecture#P3 | Ail

#P3 | Corps gras

On est en France, quelque part autour de Pâques, mercredi des Cendres, Calendes de mars. Il est temps de se séparer du gras de l’hiver pour en faire un dessert abondant, délicieux, indigeste. Il bout, la pâte y bossèle, reçoit des beignes. Longtemps, il n’y a que Littré pour utiliser le mot beignet. A vol d’oiseau, il est plutôt bottereau, Continuer la lecture#P3 | Corps gras

#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)

Lécher la seiche du musée Calvet, tu trouves enfin de l’ombre et la couleur, c’est à Avignon l’été, la rue cuit. Dans la collection permanente, elle t’apparait – Lécher Soutine  (pas Chardin) – Dans le petit coin gauche du tableau lécher ce vert déposé au couteau — Lécher un détail de Vermeer puis courir vers la mer, celle de l’Ile Continuer la lecture#P3 Nourritures inappropriées au propre et au figuré (quand tu seiches)

#P3 | Gros plan peau, œil végétarien

Et animal ambivalent, le couteau s’enfonce beaucoup moins dans la viande que dans le doigt qui adosse à ses manche et lame ses trois phalanges. Et si l’œil végétarien se fascine de l’incompréhensible va et vient qui revient dans la viande après avoir quitté le morceau pour la bouche, le même oeil quitte bien assez tôt l’invisible bilboquet qui lie Continuer la lecture#P3 | Gros plan peau, œil végétarien

#P3 | C’est fabuleux les pommes de terre !

C’est bien pratique les pommes de terre, on peut en faire à toutes les sauces, de toutes les manières. Classique incontournable sur les tables de ma mère et ma grand-mère qui n’ont pour la cuisine aucun penchant. Chez nous on prépare les repas, on mâche, on digère parce qu’il faut bien manger pour vivre.   Elles m’ont légué le goût Continuer la lecture#P3 | C’est fabuleux les pommes de terre !

#P3 | Manger du silence

Goûter à la paix, déguster la tranquillité, manger du silence.  S’il est un plat ou une préparation culinaire qui comble cet appétit, ce ne peut être que la soupe. A commencer par celles de ma grand-mère et de ma mère, complètement liquides, jaunâtres, fades dans mes souvenirs d’enfant parce que synonymes de dimanches soirs pluvieux, de tristesse programmée, de promesse Continuer la lecture#P3 | Manger du silence