#P8 – Le bistrot de Ceux-qui-choisissent-le vent.

Tu n’avais pas besoin de dire d’où tu venais, il suffisait de lire le jaune poussière à l’intérieur de tes pupilles, le Soudan comme ancrage, le nid démoli, la fièvre, les massacres au hasard des villages, d’ailleurs vous venez tous de la campagne, comme au Malawi les porteurs de charges à vélo, maigres et souriants, les muscles tremblants de courage, Continuer la lecture#P8 – Le bistrot de Ceux-qui-choisissent-le vent.

#L8 Chausey

Les réflexions du matin ont décidé du sort de la journée de Bé. Balade, et plongée dans le journal. Balade et repas en même temps. Huîtres sur place. Le couteau sera bon pour repasser sur la pierre. Mais les huîtres, elle n’en mange que comme ça : sur place, avec une moitié de la coquille qui reste collée sur le Continuer la lecture#L8 Chausey

Reprendre

Reprendre ce que j’ai sous la main, en moi, à  disposition, préparer une trame, de septembre à juillet, une année d’école pour ceux qui n’y sont pas, organiser, m’organiser, trouver les gens, retenir les fondamentaux, ça remonte à loin, le préfabriqué, le petit bureau, l’arrivée en salle de réunion, les deux yeux noirs perçants, si tu es ici ce n’est Continuer la lectureReprendre

#L8 Miroir

L’amour est amertume, voilà ce que m’apprennent les hommes de siècles en siècles. On se trouve, on se quitte, on se blesse, on s’écarte, on se rapproche. On souffre du trop ou pas assez (des deux parfois) : on enfante, on cajole, on câline, on repousse, on est repoussé, on donne tout, on sature, on s’épuise. On veut de la Continuer la lecture#L8 Miroir

#L8 Partir

Parti presque nu à bord de la barque ressentant sur la peau la fraîcheur du vent, nuages rouges au soleil levant, rouge tendre de l’hésitation d’enfant devant la maîtresse lui demandant de conjuguer partir au passé simple, rouge pastel déposé en baiser par le rouge à lèvre de la mère pressée de partir, le rouge flamboyant du toréador étant celui Continuer la lecture#L8 Partir

#L8 Les mots

De quels autres mots que « faim » et « travail » revêtir votre vie, avant et aussi après la photo ? Toi, sereine, tu fixes un point du présent de la photo, légèrement au-dessus de toi. Une tête d’épingle légère. À quoi rêves-tu maintenant que tu n’as plus faim ? Quelles images accessibles se forment dans l’eau de ton regard ? La route que vous Continuer la lecture#L8 Les mots

#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui

Papa dit que c’est une rose trémière, qu’elle se se ressème chaque année et qu’elle était plus foncée avant. Quand je serai grande, je mettrai des roses trémières partout, même dans des pots. Papa dit qu’elles ne vivront pas dans des pots, que c’est trop petit, qu’elles n’auront pas assez de place, qu’il leur faut de la pleine terre. Il Continuer la lecture#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui

#L4 | Sentimenthèque

D’Alphonse Daudet : Le Secret de maître Cornille… puis la meule brise le plâtre et aussi sûrement nous brise le coeur. De Marcel Pagnol : La Gloire de mon pèreLes olives pleines de jus, la terre poudreuse, le ciel très bleu, les cigales, la sensualité inédite et troublante de cette Provence vivace et révolue qui réchauffait notre classe de CM2 Continuer la lecture#L4 | Sentimenthèque

L8 # Faire un livre

Dans la ville soulevée je marche avec lui très souvent . Son récit m’accompagne, me revient, image par image. J’ai pensé quelquefois que j’aurais dû l’enregistrer . Je ne le crois plus aujourd’hui. Ces fragments lèvent dans mon cœur dans ma mémoire. Il surgissent du contact de mes pieds avec ces trottoirs, du grincement de la porte du bar, des Continuer la lectureL8 # Faire un livre

#6 Seule

Là où elle se trouve actuellement, à enfoncer du bout des doigts les lettres du clavier, des lettres choisies soigneusement dans le but de former des mots sur l’écran, mots qui s’inscrivent à l’instant même, ici même, en face d’elle, sur l’écran du laptop posé sur la nappe blanche brodée de fleurs jaunes et rouges, les jaunes plus grosses et Continuer la lecture#6 Seule