#L6 Les seuls

Voix 1 Dans la nuit, c’est lui qui me sauve. Le dos à lui tiède. Il retient le froid de m’envahir dans la nuit. Du sable froid par les pieds, par les pieds du béton de sable, dans la nuit, c’est du béton. De la poussée de froid sous les étoiles. Il n’y a plus d’insectes volants moites de la Continuer la lecture#L6 Les seuls

#L6 Dans le rétro

Au boulot. J’adore. Les paysages. C’est riche. Ça sent le pays riche. Sur qu’on a les paysages les plus riches du monde sauf en suisse peut être la suisse connais pas connais personne en suisse le fauteuil fixé la petite radio autorisée c’est l’été pas trop tôt vérifié le rétro avancé un peu le siège pattes plus courtes la caisse Continuer la lecture#L6 Dans le rétro

#L5 La langue des taiseux

Elle revient entendre des voix qui parlent de comment c’était avant et comment c’est maintenant dans une langue qui se souvient autrement des anecdotes. Je voudrais parler cette langue. Tant que je n’entends pas leurs voix je n’apprends pas leur langue. Une langue faite de plusieurs genres de silence quand on a rien à dire vaut mieux la boucler au Continuer la lecture#L5 La langue des taiseux

#P8 – Le bistrot de Ceux-qui-choisissent-le vent.

Tu n’avais pas besoin de dire d’où tu venais, il suffisait de lire le jaune poussière à l’intérieur de tes pupilles, le Soudan comme ancrage, le nid démoli, la fièvre, les massacres au hasard des villages, d’ailleurs vous venez tous de la campagne, comme au Malawi les porteurs de charges à vélo, maigres et souriants, les muscles tremblants de courage, Continuer la lecture#P8 – Le bistrot de Ceux-qui-choisissent-le vent.

#L8 Chausey

Les réflexions du matin ont décidé du sort de la journée de Bé. Balade, et plongée dans le journal. Balade et repas en même temps. Huîtres sur place. Le couteau sera bon pour repasser sur la pierre. Mais les huîtres, elle n’en mange que comme ça : sur place, avec une moitié de la coquille qui reste collée sur le Continuer la lecture#L8 Chausey

Reprendre

Reprendre ce que j’ai sous la main, en moi, à  disposition, préparer une trame, de septembre à juillet, une année d’école pour ceux qui n’y sont pas, organiser, m’organiser, trouver les gens, retenir les fondamentaux, ça remonte à loin, le préfabriqué, le petit bureau, l’arrivée en salle de réunion, les deux yeux noirs perçants, si tu es ici ce n’est Continuer la lectureReprendre

#L8 Miroir

L’amour est amertume, voilà ce que m’apprennent les hommes de siècles en siècles. On se trouve, on se quitte, on se blesse, on s’écarte, on se rapproche. On souffre du trop ou pas assez (des deux parfois) : on enfante, on cajole, on câline, on repousse, on est repoussé, on donne tout, on sature, on s’épuise. On veut de la Continuer la lecture#L8 Miroir

#L8 Partir

Parti presque nu à bord de la barque ressentant sur la peau la fraîcheur du vent, nuages rouges au soleil levant, rouge tendre de l’hésitation d’enfant devant la maîtresse lui demandant de conjuguer partir au passé simple, rouge pastel déposé en baiser par le rouge à lèvre de la mère pressée de partir, le rouge flamboyant du toréador étant celui Continuer la lecture#L8 Partir

#L8 Les mots

De quels autres mots que « faim » et « travail » revêtir votre vie, avant et aussi après la photo ? Toi, sereine, tu fixes un point du présent de la photo, légèrement au-dessus de toi. Une tête d’épingle légère. À quoi rêves-tu maintenant que tu n’as plus faim ? Quelles images accessibles se forment dans l’eau de ton regard ? La route que vous Continuer la lecture#L8 Les mots

#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui

Papa dit que c’est une rose trémière, qu’elle se se ressème chaque année et qu’elle était plus foncée avant. Quand je serai grande, je mettrai des roses trémières partout, même dans des pots. Papa dit qu’elles ne vivront pas dans des pots, que c’est trop petit, qu’elles n’auront pas assez de place, qu’il leur faut de la pleine terre. Il Continuer la lecture#L3 | Alors elle a pensé que c’était oui