#le livre comme fiction # 01bis | On s’en rappellera pas

Au fond d’une classe agitée, seul.e du fond d’un fauteuil usagé au fond d’un wagon souterrain bondé, du fond d’un lit chaleureux moelleux au fond du rythme cadencé du bus, du fond de gorge d’un bistrot au fond du jour, du fond de la nuit au fond de l’attente, assis.e allongé.e debout, un peu partout au fond. Libre à toi Continuer la lecture#le livre comme fiction # 01bis | On s’en rappellera pas

#livre #01bis | sur le pouce, en noir et blanc

Le recensement parait simple : pour la plupart d’entre nous, sont à disposition les mêmes outils corporels. Main qui tient ou maintient, doigt qui tourne la page avec présence particulière du pouce (pourquoi soudain penser au petit Poucet à propos du pouce qui pousse à poursuivre…un chemin). Les yeux ou le braille pour accéder au mystère de la lecture (déchiffrer, interpréter, Continuer la lecture#livre #01bis | sur le pouce, en noir et blanc

#livre #01bis | l’anti-geste

LE geste que je me refuse à faire, ou seulement en dernier recours et à regret, quand les pages anciennes sont à la fois sèches et gondolées (souvenirs de Normandie dans ce lieu-dit brouillasseux nommé Crasse où les livres et les gens vieillissent prématurément), c’est celui de mettre le doigt sur ma langue et coller ce doigt sur la page Continuer la lecture#livre #01bis | l’anti-geste

#livre #01bis | De la lecture à voix haute

Ne parlons pas ici de l’écrivain qui lit à voix haute une de ses productions pour en vérifier la cohérence ou la musicalité, qui, tel Flaubert, lui fait passer « l’épreuve du gueuloir ». Non, intéressons-nous plutôt à la gestuelle de celui qui lit à haute et, du moins on l’espère, intelligible voix le texte d’un autre. S’il lit pour lui, en Continuer la lecture#livre #01bis | De la lecture à voix haute

#livre #01 #01bis | ne lire que des pages impaires

On se dit qu’on aimerait toujours ne lire que les pages de droite qui semblent si naturelles à l’oeil, ne dit-on pas belles pages,  et ne plus faire le saut de gauche à droite – sens de lecture– que sur cette même page; d’autant que les pages de droite, ne subissent pas comme celles de gauche – les paires-, déformations et Continuer la lecture#livre #01 #01bis | ne lire que des pages impaires

#livre #01bis | GESTES.

Ce sont, tout d’abord, les yeux. Qui dansent. Qui s’imprègnent. Rapidement. Titre après titre. Quels mots ralentissent le regard ? Quelles images rapprochent le corps ? Quelle conviction intime au bras d’attraper ? Non, pas attraper, jamais attraper mais agrippé, volé, dévoré. Titres, auteur.es. Le corps ressent. Le coeur écoute. Les sens s’éveillent. La tête parfois. Est-ce le bon moment Continuer la lecture#livre #01bis | GESTES.

#livre #01bis | la joie de lire

Il lit, le plus souvent couché sur son lit — ou un canapé, tout dépend de l’heure — et c’est tout d’abord la position de sa tête sur l’oreiller qui l’occupe. Au vu de son agitation, le moment a son importance. Il se pourrait même qu’il soit décisif si j’en juge par l’application qu’il met dans sa recherche. Le voici Continuer la lecture#livre #01bis | la joie de lire

#livre #01bis | le geste de comprendre

Je quitte les yeux du livre et le pose sur mes genoux. Je détache mon attention de l’écran de l’ordinateur et m’enfonce dans mon fauteuil. Je referme la liseuse et j’enlève mes lunettes. Parfois, je ferme les yeux. C’est à ce moment-là que le ballet commence. Mes mains se lèvent et saisissent le vide. Mes doigts, lentement, se mettent à Continuer la lecture#livre #01bis | le geste de comprendre

#livre #01bis | Sur le pouce

Encore deux stations avant celle où je descends, deux stations à rester assise là, assise à les regarder, à les regarder regarder. Regarder les yeux, les mains, les pouces de celles et ceux qui ont les yeux posés sur un écran, si petit, de téléphone portable. Regarder les pouces surtout. Les pouces et leurs mouvements. Un pouce ou les deux Continuer la lecture#livre #01bis | Sur le pouce