La cour

            Ailes qui frappent l’air jusqu’au ciel. Les pigeons désertent la cour en battements frénétiques pour laisser la place aux enfants. Sous les arbres, à des repères ancrés dans les consciences, des rangées d’écoliers se forment lentement. La bougeotte gagne les gambettes ; pourquoi faut-il attendre, pourquoi ne peut-on pas se ruer gaiement dans les escaliers ? Frissons qui parcourent Continuer la lectureLa cour

Etres au top

Bonnets étoilés, chamoisés, floconnés, oursonnés, acrylique revers polaire ; lunettes passées par-dessus, énormes, masques opaques, casques sombres et filtrants ; lèvres roses, grasses, brillantes qui forgent un sourire stupide ; combinaisons unies par l’élégance, noires de préférence, toute autre couleur admise si bien portée, ceinturée de motifs géométriques et répétitifs, triangles, losanges, formes pointues, désir de performance ; badge en collier, sésame code-barré pour Continuer la lectureEtres au top

Des creux et des bosses

La place Saint Lambert de Liège, enserrée entre un centre commercial et un tribunal, charrie une population aussi hétérogène que les flaques de kérosène flottant sur la Meuse. Quand la chimie s’en mêle ça donne un truc vraiment explosif dans le genre de la tuerie du 13 décembre 2011, lorsque, armé de grenades et d’un fusil d’assaut construit par la Continuer la lectureDes creux et des bosses

24. janvier

24 Janvier. Transformés en loups ou … fait quand même plutôt frais pour ici déjà la dernière fois ça se dandinait d’un pied sur l’autre les têtes dans les capuches sous les parapluies sous les capes plastiques grises ou jaunes dégoulinantes en plis ondulés comme les toges des statues ; en plus le vent glacé collait la mue d’eau sur les Continuer la lecture24. janvier

Dialogues

Dialogues Une vieille femme sur un banc, son fils à côté d’elle. Ils sont vêtus avec élégance. Il tient un livre qu’il n’ouvre jamais. Elle est perdue dans leur silence. Le sien et celui de l’autre. Elle parle maintenant à voix très basse. Un murmure de mots sans suites. Sa main va et vient sur sa cuisse, une main flétrie, Continuer la lectureDialogues

Heldenplatz

La place des héros. Les gens arrivent petit à petit, s’amassent autour de l’estrade édifiée au milieu de cet espace du centre-ville. A l’orée, le grand palais baroque qui borne en courbe cette place monumentale. Escaliers, colonnes, coupoles. Témoins du passé déjà lointain. Ce soir, la place est fermée, barrée, interdite aux voitures. Ce soir, la foule se souviendra d’une Continuer la lectureHeldenplatz

La fête à la myrtille

Une montagne au bout du monde. Une montagne couverte de landes, de forêts, de sources et de rochers. Dans ce désert, quelques maisons en granit, un hameau de 40 habitants perdu au milieu de ce paysage. C’est l’été, le soleil chauffe, pèse, plombe les champs alentours. Des reflets argentés, nouveaux, étranges, des toits de voitures, rassemblés, alignés, parqués dans un Continuer la lectureLa fête à la myrtille

propos sur les chiens, les enfants et les êtres suspendus dans les gares

c’est encore un propos de konstantin peterzhak. c’est encore un extrait des CONSIDÉRATIONS SUR LE NEZ DES CHIENS ET LE NEZ DES RATS. volume 24 des propos tenus quotidiennement par konstantin peterzhak. c’est encore un propos rapporté par georgy flyorov. cette fois-ci c’est un propos tenu sur un escalier roulant tandis que flyorov se confond en excuse. ça se passe à dubna. à la gare de dubna. aux heures de pointe. il y a à dubna. à la gare. aux heures de pointe. sur l’escalier roulant. georgy flyorov regrettant d’avoir fait attendre peterzhak. la circulation à cette heure étant difficile. etc. dirait flyorov. pas de souci flyorov pas de souci dit peterzhak. Continuer la lecturepropos sur les chiens, les enfants et les êtres suspendus dans les gares

Celles d’enfance

Celle qui devant le tas de fumier lavait le matin la brouette et passait et repassait sa langue sur ses dents et priait le chapelet sur le fauteuil du salon le dimanche et les autres soirs s’endormait devant la télé à cause du jardin, des beignets aux pommes, des verres de sirop trop sucrés, du dos qu’on plie et du Continuer la lectureCelles d’enfance