Mon protocole, c’est l’air du temps

Il y avait ce matin un air délicieusement frais et léger, l’air d’un matin comme en fait le mois d’août après le 15, quand s’annonce la rentrée. Un air qui rappelait celui du col de la République en septembre lorsque nous rentrions des vacances à la mer et que les plaques de chocolat oubliées sur la plage arrière durcissaient à Continuer la lectureMon protocole, c’est l’air du temps

VOIX DE VOIX À VOIE

VOIX de VOIX de VOIX emmurée VOIX de mur VOIX de derrière la porte VOIX chuchotée VOIX de chambre VOIX parlée VOIX chantée VOIX de conque VOIX de chœur VOIX désaccordée VOIXqui parle avec son cœur VOIX tragique ou tremblée VOIX sous cape VOIX rire VOIX d’ogre ou de fausset VOIX de VOIX m’entends-tu VOIX de loup y es-tu VOIX de dors mon enfant dors VOIX qui berce VOIX qui appelle qui n’épelle pas encore VOIX sans mots VOIX balbutiant VOIX babil VOIX qui joue VOIX sans visage VOIX Continuer la lectureVOIX DE VOIX À VOIE

Obliquement

Descendons           donc          au fond          aux tréfonds          de cette inquiétude           sans peur          de cette exploration          sentimentale           sans peur           pour une fois          de cet            abandon           de cette           ruine           de cette            perte          ou           perdition          il est possible           de survivre           et même            de vivre           dans le ravin           la vie Continuer la lectureObliquement

Au commencement du ciel

Et toi           mon enfant           qui joues           dans l’eau           à la recherche           d’une verticalité           et qui m’appelles           tu appelles           maman           regarde ! comme quand tu étais petite           avec           ton bonnet           bleu et blanc          et           ton           premier bikini          rose fuchsia          les pieds           à l’envers          à la recherche          de Continuer la lectureAu commencement du ciel

Un tout petit monde

Debout devant la fenêtre elle regarde la rue la rue toute droite qui s’arrête d’un coup s’étrangle est fermée par une grosse tour en béton un bunker elle l’a toujours vu là gris massif il fait partie du paysage ne signifie plus rien elle n’y pense même pas il ferme juste la rue la rue pas longue pas grande pas de Continuer la lectureUn tout petit monde

Time is money

Un carrefour. Une intersection. Une avenue coupée par cinq rues, trois d’un côté arrivant à angle droit, deux de l’autre côté à angle aigu, formant une sorte d’étoile irrégulière à sept branches. Au centre, en hauteur, un feu rouge, trois couleurs, quatre faces. Et plus haut encore, en périphérie, en bordure d’un accotement, flottant dans l’air, surmontant la circulation, un Continuer la lectureTime is money

Solitude immense

Noir le cœur bat rouge suis tirée en avant poussée par derrière Noir Rouge oppressée entends cris ne sais pas que ce sont cris suis Terreur entends gémissements entends pleurs entends « Soufflez… poussez poussez… arrêtez !» suis Souffrance Violence Violence « Poussez poussez poussez » entends pleurs suis lumière glacée Violence Lumière Lumière « c’est une fille » entends Continuer la lectureSolitude immense

Mentir, bégayer, séduire

Mentir. Mentir aux autres d’abord. Et d’abord à ceux qui m’ont appris à non-dire,  à dissimuler, à taire, à mentir. Mentir à soi ensuite.Mentir et bégayer, bégayer, bégayer. Et entrevoir par nécessité qu’entre mentir et jouer une issue de secours autorisait la survie, de jouer à mentir, de jouer à ne plus être bègue. L’acteur qui tient le rôle du Continuer la lectureMentir, bégayer, séduire