#anthologie #20 | ta photo sur l’autel

Tu sembles sorti d’un autre temps. Il faut dire que tu viens de si loin que je peine à situer d’où exactement. Peut-être as-tu été photographié avec un daguerréotype, au milieu du XIXe siècle. D’habitude, sur les autels, il n’y a que des portraits concentrés sur le visage. Difficile de se faire une idée des silhouettes. Mais toi, tu es Continuer la lecture#anthologie #20 | ta photo sur l’autel

#anthologie #23 | Plus bas que taire

D’abord il y aurait des phrases aux couleurs pastel de villa, des idées de grande bâtisse cossue, des arguments en pièces d’eau, un ton farci de ces fioritures qu’on discerne dans le fer forgé des balcons. On entrerait grande pompe par la porte forcément cochère, à l’intérieur on a mis les petits discours dans les grands, on a sorti l’argenterie, Continuer la lecture#anthologie #23 | Plus bas que taire

#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

Un homme parcourt inlassablement les couloirs de son appartement. On dit les couloirs alors qu’en fait l’appartement est de dimension tout à fait raisonnable, voire même petit. Cependant les déambulations incessantes, les aller-retours lui font parcourir des kilomètres. L’expression « il tourne en rond » ou « mais arrête de tourner en rond, tu nous fatigues à la fin » en plus d’être pléonastique Continuer la lecture#anthologie #27 | objets d’amour et de douleur  

#anthologie #25 | carnet des odeurs

L’odeur de l’écran sur lequel mon père projetait les diapos. Une odeur sonore, ceux des cliquetis à chaque changement de photo. Odeur du lys dans la chambre de la maternité Odeur de naphtaline, les placards de ma grand-mère, les lavabos en Inde Odeur d’oreiller, y enfouir le nez Odeur de la chambre sortant du sommeil Le vide a sans doute Continuer la lecture#anthologie #25 | carnet des odeurs

#anthologie #27 | Incipits

Mon enfance fut des plus banales. Partagée entre la capitale où mon père avait son travail, ma mère ses habitudes, et une maison de campagne dans un village champenois habitée par une grand-mère et l’ombre de son époux mort trop jeune. Autant Paris était le lieu du confinement, autant le jardin champenois fut celui de l’éveil. Ma grand-mère, institutrice, prenait Continuer la lecture#anthologie #27 | Incipits

anthologie #27 | doux rêves

1 Un homme en tongues et bermuda s’approche de lui et lui dit Vous me faites penser à quelqu’un qui est, en ce moment, à l’autre bout du monde. Comment ça vous me faites penser ? Mais c’est moi et il n’y a pas dix minutes, nous parlions ensemble en regardant la mer. Vous veniez de sortir de l’eau avec Continuer la lectureanthologie #27 | doux rêves

#anthologie #27| Puisqu’il faut commencer, commençons

Avez-vous remarqué que les histoires qu’on se raconte depuis quelque temps, comme celles qu’on entend deci delà, sont de plus en plus étranges. Je ne parle pas de celles qu’on se raconte à soi-même. Celles-ci ont toujours été hors compétition. Je parle de ces histoires capables de nous mettre la tête à l’envers. Je parle de ces histoires dont on Continuer la lecture#anthologie #27| Puisqu’il faut commencer, commençons

#anthologie #27 | objet livre

Quand il referme le livre qu’il n’a jamais tenté d’écrire, il comprend qu’il serait absurde d’ajouter un épilogue a 25 915 pages blanches. J’emporterai avec moi ce lourd secret avait-il écrit dans le faux journal de celui qu’il était en train d’inventer et qui n’allait pas tarder à devenir lui, jusqu’à le faire oublier. Pas un vrai livre. Un rectangle Continuer la lecture#anthologie #27 | objet livre

#anthologie #27 | Débuts non fortuits

1 Elle a composé le code d’accès de l’immeuble de la rue Saint Charles et se dirige vers l’ascenseur. Elle trouve que ça sent bon dans le hall, il y a des plantes vertes, de la lumière, de la clarté. Dans l’ascenseur, quelque chose qui ressemble à de la peur monte en elle, mais rien ne l’arrêtera, il faut qu’elle Continuer la lecture#anthologie #27 | Débuts non fortuits

#anthologie #27 | débuts d’histoires en trois temps

J’ai appris à lire dans un manuel de conjugaison. C’était un Bescherelle, je crois. Ou un Bled. Un livre que mes sœurs et frères ainés devaient laisser trainer sur l’unique bureau de notre chambre commune que j’étais le seul, à cette époque, à ne pas partager puisque j’étais le plus petit de la fratrie. C’était surtout un livre où il Continuer la lecture#anthologie #27 | débuts d’histoires en trois temps