A propos de Nathalie Holt

A commencé en peinture, a vécu de théâtre et d’opéra, des années de scénographie plus tard ne photographie pas que son lit, tient son journal en images, écrit et marche chaque jour a publié un peu pour aller au bout d’un geste ( Ils tombaient ) ( Averses) https://www.amazon.fr/stores/author/B09LD7R2KY . Écrit pour lire.

JUIN

A-t-il plu une seule fois en douze années de juin ? La première année, ne compte pas dans la litanie des anniversaires. C’est l’année qui inaugure l’après. Celle du chagrin, de la colère, du déni aussi; passent les  mois qui semblent des années et la peine se cache au creux des vertèbres. Le juin de cette année là,  il faisait grand soleil. La tombe Continuer la lectureJUIN

Conversations avec lui

Un café Il est assis sur la banquette. Je le suppose petit. Il me tend la main. — Ce n’est pas courtois mais me lever est devenu de plus en plus difficile: l’accent d’Europe de l’est; la voix est douce, un peu trainante. Il m’invite à m’asseoir ; je m’installe sur la chaise face à lui –ce miroir dans lequel Continuer la lectureConversations avec lui

La mère

Les pieds trop grands chaussés de noir d’une pointure en dessous et marcher est une peine. La ride du front qui se perd sous les cheveux jusqu’à l’orifice crânien.  En son for intérieur un cercueil où sont couchés ses enfants jamais nés. De beaux habits brodés . Un chat lèche leurs yeux racornis.  C’est l’hospice. C’est l’hôpital. Où la clinique. Continuer la lectureLa mère

CLIGNANCOURT 23 47

Tu téléphones en pédalantTu téléphones tous les jours à ta mèreIl t’appelaitTu l’appelaisTu l’épelaisVoix 1 — Je raccrocheVoix 2 — AttendsTous les jours tu ne téléphones plus à ton père Tu n’appelles Plus Laure Non PlusPlus Pas JamaisPlusPas plus L ni K d’ailleurs Ni G non plus ni D ni L ni …Tu sonnes dans le videTu laisses sonnerTu es Continuer la lectureCLIGNANCOURT 23 47

Le serveur blond de la charcuterie Delahousse

Le stand de la charcuterie Delahousse le plus grand du marché s’étend sur une dizaine de mètres. Cinq serveurs. Sept les jours d’affluence. Un samedi, vers 9H, je vais acheter du jambon chez Delahousse artisan charcutier. Ce qui me pousse chez Delahousse ce matin là, c’est ma curiosité pour l’un de ses serveurs. J’avais pu l’observer depuis l’étalage de légumes Continuer la lectureLe serveur blond de la charcuterie Delahousse

MONTAGE/2

C’est le premier qu’on voit. Grimpé sur l’échelle. Haut. Tout le corps hissé, les pieds calés dans les barreaux pour tenir l’équilibre; un rouleau de gélatine serré entre les cuisses, et le gaffeur argent en bracelet. Les mains agrippées à rien, des mains de forçat avec des bouts de gaffeur prédécoupés collés aux pouces, tendues vers la découpe. L’autre en Continuer la lectureMONTAGE/2

Foule en file (d’escalier à quai)

«  …mais dans une foule les visages ne comptent pas seuls nuques et oreilles ont leur vie propre… » O.  Mandelstam  Ceux qui se sont couverts comme en hiver, et portent un grand froid en dedans.  Ceux qui ont cru apercevoir la pluie dans un nuage et disparaissent dans leurs habits caoutchouteux. Ceux qui se sont glissés dans des étoffes trop légères et remontent leurs Continuer la lectureFoule en file (d’escalier à quai)

QUI

Celle qui s’était assise sur les marches de la maison de bois. Couverture aux épaules. Long visage. Tresses sombres. Qui fut appelée : La Rouge. L’Irlandaise qui avait la peau tachée de son et les cheveux auburn. Celle qui est une rumeur, qui est le début d’une histoire. Qui avait été, s’était assisse sur les marches de cette maison là. Continuer la lectureQUI

De trois quart

Ce visage qui t’arrive de trois quarts  comme une déflagration d’être Cet effet d’infini distance dans le tout proche  L’impatience du visage à se hisser au rang de mémoire  Du visage on ne sait pas le nom c’est quelqu’un qui se retourne  Impression d’elle qui t’arrive comme par effraction  C’est elle on dirait mais avec cette lumière qu’on a en plein Continuer la lectureDe trois quart