celle qui oublie

celle qui oublie celle qui fut une incroyable manivelle d’entorses et de pâmoisons diverses qu’on a parfois réprimandée à la baguette et parfois exemptée celle qui préférait l’artificielle pestilence plutôt que la trop naturelle des cul-terreux celle qui une fois autre aimait les croyances humaines celle qui une fois dernière pouvait penser j’existe celle qui usagère noctambule de la pompe Continuer la lecturecelle qui oublie

y a foule

L’espace est rythmé, de secousses hoquetantes en ralentissements brutaux qui frisent l’arrêt mais n’y cèdent pas. Un jour, bloqué par la course à pied en sens inverse d’un quidam inspiré, le wagon s’est souri là. Le jeu des regards d’un grand intérêt, tantôt qui rebondissent sur le miroir des vitres, tantôt qui évoluent en longeant le haut d’une épaule, glissant Continuer la lecturey a foule

le marché l’été

Le marché, l’été, à Guillestre. Il prend en otages les places et les rues du bourg. Il serpente le long des ruelles. La circulation automobile est interdite. Seules quelques poussettes. Les mères tentent de se frayer passage dans le flot des passants. Elles crient : place, place. Coupant dans le mur humain, elles accrochent des jambes, des sacs. Les protestations Continuer la lecturele marché l’été

réduction de l’espace

Serrés comme des sardines. Corps inconnus, étrangers, corps en vêtements de saison, corps à gifler repousser, corps chargés d’odeur de ville de gasoil de tabac et autres substances à fumer, corps avec barbe et lunettes, corps adossés tant bien que mal avec épaules bras mains qui se frôlent une fois accrochées aux barres métalliques prévues pour éviter de tomber lors Continuer la lectureréduction de l’espace

Foule en file (d’escalier à quai)

«  …mais dans une foule les visages ne comptent pas seuls nuques et oreilles ont leur vie propre… » O.  Mandelstam  Ceux qui se sont couverts comme en hiver, et portent un grand froid en dedans.  Ceux qui ont cru apercevoir la pluie dans un nuage et disparaissent dans leurs habits caoutchouteux. Ceux qui se sont glissés dans des étoffes trop légères et remontent leurs Continuer la lectureFoule en file (d’escalier à quai)

Tête de bois

 Ponceuse, eau bien chaude, spatule, grattoir, huile de coude. Les visages sont superposés, collés les uns sur les autres, empilés, recouverts. Un visage, collé sur un autre, collé sur un autre, collé sur un autre, … parfois juste un morceau, une partie, une toute petite partie. À découvrir, au fur et à mesure. Visages successifs, on les retire l’un après Continuer la lectureTête de bois

Toutes celles…et toutes les autres

Celle qui a quitté son pays suivant le mari, traversé une frontière pour vivre ailleurs, pour une meilleure vie, cinq enfants en vingt ans et le travail dans l’épicerie familiale, celle qui s’est échinée toute sa vie, petite et menue et forte quand-même. Celle qui cuisinait les patates à la poêle mieux que personne, celle qui savait coudre des gants Continuer la lectureToutes celles…et toutes les autres

Entre la #2

Hier j’ai écrit une ligne au sujet de mon amie Catherine et de sa mère — je m’aperçois que j’écris encore ici pour être lue : explicative “ mon amie Catherine ” . Quel chemin pour arriver au dénuement que j’espère… et en même temps jusqu’où est-il possible ? Il ne resterait plus que des dates, des initiales, quelques mots Continuer la lectureEntre la #2

et puis celle qui marchait avec — un imperméable blanc

et puis celle qui marchait avec des sabots en poils d’animaux et puis celle qui passait le balais finissant petite pelle-balayette rarement l’aspirateur et puis celle qui courrait après les pucerons verts mangeurs de rosiers et puis celle qui disait qu’elle aimait repasser pour se rendre utile et puis celle qui a toujours raté les meringues mais pas le reste Continuer la lectureet puis celle qui marchait avec — un imperméable blanc

Misses

Celle qui avait été élue Miss Colomars et assistait aux répétitions de la fanfare, qui s’asseyait dans un coin, dodelinait un peu de la tête puis partait au milieu du dernier morceau sans dire un mot, qui promenait un chien souffreteux, qui trainait des pieds dans un blouse de tergal rose, qui souffrait de calculs rénaux, d’hypertension, de rhumatisme articulaire Continuer la lectureMisses