arts de la fiction #05 | le pélican de Flibuste Chakraverty

C’était une semaine avant l’explosion. Lorsque j’avais appuyé sur le bouton de la sonnette de Flibuste Chakraverty, j’avais immédiatement été enveloppé d’une sensation étrange. Il y a de quoi l’être, me diriez-vous, quand on se rend, comme moi ce soir-là, au domicile d’un homme qu’on n’a encore jamais rencontré et qui ignorait tout du drame qui allait surgir dans quelques Continuer la lecturearts de la fiction #05 | le pélican de Flibuste Chakraverty→

arte de la fiction #04 | le cheval bleu

– qu’il était le mécano du bateau, c’était comme ça qu’il avait pris sa place quand il avait réparé les winchs tout grippés, paralysés dans le vert de gris et le sel marin, que rien n’avait pu l’arrêter à démonter patiemment l’objet, le saint des saints, que c’était comme un jeu du mécano, à chercher la pièce malade, défaillante, manquante, Continuer la lecturearte de la fiction #04 | le cheval bleu→

arts de la fiction #05 | Gentilly

C’est sûrement coincé dans une rue. Il y a dans l’entrée un crochet où le grand-père accrochait, du temps où il était vivant (il est mort d’un ulcère à l’estomac) sa veste en cuir, celle avec des bonbons dans les poches. Un chien habite devant, dans sa maison branlante en miniature, sa niche, dans le jardin tout en longueur, un Continuer la lecturearts de la fiction #05 | Gentilly→

arts de la fiction #04 | aider le temps à se dérouler

– qu’elle restait accroupie devant le ciel, la main collée à la roche où elle cherchait moins un appui qu’une compagne, aussi immobiles l’une que l’autre pendant que diminuait l’éclat de la steppe et que le pointillement de la nuit, après s’est levé, disparaisse au son craquant du feu, dont peu à peu chacun s’approchait, les paupières lourdes de la Continuer la lecturearts de la fiction #04 | aider le temps à se dérouler→

arts de la fiction #04 | Scène au parc

– qu’il étaittout maigre, tout fragile, ou du moins paraissait-il tel aux yeux des autres promeneurs, dans sa redingote élimée, arpentant les allées du parc, montant, descendant les escaliers appuyé sur mon bras, tournant en rond mais sans vraiment en avoir conscience ou plutôt s’en moquant, regardant autour de lui, scrutant le détail, refusant de s’asseoir, vous devriez pourtant, repoussant Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Scène au parc→

arts de la fiction #2

C’est un souvenir peut-être, de ce qu’on appelle un souvenir (non pas un souvenir premier, ou celui d’un événement majeur, mais de ceux qui me hantent ces jours-ci, qui me mordent comme une crampe et me laissent couché sur le flanc, désemparé) d’un quai de gare, précisément de la petite gare de S., qui est située un peu à l’écart Continuer la lecturearts de la fiction #2→

arts de la fiction #04 | pour Elizabeth

 –– qu’il était beau c’était certain, ou alors comment dire cette prestance, (et peut-être qu’à l’époque je trouvais beaux tous ces hommes à la peau claire), et ce calme impressionnant, son allure quand il est entré dans la cour du collège, sa façon de marcher Continuer la lecturearts de la fiction #04 | pour Elizabeth→

arts de la fiction #05 | Christian Garcin, entrer dans des maisons inconnues

• arts de la fiction, le cycle hebdo 2026-2027 :sommaire général du cycle, inscription, téléchargement centralisé des fiches d’appui,lettre de coordination dédiée, page unique et fixe,accès & participation libres tou·te·s abonné·e·s Tiers Livre «ateliers». #05 | Christian Garcin, entrer dans des maisons inconnues Ce que nous allons prendre à Christian Garcin : dans les 20 chapitres ou «maisons» qui constituent Continuer la lecturearts de la fiction #05 | Christian Garcin, entrer dans des maisons inconnues→

#arts de la fiction #04 | la femme au chronomètre

Qu’elle était le centre, la meneuse d’un groupe de garçons; elle m’avait accepté dans sa meute; Et surtout elle était la seule à avoir choisi cinéma; elle travaillait sur Carmen alors même que les droits n’étaient pas encore libres pour cette œuvre; elle m’initia à l’opéra et au montage; De même elle tenait dans sa main un chronomètre; durant tout le film, elle Continuer la lecture#arts de la fiction #04 | la femme au chronomètre→

arts de la fiction #04 | Mésange et Odessa

— qu’elle était apparue à travers son nom de ville  une première fois cette année- là dans un mouvement  lié aux apocryphes et aux vies hors champ   comme une Vénus de quartier sortant des eaux  ou comme le printemps de Botticelli, qu’elle passait inaperçue et qu’elle était souvent seule comme quelqu’un qui ne voulait pas qu’on la reconnaisse, qu’elle cherchait Continuer la lecturearts de la fiction #04 | Mésange et Odessa→